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Tendances de l’Orient - Lundi 05 mars 2012 no73

La prise de Bab Amr sonne le glas de l’insurrection armée
Par Pierre Khalaf

mardi 6 mars 2012, par Comité Valmy


La tendance en Syrie

La prise de Bab Amr sonne le glas de l’insurrection armée

Par Pierre Khalaf

La prise de Bab Amr par l’armée syrienne a asséné un coup sévère aux insurgés et a bouleversé leurs plans qui consistaient à créer un « Benghazi syrien », relié géographiquement au Liban, et constituant une tête de pont à une intervention étrangère lorsque les conditions seront réunies.

Après la chute de Bab Amr, les troupes syriennes ont lancé une offensive contre la localité de Kousair, à l’ouest de Homs, située à 12 kilomètres de la frontière avec le Liban. C’est à travers ce gros bourg de 40000 habitants que transitent armes, argent et combattants étrangers introduits en Syrie à partir du Liban. Selon de sources concordantes, quelque 3000 miliciens sont concentrés à Kousair. L’armée syrienne a lancé son attaque dimanche 4 mars par plusieurs axes, de manière à couper les lignes de ravitaillement des rebelles.

Effrayés et démoralisés, des dizaines d’entre eux ont commencé à fuir vers le Liban, où les attendait l’Armée libanaise. Les civils qui fuyaient les combats ont été autorisés à pénétrer en territoire libanais, les miliciens, eux, ont été pourchassés. A l’heure d’écrire ces lignes, une cinquantaine d’hommes armés avaient été arrêtés par l’armée libanaise et un camion rempli d’armes saisi près de la localité de Kaa, au Nord de Baalbeck.

Dans le même temps, l’armée syrienne a lancé une offensive contre Rastan, où des bandes armées terrorisent la population depuis début février, prétendant avoir « libéré la ville ».

La bataille de Bab Amr marque le tournant dans la confrontation armée.

Les troupes syriennes ont pris ce quartier de 50000 habitants après seulement deux jours d’offensive terrestre, précédée de trois semaines de surveillance et d’opérations spéciales dans le but de faire le moins de victimes civiles, conformément aux ordres donnés par le président Bachar al-Assad. L’une des opérations spéciales a permis de glisser du somnifère dans des sandwichs acheminés aux insurgés, ce qui a permis d’en capturer plusieurs dizaines sans combat. Interrogés, ces derniers ont livré de précieuses informations qui ont permis à l’armée d’entrer à Bab comme un couteau dans le beurre. Les troupes régulières ont démantelé une salle de commandement et de contrôle équipée de matériels sophistiqués reliés à des satellites, de fabrication américaine et britannique.

Quelques 800 miliciens auraient été capturés lors de l’attaque et du ratissage qui a suivi, dont près de 120 ressortissants de diverses nationalités arabes, notamment des Libanais, des Saoudiens, des Libyens et des Jordaniens. Certaines informations font état de l’arrestation de combattants ou d’« instructeurs » munis de passeports européens (allemands, français, britanniques et danois).

Des groupes d’insurgés ont fuit vers les quartiers de Khalidiyé et Hamidiya, mais ils ne constituent plus un réel danger. La traque durera quelques jours et se terminera par leur destruction totale. Les troupes régulières ont découvert dans différents quartiers de Homs quelque 120 cadavres de personnes enlevées par les miliciens ces trois derniers mois et exécutées sommairement. Parmi eux beaucoup de chrétiens, d’alaouites mais aussi des sunnites membres du Baas ou tout simplement partisans de Bachar al-Assad.

L’Armée syrienne libre (ALS) a indirectement reconnu la défaite en parlant de « retraits tactiques » pour « sauver les civils » ou pour fuir « la machine de répression du régime ». Ces deux faux arguments ne suffisent pas pour cacher la faiblesse de cette pseudo-armée qui se promettait de transformer Bab Amr en « Stalingrad ». Ils semblent que les dirigeants de cette milice aient lu l’histoire à l’envers.

La tendance générale

Le Hamas a-t-il perdu sa boussole ?

Par Ghaleb Kandil

Il y a quelques mois, lorsque j’avais écris un article publié sur le site de neworientnews et repris par le quotidien libanais Ad Diyar, demandant au Hamas de lever toute ambiguïté et de prendre une position claire sur la crise syrienne, j’avais essuyé un flot de critiques. Des dirigeants du Hamas avaient qualifié d’« injustes » les reproches que je leur adressais. Le penseur et ami Mounir Chafic avait répliqué à ceux qui invitaient le Hamas à prendre une position claire, en rappelant l’équation selon laquelle la Résistance palestinienne ne devait pas se mêler des affaires intérieures des pays arabes. Il avait inscrit dans ce contexte le silence du Hamas.

