COMITE VALMY

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Charles de Gaulle :
Pourquoi ne voulez-vous pas faire confiance au peuple ?

mardi 14 février 2012, par Comité Valmy


Charles de Gaulle :
Pourquoi ne voulez-vous pas faire confiance au peuple ?

Quand l’instrumentalisation de la règle des 500 signatures vient s’ajouter au malaise précédant une élection où les partisans de la disparition de la France dans l’abîme européen sembleraient être les seuls à pouvoir se présenter, il est instructif de redécouvrir les discussions préalables à la modification de la Constitution visant à élire le Président de la République au suffrage universel.

Le 26 septembre 1962, le Général de Gaulle en parlait librement avec ses ministres. S’il savait qu’il pouvait toujours faire confiance au peuple, c’est aussi parce qu’en défendant la souveraineté de la Nation et la liberté du peuple, cette confiance était réciproquement justifiée. La comparaison avec la situation actuelle est cruellement sans appel.


GdG. - La Constitution évoluera, à l’avenir, d’autant mieux que nous aurons, cette fois, montré la voie d’un amendement par référendum pour un objectif précis et limité. Nous aurons montré qu’elle n’était pas immuable. Une Constitution, comme disait Solon, est bonne "pour un peuple et pour un temps. Il ne faut pas la momifier". [1]

Dumas. - Je suis inquiet devant la disposition qui prévoit que seuls les deux premiers du premier tour pourront se présenter au second. Nous risquons d’avoir un candidat de gauche et un de droite. Celui de gauche, c’est la porte ouverte au Front populaire ; celui de droite, le bloc des droites contre le danger communiste. Entre les deux, nous risquons de ne pas avoir le candidat du centre qui, pourtant, serait le mieux placé pour exercer à l’avenir l’arbitrage et un pouvoir raisonnable.

Triboulet. - Je crains que nous ne soyons submergés par une quantité de candidatures locales ou fantaisistes, qui discréditeraient l’élection présidentielle. N’importe qui peut recruter 100 parrains [2].

GdG. - Mais enfin, pourquoi toutes ces personnalités locales ne pourraient-elles pas se présenter ? Pourquoi voulez-vous absolument les en empêcher ? Pourquoi avez-vous peur du folklore ? Est-ce que la démocratie, ce n’est pas, précisément, que tout le monde puisse se présenter à une élection ? Le peuple fera le tri ! Il le fait bien pour une élection législative. Il le fera à plus forte raison à l’échelle de la nation !

Triboulet. - Les deux candidats présents au second tour risquent d’être les deux extrêmes. Il me paraît indispensable, dans cette affaire, de ne pas nous éloigner du MRP, qui jouera un rôle important de charnière. Or, il est hanté par la crainte que l’on divise le pays en deux.

Le pays, dans sa masse, guidé par une sorte d’instinct

GdG. - Croyez-vous qu’il préfère que l’on divise le pays en trois ? » Après un silence, il reprend : « Pourquoi ne voulez-vous pas faire confiance au peuple ? Je suis persuadé qu’automatiquement, dès le début de la campagne, il se produira une concentration instinctive ! Je n’arrive pas à croire que le pays, dans sa masse, ne soit pas guidé, le moment venu, par une sorte d’instinct. Il élira quelqu’un qui ne soit pas un extrémiste.


Reproduction autorisée avec le lien Pourquoi ne voulez-vous pas faire confiance au peuple ?

Notes

[1] Solon :« Je ferai des lois si conformes aux intérêts des citoyens, qu’ils croiront eux-mêmes plus avantageux de les maintenir que de les transgresser ». Plutarque dit de Solon : « qu’il accommodait bien plus les lois aux choses que les choses aux lois. »

[2] Il n’était alors question que de réclamer 100 signatures, sans publication


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