COMITE VALMY

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La tendance en Syrie
En trois semaines, l’armée a changé la donne
Par Pierre Khalaf

samedi 24 mars 2012, par Comité Valmy


Attentat à Damas

Le double attentat terroriste de Damas et celui d’Alep, ce week-end, ne changeront pas la nouvelle donne sur le terrain. Ces actions barbares, qui ont fait des dizaines de morts et de blessées dans les rangs des civils et des militaires, dénotent le désespoir de ceux qui pensaient que détruire la Syrie et renverser son régime étaient une simple promenade, comme en Libye.

Jusqu’en février, les provinces de Homs, Hama, Idleb, Deraa ainsi que plusieurs localités au nord de Damas échappaient partiellement au contrôle de l’Etat. Afin d’éviter de lourdes pertes dans les rangs des civils, le pouvoir a pris son temps avant d’agir. Le soutien logistique, financier et militaire fourni aux insurgés par l’Arabie saoudite et le Qatar, ainsi par des membres des forces de l’Otan qui opèreraient d’ores et déjà en Syrie dans des missions de reconnaissance et d’entrainement des rebelles, ont finalement convaincus Damas de la nécessité de frapper d’une main de fer.

Le gouvernement a donc lancé une offensive par étapes contre les zones qui échappent à son contrôle, à commencer par la banlieue nord-est de nord de la capitale syriennes. L’armée syrienne a établi un plan en trois étapes baptisé "nettoyage des villes et villages des groupes armés", qui prévoit en premier lieu un assaut militaire dans la province de Damas, puis une offensive dans les villes et les campagnes de Hama et Homs. La troisième étape sera la campagne d’Idleb, récupérée la semaine dernière.

L’importance de l’offensive contre les trois campagnes et l’élimination des hommes armés appartenant à la confrérie des Frères musulmans et aux courants salafistes réside dans leur proximité des frontières libanaise et turque, par ou transitent l’argent et les armes destinés aux rebelles.

Lors de ses réunions avec les commandants militaires, le président syrien a ordonné à l’armée de n’autoriser aucune zone d’influence et de venir à bout des poches contrôlée par les insurgés.

Tout au long des deux premières semaines de février, l’armée déloge sans difficultés, les rebelles de la banlieue de Damas et des villes de Zabadani et Rankous. A Homs, elle encercle les quartiers rebelles et lance des opérations ciblées contre les miliciens de l’Armée syrienne libre. Le lieutenant dissident Abdel Razzak Tlass, chef de la brigade Farouk, est tué. Pendant la deuxième moitié de février, l’armée procède au ratissage de la province de Hama. Elle appelle les civils à quitter les zones contrôlées par les rebelles à Homs, et renforce le siège des quartiers de Jobar, Karm el-Zeitoune, Inchaat et Baba Amr.

Le quartier symbolique de Baba Amr tombe aux mains de l’armée. Cet épisode est perçu par plusieurs analystes politiques et militaires comme un "tournant" dans la bataille qui oppose les insurgés au régime, similaire à la bataille de Hama qui a abouti à la déroute des Frères musulmans en 1982. S’ensuit la chute des villes de Rastan et Qousseir aux mains de l’armée gouvernementale, qui ratisse les poches rebelles et procède à l’arrestation de milliers d’insurgés, dont des dizaines d’étranger.

Le 5 mars, l’armée a entamé la troisième étape de son offensive visant à reprendre la province volatile d’Idleb, au nord-est de la Syrie.

Plusieurs villes et village longeant la frontière turque, sont aux mains de miliciens islamistes.

La reprise en main de la totalité de la province par l’armée n’est qu’une question de temps. La date du 7 mai, fixée par le président pour la tenue d’élections parlementaire, semble être une échéance pour la reprise de toutes les poches contrôlées par les rebelles. La décision des pétromonarchies du Golfe d’accentuer le soutien militaire des extrémistes fera trainer pendant plusieurs mois la guérilla qui n’aura plus cependant la capacité d’influer sur le cours des événements.

Malgré les moyens colossaux mis en oeuvre par les pays du Golfe et leurs sponsors occidentaux, l’armée reste intacte. Les défections restent limitées à des officiers marginaux. Elle ne donne aucun signe d’essoufflement en n’a pas utilisé sa force de frappe.