Toutefois, les déclarations de MM. Ismail Hanniya et Moussa Abou Marzouk nous obligent à revenir sur ce débat, maintes fois reporté, sur la situation en Syrie.

Premièrement, M. Abou Marzouk affirme que la direction du Hamas a quitté Damas en signe de protestation contre la « solution sécuritaire » adoptée par le régime syrien. Pour sa malchance, ses propos ont coïncidé avec le referendum sur la nouvelle Constitution syrienne qui a montré, comme on le savait depuis des mois, qu’une majorité de Syriens appuie le projet de réformes lancé par le président Bachar al-Assad, et que le commandement syrien est déterminé à mener à terme ces réformes et à introduire en Syrie le pluralisme et le multipartisme. Ces faits montrent que la symphonie de la « solution sécuritaire », inventée dans les coulisses des services de renseignements étrangers, et que beaucoup de personnes, de mauvaises foi ou bien intentionnées, ressassent sans relâche, a pour objectif de masquer le processus de réforme politique entrepris en Syrie.

Le timing n’a donc pas servi M. Abou Marzouk, après que soient apparues les mines assombries de la coalition colonialiste et de ses alliés régionaux qui dirigent la guerre de la destruction de la Syrie, menée par des bandes des Frères musulmans et du courant takfiriste et des figures connues pour leurs collaboration avec l’Occident et Israël, et tellement nombreuses dans le Conseil d’Istanbul.

Dans ce cadre, nous préférons ne pas nous étendre sur les informations qui circulent sur l’implication de certains membres du Hamas dans des trafics d’armes au profit des gangs armés en Syrie et dans le refuge réservé à certains terroristes. Le commandement syrien a traité ces cas avec sagesse, en maintenant les ponts avec la direction du Hamas. Deuxièmement, nous ne savons pas comment MM. Haniyya, Abou Marzouk et Khaled Mechaal qualifient l’attitude du Hamas avec les groupes affiliés à Al-Qaïda à Gaza. Ne s’agissait-il pas d’une « solution sécuritaire » ? Nous savons que ces groupes ont été anéantis, alors que leur mosquée a été démolie. Ne s’agit-il pas d’une « solution sécuritaire » ? Pourtant, ces bandes takfiristes prétendent agir sous la bannière de la lutte contre Israël, tandis que les takfiristes en Syrie, appuyés par le gouvernement de l’illusion ottomane et par les Frères musulmans, se vantent de demander de l’aide à Israël.

Troisièmement, lorsque Mohammad Dahlan a organisé sa tentative de coup d’Etat à Gaza, en partenariat avec les services de renseignements américains et égyptiens et le Mossad israélien, avec un financement des pays du Golfe –qui prétendent aujourd’hui soutenir les révolutions arabes-, le Hamas n’a pas trouvé d’autre voie que la « solution sécuritaire » pour éradiquer les instruments de l’Autorité palestinienne de Gaza. A cette époque, nous avions appuyé le choix du Hamas et avions trouvé des excuses aux erreurs commises dans le cadre de la résistance au coup d’état organisé par Dahlan sous la supervision du général américain Keith Dayton.

Nous attendons aujourd’hui de M. Mounir Chafic qu’il rappelle aux chefs du Hamas le principe de non-ingérence après qu’ils eurent décidé de se mêler des affaires syriennes.

Maintenant que le Hamas a décidé de s’impliquer dans le complot colonialiste exécuté contre la Syrie, nous condamnons les propos de Haniyya et Abou Marzouk et invitons tous les résistants du mouvement à prendre une position claire vis-à-vis des prises de positions de leurs dirigeants. Nous restons confiants que l’option de la résistance va finir par l’emporter, et emporter avec elle tous ceux qui l’ont abandonné. Les leaders du Hamas, qui quittent Damas pour le Caire, semblent obnubilés par les nouveaux dirigeants de l’Egypte. Peuvent-ils nous expliquer leur soutien à un pouvoir qui a hérité du régime Moubarak et qui a clairement annoncé qu’il respecterait les engagements internationaux de l’Egypte, y compris Camp David ?


Tendances de l’Orient Lundi 05 mars 2012 no73

Bulletin hebdomadaire d’information et d’analyse, spécialisé dans les affaires de l’Orient arabe.
Préparé et diffusé par Le Centre d’Etudes Stratégiques Arabes et Internationales neworientnews.com Rédacteur en chef : Pierre Khalaf
khalafpierre@gmail.com

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