COMITE VALMY

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Démocratiques, sociales et gaullistes...
Ces règles immuables qui condamnent le M.E.S
(et ceux qui l’ont voté)

dimanche 26 février 2012, par Comité Valmy


Le vote en faveur du Mécanisme Européen de Stabilité restera dans l’Histoire non seulement comme un abandon de démocratie mais aussi comme la démonstration magistrale de la faillite intellectuelle des élites.

- Comment nos députés ont-ils pu voter majoritairement pour la création ex nihilo d’un organisme capable de rançonner certains états, dont la France, par une « libération » obligatoire de capital par centaines de milliards d’euros au bénéfice des banquiers créancières d’autres états, auxquels les pires mesures récessives seront imposées à l’occasion ?

- Ignoraient-ils qu’ils engagent ainsi la France à suivre dans une spirale infernale le prochain membre de la zone euro visé par les spéculateurs ?

- Ne savent-ils pas compter et considérer l’énormité des sommes qui seront demain réclamées par les intouchables gouverneurs du M.E.S. au regard des moyens du budget français, lui-même affaibli par des décennies de mauvaises politiques ?

- Ne voient-ils pas que les remèdes imposés à la Grèce, à l’Espagne et au Portugal ne font qu’aggraver le mal ?

- Comment croire que ces récessions imposées en échange du déblocage des fonds gérés par le M.E.S. ne produiront pas les mêmes effets qu’en Grèce et qu’elles n’empêcheront pas les états ainsi « secourus » de refaire surface et de rembourser leurs dettes ?

- Qui croit encore sérieusement qu’une monnaie unique peut être viable pour des économies divergentes soumises à la dérégulation financière ?

- Qui prétend sérieusement qu’instaurer un Mécanisme supranational capable de violer tous principes démocratiques pour prendre les finances des uns pour payer les créanciers des autres pourrait « stabiliser » quoi que ce soit ?

Il faut bien conclure que nos députés ont fait ce choix en toute connaissance de cause, en sachant parfaitement qu’ils participaient à la mise en place d’un mécanisme antidémocratique qui lie le destin de la France à celui des prochaines nations de l’eurozone qui feront bientôt défaut.

Tous auraient du se rappeler que c’est précisément l’inverse du ME.S., c’est-à-dire le respect des principes démocratiques dans des états constitutionnels fondés sur le droit qui crée les conditions d’un endettement public sûr pour les créanciers et bénéfique pour les états emprunteurs.

Et ce n’est pas nouveau !

Depuis la révolution anglaise de 1688, l’interprétation dite « Whig », selon laquelle les institutions démocratiques, comme les parlements, influent positivement sur la solvabilité était - malgré les controverses - la norme libérale depuis plus un siècle. Avec le M.E.S. à l’exception notable du Bundestag, les parlements n’auront plus leur mot à dire, les ministres des finances auront sept jours pour virer les fonds réclamés. . [1]

Ce sont précisément les « Fondements de l’économie politique » [2] d’Adolph Wagner qui sont piétinés : « Seul un État constitutionnel fondé sur le droit et dans lequel un contrôle des finances publiques efficace et indépendant est en place, peut donner la garantie de finances publiques bien ordonnées et d’une dette publique crédible. Dans ces conditions seulement, l’État peut recourir à la forme d’endettement public la plus rationnelle et la plus saine, à savoir la dette perpétuelle ».

ALORS, POURQUOI ?

Le Général de gaulle analysait précisément le mal qui amenait les élites à trahir l’intérêt national :

« C’est l’esprit d’abandon. Cette espèce de trahison de l’esprit, dont on ne se rend même pas compte. L’esprit de Locarno l’esprit qui nous a amenés à tout lâcher sans aucune garantie (...) Comme si le but d’une politique française était de faire plaisir aux autres pays et de faire en sorte qu’il n’y ait plus de France ! Surtout, ne pas faire de peine aux étrangers ! II y a chez nous toute une bande de lascars qui ont la vocation de la servilité. Ils sont faits pour faire des courbettes aux autres. Et ils se croient capables, de ce seul fait, de diriger le pays. »  [3]

Aujourd’hui, le Général n’est plus là pour neutraliser ces élites anti-nationales, (« Ils peuvent compter sur moi pour les tenir à l’écart tant que je pourrai le faire. « Heureusement, le peuple a la tripe nationale » [4]) Mais il y a toujours les peuples et la réalité économique qui impose les règles immuables rappelées ci-dessus. Comme la « construction » européenne en déconfiture, comme la BCE qui piétine les traités et ses statuts, comme le FESF aujourd’hui, demain, le M.E.S. démontrera que la fuite en avant vers plus de dictature et plus d’illégalité ne peut, en définitive, que conduire au précipice.

Enfin, quel mépris faut-il, de la souveraineté et de l’indépendance nationale, pour signer un traité qui impose le FMI dans les prélèvements et distributions des milliards qu’opérera le M.E.S. ! Comment des députés prétendûment « gaullistes » ont-ils pu se renier à ce point ?

A croire que ce serait plutôt des « lascars » déguisés en gaullistes qui auraient ainsi confié le destin de la France à un organisme étranger illégitime sur lequel les Etats-Unis ont la haute main.

S’ils étaient réellement gaullistes, pas une voix n’aurait oublié ces fortes paroles du Général :

« Tout système qui consisterait à transmettre notre souveraineté à des aréopages internationaux serait incompatible avec les droits et les devoirs de la République française. Mais aussi, un pareil système se trouverait, à coup sûr, impuissant à entraîner et à diriger les peuples et, pour commencer, le nôtre, dans les domaines où leur âme et leur chair sont en cause. Cette abdication des Etats européens, en particulier de la France, aboutirait inévitablement à une sujétion extérieure. »  [5]

La messe est dite.


Jean-Yves Crevel

Notes

[1] Tous les fondateurs de la science économique ont conditionné la solvabilité des états à la fiabilité des institutions démocratiques : pour Laffitte (1824) « la solvabilité d’un État est certes évaluée d’après sa richesse, mais également d’après les institutions qui la garantissent » . De même, pour Leroy Beaulieu (1899) « un régime parlementaire fonctionnant dans certaines conditions de discipline [...] ainsi qu’un engagement ferme à l’égard des institutions établies constituent, à l’évidence, une protection contre la prodigalité financière » .

[2] Fondements de l’économie politique 1872

[3] 16 janvier 1963 (C’était de Gaulle)

[4] Idem

[5] Allocution du 19 avril 1963


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