Pendant ce temps, l’opposition peine à surmonter ses divergences. Les conflits qui déchirent l’opposition découlent d’une friction entre deux mentalités diamétralement opposées. D’une part, il y a ceux qui réclament une intervention étrangère sans laquelle ils s’estiment incapables de renverser le régime, et de l’autre, il y a ceux qui rejettent toute ingérence étrangère

Toutes les tentatives d’unir les deux coalitions ont échoué... et échoueront.

New Orient News (Liban)
Rédacteur en chef : Pierre Khalaf
Tendances de l’Orient - Lundi 19 mars 2012 no75
Bulletin hebdomadaire d’information et d’analyse, spécialisé dans les affaires de l’Orient arabe.
Préparé et diffusé par Le Centre d’Etudes Stratégiques Arabes et Internationales neworientnews.com

Rédacteur en chef : Pierre Khalaf
khalafpierre@gmail.com


Déclarations et prises de positions

Sayyed Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah

« 16% des Libanais sont illettrés et 25% au chômage. Pour un pays comme le Liban, c’est énorme ! Dans le monde arabe, 57 millions de personnes sont ignorantes et 20 millions d’autres au chômage. Les pays du Golfe déposent des milliers de milliards de dollars dans les banques américaines. Qu’est-ce qui leur manque alors pour mettre fin à l’ignorance et au chômage ? Le problème est dȗ à l’irresponsabilité des dirigeants arabes. Certains régimes tirent avantage de l’ignorance de leur peuple pour qu’il ne comprenne rien à ce qui se passe autour de lui.

Au Liban, Il y a des dossiers importants comme les aliments avariés, les crimes, la Sécurité sociale, le chômage et la drogue dans les écoles, qui doivent être traités ment quelles que soient nos appartenances politiques et religieuses. Pourquoi ne pas coopérer sur les dossiers sur lesquels il y a accord, et dialoguer pour régler les autres questions.

Nous ne devons pas paralyser un pays à cause de nos divergences. En cas de désaccord sur certains dossiers, nous en ajournerons l’examen, mais il n’est pas permis de paralyser l’examen de tous les dossiers à cause d’une mésentente sur un ou deux. Par exemple, certains prétendent qu’il n’est pas possible d’édifier un Etat alors que la Résistance maintient ses armes. Mais est-il juste que les dossiers sociaux soient bloqués pour cette raison ? C’est de l’injustice et de l’irréalisme, et cela signifie que les auteurs de cette thèse sont engagés en faveur des Américains et de l’Occident, pour ne pas dire en faveur des Israéliens.

Lorsque le 14-Mars dirigeait le gouvernement, le 8-Mars en a fait partie sans détenir la minorité de blocage nous avions coopéré à tous les dossiers soumis parce que notre priorité était la stabilité dans le pays, notamment après le départ des forces syriennes. Mais vous, vous ne prônez la logique de la main tendue que dans des cérémonies alors que sur le terrain, vous avez déclaré, dès le premier jour, la guerre contre ce gouvernement. Reconnaître l’autre, c’est accepter de rester dans un gouvernement composé en majorité de vos adversaires, et non pas d’annoncer régulièrement qu’on pratique la politique de la main tendue.

Comment voulez-vous édifier un État ? En éliminant l’autre ? Êtes-vous capables de l’édifier et, pour commencer, êtes-vous capables d’édifier vos propres partis ? Un État est édifié à travers le dialogue et le partenariat et celui qui se croit capable de prendre nos armes par la force, qu’il se présente ! Nous craignons une guerre civile en Syrie et une partition de la région. Nous réitérons notre appel à éviter la confrontation armée et à œuvrer pour une solution politique dont les détails ne concernent que les Syriens. Ce n’est pas à nous, Libanais, de tracer des lignes rouges aux Syriens alors que nous n’arrivons pas à résoudre nos propres problèmes ! »

Michel Aoun, leader chrétien libanais

« Ceux qui ont soutenu Israël dans sa guerre contre le Liban en 2006 sont les mêmes que ceux qui appuient aujourd’hui la guerre contre la Syrie de l’intérieur. Nous devons penser au bon voisinage. Nous ne pouvons pas vivre avec des groupes takfiristes à nos frontières. Nous ne pouvons pas accepter que des gens arrivent au pouvoir au nom de la démocratie et des droits de l’homme, alors qu’en fin de compte il n’y aura ni démocratie ni droit de l’homme. C’est notre sécurité qui est en jeu. Nous ne pouvons pas fermer les yeux et dire que les Frères musulmans gouvernent ! Que voulez-vous, que les takfiristes nous gouvernent dans le Kesrouan ? »


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