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Ensemble, secouons le cocotier !
Pôle de Renaissance Communiste en France

jeudi 22 mars 2012, par Comité Valmy


Ensemble, secouons le cocotier !

Le point de vue du PRCF

Soutenu mezzo voce par le MEDEF, par la commission européenne et par tous les gouvernements européens en place (et notamment par la vraie patronne de l’Union Européenne, Angela Merkel), porté par un énorme appareil médiatique, le principal candidat des banques et de l’impérialisme allemand a repris l’offensive. Toute honte bue, Sarkozy n’en finit pas de prendre de droite Marine Le Pen en attaquant sans relâche les profs, les fonctionnaires, les chômeurs (« assistés », sic), les immigrés et les musulmans.

Pour surmonter l’énorme rejet populaire dont il est la cible, ce personnage machiavélique usurpe les habits de l’euroscepticisme, feint d’aimer le « petit peuple » et brandit le drapeau tricolore alors même qu’il s’est assis sur le Non à la constitution européenne (et pour rappel : le OUI au traité de Maastricht a obtenu 13.165 475 voix et le NON à la Constitution a lui obtenu 15.449.508 voix, soit une différence de 2.284.033 de plus que les OUI. Il convient également de rappeler, qu’environ 90 % des Français n’avaient pas lu la Constitution, ce qui veut dire que les Français n’avaient pas voté contre la Constitution mais avaient voté contre l’Union Européenne), qu’il a reporté à 67 ans le droit de prendre sa retraite à taux plein et qu’il a accepté de soumettre chaque année à la banque de Francfort le budget de la nation avant même que celui-ci ne passe devant les députés français !

Ce ramdam indécent n’est pas sans effet sur la partie la plus déboussolée de la population qui, faute de repères sociaux et patriotiques clairs, est tentée par les discours de haine camouflés en propos patriotiques.

Face à cette contre-offensive sarkozyste, c’est peu dire que Hollande et son équipe d’endormeurs restent l’arme au pied. Au lieu de dénoncer les propos fascisants vibrion élyséen, au lieu de porter une politique populaire et patriotique qui pourrait réunir 90% des Français contre l’oligarchie,

Hollande appelle au « vote utile », c’est-à-dire au siphonage électoral de la gauche de la gauche.

Le candidat « socialiste » s’imagine-t-il qu’il tiendra jusqu’au 6 mai avec les mesurettes qu’il a annoncées ? Croit-il sérieusement que la classe ouvrière va se mobiliser sur un programme creux qui ne fait qu’écorner les grandes fortunes et qui ne s’attaque à la sacro-sainte « construction européenne » que de manière cosmétique ? Est-il assez stupide pour suivre son conseiller, le réactionnaire Manuel Valls, et polémiquer contre sa gauche au lieu d’attaquer sur sa droite ? La question est à poser aux militants socialistes : s’ils ne veulent pas perdre comme en 2007 au risque de voir leur parti imploser, les socialistes sincères feraient bien de faire montre d’un peu moins de suivisme euro-béat par rapport à la monnaie unique, quitte à stimuler un peu le ternissime candidat Hollande qu’ils ont élu lors des « primaires »...

Mais la question est aussi et surtout posée à Mélenchon. Parce qu’il a su reprendre certains thèmes politiques issus du vrai PCF des années 70 (patriotisme populaire, référence à la classe ouvrière et au combat de classe, république, laïcité, antifascisme, attitude relativement digne, - plus en tout cas que celle de Pierre Laurent et de Marie-George Buffet -, face à l’anticommunisme, à l’antisoviétisme et à l’anti-castrisme ambiants), Mélenchon bénéficiait jusqu’ici d’une certaine dynamique populaire. Ce n’est pas le PRCF qui se plaindra de cette dynamique « rouge-tricolore », lui qui n’a cessé, à contre-courant de l’extrême gauche européiste et petite-bourgeoise, de contester l’UE, de défendre le « produire en France », de proposer de nouveaux traités internationaux et de défendre l’héritage du PCF patriote et internationaliste de 36, du Conseil National de la Résistance et de la Libération.

