COMITE VALMY

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Tendances de l’Orient N° 68
Conseil national syrien et 14-Mars libanais :
même cause, même combat
Pierre Khalaf

lundi 30 janvier 2012, par Comité Valmy


Tendances de l’Orient
Lundi 30 janvier 2012 no68

Bulletin hebdomadaire d’information et d’analyse, spécialisé dans les affaires de l’Orient arabe.


La tendance générale

Conseil national syrien et 14-Mars libanais : même cause, même combat

Ceux qui avaient encore des doutes sont maintenant bien servis : le Conseil national syrien (CNS) -formé à l’initiative des services de renseignements français, des analystes du Quai d’Orsay (notamment Nibras el-Fadel et Basma Kodmani) et de la Turquie-, ainsi que le 14-Mars libanais, soutenu politiquement, financièrement et médiatiquement par les Etats-Unis et leurs alliés arabo-européens, font partie d’une même alliance et ont des objectifs similaires. Il est désormais clair que leur action s’inscrit dans le cadre d’une seule et unique stratégie décidée dans les chancelleries occidentales. On découvrira vraisemblablement dans la période à venir une étroite relation structurelle et organisationnelle entre les deux entités qui ont en fait un seul mentor, ou chef d’orchestre.

Le CNS a en effet publié un document politique adressé au « peuple libanais » dans lequel il repend à son compte les principaux éléments du discours politique développé par le 14-Mars depuis six ans. Le texte, officialisé la semaine dernière (Voir ce-dissous), propose « la révision des accords conclus entre le Liban et la Syrie pour parvenir à de nouveaux accords qui préserveraient les intérêts de chacun des deux pays, d’une part, et leurs intérêts communs, de l’autre ; l’abolition du Conseil supérieur libano-syrien ; le tracé des frontières entre les deux pays, notamment dans la région des fermes de Chebaa ; le contrôle des frontières entre les deux pays ; la création d’une commission d’enquête syro-libanaise commune pour régler la question des détenus et des disparus dans les prisons du régime syrien... »

Pas un mot sur le danger que représente Israël pour les deux pays, la coordination à tous les niveaux pour récupérer les terres encore occupées par l’Etat hébreu au Liban et en Syrie ainsi que toutes les autres questions d’intérêt commun.

Les ténors du 14-Mars, qui auraient pu tout aussi bien être les auteurs de ce texte tant il est calqué sur leur terminologie, ont applaudi à l’unisson. Fouad Siniora, Marwan Hamadé, Samir Geagea… tous ont rendu un vibrant hommage au CNS.

La boucle est maintenant bouclée. Il ne s’agit ni de démocratie, ni de réforme, mais d’un vaste projet de domination néocoloniale appuyée –comme toujours- par des élites locales et des puissances régionales alliés objectif d’Israël depuis sa création. Il s’agit bien entendu des pétromonarchies du Golfe, où la liberté d’expression, les libertés individuelles et, surtout, les droits de la femme, sont que des notions inconnues.

Mais en Occident on n’a d’yeux, pour l’instant, que pour la Syrie. A Bahreïn, en Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis, silence on tue, on déporte et on emprisonne…

A cause de l’irresponsabilité du 14-Mars, qui veut à tout prix impliquer le Liban dans la crise syrienne, le pays du cèdre se dirige lentement mais sûrement vers la catastrophe. Jour après jour, les ingrédients de la crise profonde se mettent en place et pourraient bien devenir, sans prévenir, une menace pour la stabilité interne.

Pendant ce temps, la Syrie résiste

Dans ce paysage politique explosif, la Syrie est un Etat qui résiste aux Etats-Unis et Israël d’une part, et aux takfiristes-salafistes de l’autre. L’opposition « pacifique » a, depuis longtemps, été balayée par la violence. L’armée nationale se bat contre des pseudo-déserteurs et des bandes armées créées, couvées, allaitées et financées par l’axe Washington-Istanbul-Golfe. La Ligue arabe, manipulée par les pétromonarchies, a annoncé d’une manière inattendue le retrait de ses observateurs de Syrie, afin de donner plus d’arguments aux tentatives de transposer le dossier au Conseil de sécurité en cours actuellement à New York. Mais la position de la Russie reste fondamentalement inchangée. Et sur le terrain, les violences des groupes armés ont atteint des niveaux inégalés avec des tirs d’obus contre un couvent dans la région de Saydnaya et le meurtre d’un prêtre à Hama.

L’Occident est à l’affût d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient car telle est l’essence de la campagne contre la Syrie. L’Iran reçoit des provocations tous les jours : assassinat d’une scientifique nucléaire, sanctions, embargo contre le pétrole etc… même les puissances en déclin peuvent avoir une capacité de nuisance, mais certainement pas les moyens nécessaires pour concrétiser leurs rêves de domination impossible.

Bulletin hebdomadaire d’information et d’analyse, spécialisé dans les affaires de l’Orient arabe.

Préparé et diffusé par Le Centre d’Etudes Stratégiques Arabes et Internationales neworientnews.com

Rédacteur en chef : Pierre Khalaf

khalafpierre@gmail.com

http://www.neworientnews.com/news/fullnews.php ?news_id=54227


Déclarations et prises de positions

Serguei Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères

« Toute nouvelle initiative de l’Onu ne pourrait justifier l’usage de la force. Nous ne pouvons pas soutenir une proposition qui aboutirait à ce que des sanctions introduites de manière unilatérale, sans aucune consultation avec la Russie, la Chine et d’autres pays des BRICS deviennent rétroactivement une décision du Conseil de sécurité. C’est tout simplement une approche malhonnête et contre-productive. »

béchara Rai, patriarche des maronites

« Le dialogue engagé avec le Hezbollah s’articule sur 3 principes : le Liban comme entité, le pacte national et la neutralité du Liban, ainsi que le message du Liban qui est un besoin pour le monde arabe. Nous aspirons au concept de l’Etat fort et nous devons affronter les entraves qui empêchent l’établissement de cet Etat. Nous avons des craintes sur l’avenir des musulmans aussi bien que des chrétiens de l’Orient tout entier, puisque l’émigration touche toutes les religions à pied d’égalité. »

Najib Mikati, Premier ministre du Liban

« La survie du gouvernement n’est pas tributaire du sort du régime syrien. Cette survie dépend plutôt de la priorité que s’est fixée le Cabinet, à savoir la préservation de la stabilité. Lorsqu’il sera incapable de remplir cette mission, on verra bien. Nous avons réussi jusqu’à présent à tenir le Liban à l’écart des événements en Syrie. Nous voulons préserver le Liban des retombées de ces événements et le monde a compris notre position. L’objectif de mes deux rencontres avec le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah était d’agir dans l’intérêt du pays, et nombreux ont été les points de convergence. Le financement du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) est du passé. J’émets l’espoir que la question du protocole entre le Liban et le TSL soit traitée dans le calme. Mes décisions étaient dictées par ma conscience et par l’intérêt supérieur du pays. »

Marwan Hamadé, député libanais pro-occidental

« Un an après l’échec des médiations syro-saoudiennes, nous assistons non seulement à la chute du gouvernement syrien au Liban, mais aussi à celle du régime syrien. Les évènements dans les villes syriennes ne sont pas sans rappeler ceux provoqués par les Syriens dans les villes libanaises, avant et après l’invasion israélienne. Les Libanais réalisent l’ampleur du complot ourdi contre leur pays pendant des décennies. Tout le peuple défendra le pays contre les agressions de la Syrie et des ses alliés au Liban. »


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