COMITE VALMY

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La finance mondiale : Le modèle Shylock
Par Adrian Salbuchi*

vendredi 2 mars 2012, par Comité Valmy


Une séance de remue-méninges grecque doit certainement sonner à peu près comme ceci : Défaut ! Dégradation ! Echange d’obligation ! Faillite de la BCE ! Des mesures d’austérité ! Les Recettes du FMI ! Des émeutes ! L’Euro qui s’effondre ! Payez !...

Quelqu’un peut-il donner un sens à tout cela ??

Essayons ... Parce que c’est une question qui consiste à relier les points ... correctement !

Tout d’abord, les "crises" des dettes souveraines explosent, puis s’effondrent pour finalement "ressusciter" en plus grand et en plus gros selon un modèle : appelons-le « Le modèle Shylock » en référence au méprisable usurier de William Shakespeare.

Dans "Le Marchand de Venise" Shylock prêtait de l’argent à Antonio, un marchand vénitien, en exigeant qu’il signe un engagement de mise en gage d’une livre de sa chair comme garantie ...

Les modèles sont ordonnés par des représentations cohérentes et séquentielles des systèmes complexes. Comme une feuille de route, les modèles peuvent nous guider du point « A » au point « B » de sorte que nous ne nous égarons pas. Lorsque vous comprenez comment un modèle fonctionne, le système complexe qu’il représente devient prévisible.

Une comédie d’erreurs

Dans mon article sur la Grèce du 23 Février pour Russia Today, j’ai souligné que les crises de dettes souveraines ne sont pas le résultat de la malchance, du pire des jugements ou d’une coïncidence. Depuis plus d’un quart de siècle, nous avons vu le même spectacle mis en scène, encore et encore, avec peu de variation. Grèce, Argentine, Espagne, Italie, Portugal, Brésil, Mexique, Irlande, Islande, Russie, Tigres asiatiques ... tous auraient "bêtement" trop emprunté aux banquiers privés seulement avant de « découvrir » qu’ils ne pouvaient pas les rembourser.

Symétriquement, le même groupe de puissantes méga-banques mondiales aurait trop prêté à ces pays avant de « découvrir » qu’ils ne pouvaient pas récupérer ces prêts.

Une comédie d’erreurs dans lequel les gouvernements et les banquiers sont soit très stupides ou bien... Ne se feraient-ils pas discrètement des clins d’œil, les uns aux autres, pour se tailler la chair, kilo après kilo ?

S’il vous plaît, quelqu’un peut-il nettoyer nos draps sales ...

Les banquiers et les politiciens font étranges compagnons de lit. Invariablement, de leurs comédies d’erreurs ils n’obtiennent que du linge sale. Lorsque cela se produit, les banquiers savent qu’ils ne peuvent pas aller frapper aux portes des palais présidentiels sans que les ministres des finances et les parlements ne crient « Payez, ou débrouillez-vous ! »

Les farces de la « démocratie » et de la « souveraineté nationale » doivent être maintenues coûte que coûte. C’est à ce moment que les "organismes publics multilatéraux" contrôlés par les banquiers entrent sur scène - le FMI, la BCE, la Banque mondiale !

Voilà ce que ça donne (Silence, on tourne) :

- « Après tout, la Grèce, vous êtes un membre de la BCE de sorte que vous devez obéir à leurs ordres ! »(même ceux écrits en allemand).

- « Et vous, l’Argentine, vous êtes un membre du FMI alors arrêtez de gémir et faites vos devoirs ! »

Docteur, j’ai de la fièvre ...

Tels de modernes sorciers guérisseurs de la finance, les analystes du marché et les agences de notation nous disent pourquoi les marchés boursiers montent et descendent comme la fièvre d’un patient. Les devises partent à la hausse, puis les devises retombent, comme dans un casino ou comme des montagnes russes ; les taux obligataires des dettes souveraines passent dans la catégorie supérieure puis plongent vers la dégradation, selon le bon vouloir des Pied Pipers, de Standards & Poors, de Fitch, de Moody, du Financial Times et du Wall Street Journal ... Et ces oracles qui font la pluie et le beau temps sont payés par les méga-banquiers.

Peu importe que ce qu’ils annoncent relève de la vérité révélée. Alors, que dire, si en 2008 ils ont surévalué AIG, Lehman, Merrill Lynch, Fannie Mae notés "AA", voire "AAA" jusqu’à ce qu’ils sombrent dans le néant ?