Mais disons-le tout net : si Mélenchon en reste à ses inconsistantes positions actuelles sur « l’Europe sociale », la « réorientation progressiste de l’euro et de la BCE » et autres sornettes auxquelles ne peuvent croire que les naïfs (de plus en plus minoritaires en classe ouvrière !) qui n’ont pas encore saisi la nature dictatoriale et impérialiste de l’Union Européenne, il ne touchera pas le cœur des électeurs populaires qui en ont légitimement ras-le-bol de la « construction européenne », c’est-à-dire de la destruction patronale concertée de la nation, de la République, de l’emploi industriel et agricole, et de l’ensemble des acquis sociaux, laïques et démocratiques du peuple français, jusques et y compris sa langue et sa culture sacrifiées à une américanisation galopante. Et ces électeurs, qu’on s’en félicite ou qu’on le déplore, choisiront à nouveau l’abstention.

C’est pourquoi le PRCF a plusieurs fois interpellé Mélenchon sur cette question très simple : que ferez-vous si, une fois élu, l’Europe allemande dit « Nein ! » à votre programme social ? Vous coucherez-vous comme Jospin en 97 ou claquerez-vous la porte de l’Euro-dictature en privilégiant vos engagements envers le peuple souverain ?

Si vous acceptez de dialoguer sur ce sujet avec les communistes véritables que nous sommes (véritables parce que, contrairement à Pierre Laurent qui défend l’euro en tant que président du Parti de la Gauche Européenne, nous restons fidèles au NON de Georges Marchais et d’Henri Krasucki au traité de Maastricht instituant l’euro), et plus généralement avec les républicains patriotes qui veulent sortir la France du carcan bruxellois, si pour commencer vous retirez l’insulte de « maréchalistes » que vous avez un temps adressée aux adversaires de gauche de l’euro, alors vous changerez le climat de la campagne. Vous ne serez plus forcé de combattre sans fin la tendance lourde au « vote utile ». Hollande devra courir derrière vous. Sarkozy qui devra défendre son Europe détestée remballera le drapeau tricolore.

Quant à Le Pen, elle s’effondrera parce que de nouveau, une gauche populaire défendra à la fois la classe ouvrière et la nation.

Hollande, ce partisan de toujours de Maastricht et de l’Union Européenne, cet homme qui veut pousser encore plus loin l’euro-décentralisation de la République et qui fait partie de la même Internationale que Zapatero et Papandréou, n’ira évidemment jamais dans la direction que nous indiquons : sa seule stratégie est de jouer en défense et de naviguer sur la vague d’antisarkozysme pour garder les mains libres et appliquer demain l’austérité sans être tenu par des engagements forts. Cette tactique purement défensive risque fort de ne pas suffire face aux assauts démagogiques sans frein de l’Elysée appuyé par les groupes médiatiques Bouygues, Lagardère et Dassault. Quant à Mélenchon il ne bougera jamais tout seul des positions européistes qui sont celles de toute sa vie si les vrais communistes ne le poussent pas sur ce terrain, quitte à s’opposer à Pierre Laurent.

C’est pourquoi les militants du PRCF, non pour plomber la campagne de Mélenchon mais pour en faire, ce qu’elle n’est pas encore, une arme pour la lutte,

 continueront, sans se rallier à quiconque, à présenter les données réelles de la lutte. Ils s’y emploieront sans jamais banaliser Sarko-Pen, mais sans raconter non plus que Hollande peut apporter autre chose que de l’euro-austérité ; faute d’un système électoral démocratique les vrais communistes n’auront pas de candidat à cette élection ; qu’on ne leur demande pas un ralliement politique ; il revient aux candidats de gauche de convaincre ou pas le peuple en montrant, ou pas, s’ils préfèrent le peuple de France à la sacro-sainte monnaie unique ;

 continueront d’interpeller fraternellement le citoyen Mélenchon et leurs frères de classe du Front de gauche en les appelant à exiger la clarification politique qui changerait totalement le climat de la campagne ;

 continueront d’appeler à la reconstruction du vrai parti communiste et à la remise en selle du syndicalisme de classe et de masse pour que, sans attendre passivement le mois de juin, la classe travailleuse fasse le nécessaire pour imposer par la lutte des changements que jamais les élections en régime bourgeois n’ont apportées si elles n’étaient pas complétées et bousculées par un puissant mouvement populaire.

Le 15 mars 2012


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