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Moyen Orient
Syrie : le plan Annan avance, fin des combats le 10 avril, si engagement arabe
Al Manar

mardi 3 avril 2012, par Comité Valmy


L’émissaire international Kofi Annan a indiqué lundi au Conseil de sécurité de l’ONU que Damas avait accepté de commencer à mettre en œuvre son plan de paix avant le 10 avril.

Le régime du président syrien Bachar al-Assad a promis à M. Annan d’entamer "immédiatement" un désengagement militaire de façon à l’achever le 10 avril, a précisé devant la presse l’ambassadrice américaine à l’ONU Susan Rice, dont le pays préside le Conseil en avril.

Ces promesses sont contenues dans une lettre adressée dimanche à M. Annan par le ministère syrien des Affaires étrangères.

Rice a précisé que l’adjoint de Kofi Annan, Nasser Al-Qidwa, s’efforce de convaincre l’opposition armée de s’engager à "mettre fin à ses opérations dans les 48 heures suivant une cessation complète des hostilités de la part du gouvernement".

Pression turque sur l’opposition

Or, une source turque a révélé au quotidien libanais AlJomhouria, que ce sont les Turcs qui exerceront des pressions sur l’opposition syrienne pour qu’elle accepte de négocier avec le régime.

Selon cette source, ces pressions font partie de la proposition faite par Erdogan à Téhéran. Cette proposition appelle entre autres à miser sur les résultats des élections transparentes organisées dans un délai de 3 à 6 mois sous supervision internationale et régionale.

Engagement Turco-qatari-saoudien

Le représentant de la Syrie au conseil de sécurité, Bachar al-Jaafari, a appelé « les pays qui financent et arment les terroristes en Syrie à ne pas entraver la mission d’Annan ». Et de souligner que « l’engagement au plan d’Annan devrait être respecté par tout le monde, y compris l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie ».

Lors d’une conférence de presse tenue au siège de l’ONU à New York, Jaafari a rappelé les propos du ministre saoudien des Affaires Etrangères qui « s’était immiscé en personne dans les affaires intérieures syriennes quand il a appelé non seulement à armer l’opposition, mais à considérer cela comme un devoir ».

"De telles déclarations et d’autres reflètent un double langage qui contrarie l’approche consensuelle suivie par le Conseil de sécurité", a-t-il ajouté.

Une équipe onusienne à Damas

De son côté, le porte-parole du ministère syrien des Affaires Etrangères, Jihad Makdessi, a déclaré au quotidien libanais as-Safir : qu’une délégation onusienne se rendra mercredi à Damas pour discuter avec les autorités syriennes des modalités techniques ayant trait au nombre des observateurs, à leur mission, et aux moyens de leur protection.

Makdessi a cependant refusé d’avancer une date précise à la fin des combats, se contentant de dire qu’ « il y a encore beaucoup de détails qu’il faut évoquer ».

Washington sceptique

Entre-temps, les Etats-Unis ont exprimé leur doute quant à la volonté de Damas de réellement appliquer le plan d’Annan.

"Nous avons vu des promesses faites et ensuite rompues" par le régime syrien et "l’expérience nous amènerait plutôt à être sceptiques", a déclaré l’ambassadrice américaine à l’ONU, en ajoutant que Washington "craignait de voir une escalade des violences" dans les prochains jours.

Moscou contre les délais artificiels

Cependant, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s’est encore dit lundi opposé à toute pression sur Damas concernant le plan Annan, estimant que "les ultimatums et les délais artificiels sont rarement utiles".

Il a affirmé que ce n’était pas à la conférence des pays "Amis du peuple syrien", qui a eu lieu à Istanbul, de juger l’application du plan Annan, mais au Conseil de sécurité de l’ONU.

"Le gouvernement syrien est obligé de faire le premier pas (...) et d’entamer le retrait des soldats, mais si ce n’est pas suivi rapidement d’actions analogues de la part de ceux qui combattent les forces gouvernementales, alors, je pense qu’il n’y aura pas de résultat", a-t-il dit.

Dans la matinée de lundi, le ministère russe des Affaires étrangères a déjà estimé que la conférence d’Istanbul des "Amis du peuple syrien", avait été en contradiction avec "les objectifs d’un règlement pacifique du conflit" en Syrie.

"Les intentions et assurances exprimées à Istanbul en faveur d’un soutien direct, y compris militaire et logistique, à l’opposition armée (...) sont incontestablement en contradiction avec les objectifs d’un règlement pacifique du conflit", a indiqué la diplomatie russe dans un communiqué.

Moscou a par ailleurs regretté le caractère "unilatéral" de la réunion à laquelle "le gouvernement de Syrie n’était pas représenté".

Financement arabe et US aux rebelles

S’agissant de la réunion d’Istanbul, le quotidien américain, New York Times, a révélé que des pays arabes se sont engagés à verser 100 millions de dollars aux rebelles syriens alors que l’administration Obama a convenu d’envoyer des équipements de télécommunication aux rebelles.

Citant un membre du CNS, Molhem Droubi, le quotidien révèle que l’opposition a reçu des promesses sur une aide « humanitaire » de 176 millions dollars, et une contribution de 100 millions dollars pour payer les salaires des rebelles en Syrie.

Selon Droubi, « une partie de cet argent, dont 500 milles dollars, a en effet été envoyé la semaine dernière aux rebelles ». Et d’ajouter, « je ne peux pas dire comment cet argent a pu entrer en Syrie ». La majorité de cet argent provient du Qatar, de l’Arabie et des Emirats, affirme le NY Times.

Pénurie d’armes

L’annonce de cette aide intervient au moment où la presse américaine fait état d’un assèchement d’armes chez les rebelles, en raison du contrôle par l’armée syrienne des frontières, source principale de leur approvisionnement en armes. Le Los Angeles Times a révélé dans ce contexte que « les rebelles ont eu recours à la fabrication artisanale des engins explosifs et aux enlèvements », pour compenser cette pénurie.

A l’issue de la conférence d’Istanbul, la soi-disant Armée syrienne libre a exprimé sa frustration.

« La communauté internationale, en tardant à exercer des pressions sur le régime et en empêchant l’armement des rebelles, assume l’entière responsabilité des massacres », a prétendu le colonel Kassem Saadeddine, officier rebelle qui a estimé que « le régime ne tomberait que par les armes ».

L’Egypte contre l’armement de l’opposition

Et puis, vient s’ajouter à la frustration des rebelles, la position de l’Egypte. Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Mohammad Amro, s’est déclaré contre l’armement de l’opposition syrienne, qui va selon lui augmenter le taux de violence et engendrer une guerre civile en Syrie.

Pour Amro, « la situation en Syrie est dangereuse et regrettable ». « Nous voulons donner une chance à la mission d’Annan, tout en espérant que la solution à la crise soit pacifique », a-t-il ajouté.

L’Otan contre la fourniture d’armes

Il en est de même pour le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, qui a mis en garde lundi contre la fourniture d’armes aux rebelles syriens, qui serait susceptible d’entraîner "une dangereuse prolifération dans la région".

Rasmussen a dit "espérer qu’une solution politique et diplomatique puisse être trouvée sur la base du travail engagé par l’envoyé spécial de l’Onu (Kofi) Annan".

L’équipe du site

03-04-2012 -

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