En parfaite synchronisation, ils dégradent la Grèce et l’Argentine, l’Espagne et l’Italie, l’Irlande et l’Islande les forçant à payer des intérêts plus élevés pour ces banquiers méga-banquiers.

Je veux mon obligation !

Lorsque Shylock l’usurier se préparait à couper une livre de chair plus proche du coeur d’Antonio, il répète comme un perroquet "je veux mon obligation !" en agitant son contrat légal, formellement exécutoire en vertu des lois de Venise.

Vous ne comprendrez jamais l’état d’esprit d’un usurier si vous croyez que Shylock aurait prêté de l’argent à Antonio afin de le récupérer. Oh, non ! Shylock n’a misé que sur l’éventualité de ne PAS le récupérer !

Vous, riches, voyez comme ces créanciers souverains qui ne peuvent pas rembourser leurs prêts chantent une douce musique aux oreilles des banquiers ! A quoi sert un créancier souverain qui peut et qui va effectivement rembourser un prêt ? Cela sape l’essence même de l’usure ! Il déjoue le parasitisme forcé des banquiers usuriers d’avoir à travailler pour trouver de nouvelles victimes de prêter tout cet argent pour ...

Jésus ! Vous ne vous attendiez tout de même pas à voir un banquier travailler !?!?

Un banquier d’affaires prospère sur le refinancement de la dette, il l’amasse année après année, de façon exponentielle grâce à la bulle des intérêts accumulés...

Quand un pays ne peut pas payer ses dettes, nos Banksters, modernes Shylock, réclament leur « livre de chair » : c’est le contrôle total du pays, transformé en une colonie financière des Maîtres du Pouvoir Mondial, qui imposent leurs frères de la Commission trilatérale dans les postes clés du pouvoir : Papademos, Monti, Cavallo, Geithner ...

Récupérer ses 3.000 ducats n’a jamais été l’objectif de Shylock. Non, Monsieur ! Il voulait seulement sa livre de chair. Le prêt et l’obligation étaient tout simplement le mécanisme pour arriver à cette chair. Le modèle de Shylock consistait à endetter légalement Antonio en vertu des lois de Venise, de sorte que ces lois seraient alors appliquer son indignation immoral de l’exécution de la garantie : une livre de chair.

Le pire cauchemar des banquiers !

Quelle est la pire chose qui puisse arriver à Goldman Sachs, JP Morgan, Rockefeller et Rothschild qui gèrent le modèle Shylock ? Si un pays souverain - Argentine, Grèce, Espagne, Brésil, Italie - se retournait pour dire : « Hé ! Combien avez-vous dit que je vous devait ? 200 000 000 000 ? Pas de panique ! Venez chercher votre chèque lundi matin ... »

Si cela se produisait, les banquiers seraient confrontés à deux problèmes très graves :

- Problème Un (un incident technique) :

Où trouver un autre troupeau de moutons à qui imposer 200 milliards de dettes inutiles - voire fictives - en dollars et à intérêts usuraires ?

- Problème Deux (un attelage politique) :

Ils perdraient le contrôle de la Grèce, ou de l’Argentine, de l’Espagne, de l’Irlande ou de l’Italie juste au moment où ils avaient pris le contrôle de leurs ressources et les gouvernements ; le spectacle doit donc continuer parce que si un gouvernement venait à faire quelque chose d’aussi « stupide », que de devenir souverain, ce que tous les banquiers auraient à faire serait de crier « Non, non ! Rappelez-vous : vous nous devez des Zillions de ’dettes souveraines’ que vous ne pouvez pas rembourser. »

« Si vous faites quelque chose d’aussi stupide que de passer en priorité les intérêts de votre peuple nationaux, nous vous rayons de la carte financière mondiale, nos médias du monde entier vont vous détruire ; nous allons vous envoyer les dégradations de S & P et Fitch ! »

« Attention : nous pouvons littéralement mettre le feu à votre pays ! »

Oui, quand un pays ne doit finalement rien aux banquiers, c’est là que ce pays est vraiment libre ! Ne vous méprenez pas : la vraie souveraineté nationale, l’indépendance et la liberté sont les plus grands ennemis des maîtres mondiaux des puissances d’argent.

Le système financier mondial actuel fonctionne selon "Le modèle Shylock" : il devra faire de grands efforts pour se tailler une livre de chair ...

Tous les bons médecins savent qu’établir un bon diagnostic est le préalable indispensable à toute guérison.


Adrian Salbuchi pour RT, traduction decapactu.com (dont la reproduction est libre avec le lien : La finance mondiale : Le modèle Shylock)


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