COMITE VALMY

Accueil du site > - ANTI-IMPERIALISME - Solidarité entre les peuples et nations (...) > Nouveaux missionnaires en Afrique Jean-Pierre Dubois

Nouveaux missionnaires en Afrique
Jean-Pierre Dubois

lundi 9 avril 2012, par Comité Valmy


Les puissances européennes ont toujours trouvé de bons prétextes pour s’immiscer dans les affaires des pays qu’elles voulaient se soumettre.

De la « mission civilisatrice » de Jules Ferry à l’« ingérence humanitaire » de Bernard Kouchner, rien n’a vraiment changé. Les bons sentiments continuent de couvrir les entreprises les plus sordides de domination politique, économique et militaire.

Dans ce domaine, l’Union européenne, qui se devait d’innover, a créé les « missions d’observation électorale ». Ce qui atteste que le temps des missionnaires européens en Afrique n’est pas terminé.

Toutefois, ceux de notre époque, à la différence de leurs prédécesseurs, n’ont pas pour tâche d’évangéliser des peuples « sauvages » mais de délivrer un certificat de bonne conduite à des États jugés peu aptes à organiser des « élections dignes de ce nom ».

Officiellement, l’Union européenne doit être sollicitée par le gouvernement du pays où elle envoie ses observateurs. Mais, peu de gouvernements africains refusent cette « assistance » électorale car elle contribue à leur conférer une estampille « démocratique » et à les préserver des foudres des médias occidentaux.

Ainsi, le gouvernement algérien a signé un accord avec l’Union européenne qui prévoit la présence d’une « mission d’observation » lors des élections législatives de mai 2012. [1]

« L’observation des élections en Afrique apparaît de nos jours comme l’un des instruments de la domination européenne sur le continent africain, et prend des allures de gros business », écrit Valentin Mbougueng. [2]

Les nouveaux missionnaires sont arrivés...

La neutralité des observateurs est un leurre.

Ceux-ci ne sont pas en mesure de faire abstraction des pressions de la « communauté internationale », laquelle ne manque pas de faire savoir par avance quel est - pour elle - le « bon » et le « mauvais » choix politique. Ainsi il ne faisait de doute pour personne, qu’en Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara - ancien directeur du département Afrique au FMI - était le candidat de la France et des États-Unis dans l’élection qui l’opposait à Laurent Gbagbo.

Ce qui explique, qu’en dépit des incertitudes qui pesaient sur le résultat du scrutin, l’Union européenne se soit empressée de proclamer la « victoire » du candidat de l’Occident.

Quant aux observateurs européens qui étaient sur place, ils n’ont fait que cautionner ce choix en reprenant à leur compte tous les arguments des partisans d’Ouattara. La voie était libre pour une intervention militaire extérieure...

Côte d’Ivoire, 2011 : « le pouvoir est au bout des fusils »... FRANCAIS !

Cette prétention de l’Union européenne à vouloir incarner la démocratie dans les pays africains est une imposture typiquement néo-colonialiste. Pour s’en convaincre, il suffit de rappeler trois faits emblématiques qui montrent les limites de ses convictions dans ce domaine.

En avril 2002, l’Union européenne manifeste sa « confiance » aux putschistes qui venaient de renverser le président élu du Venezuela, Hugo Chavez.

Venezuela, 2002 : Les puschistes

En mai 2005, par voie référendaire, les Français rejettent le traité constitutionnel pour l’Europe.

Passant outre, l’Union européenne imagine un nouveau traité (le traité de Lisbonne de 2007) qui reprend la plupart des éléments du texte précédent. Ce dernier n’est plus soumis à référendum mais au seul vote du seul Parlement qui l’adopte en février 2008. Conclusion : le référendum de 2005 a été désavoué et n’a servi à rien.

En juin 2008, les Irlandais disent NON au traité de Lisbonne.

Qu’à cela ne tienne, avec la complicité du gouvernement irlandais, l’Union européenne impose un second référendum en octobre 2009 qui aboutira cette-fois ci au « bon » résultat.

Notes

[1] Les observateurs sont appelés à séjourner en Algérie durant 52 jours avec des frais de mission s’élevant à 329 euros par jour. Comme quoi, être « observateur » est un emploi particulièrement lucratif sans compter qu’il permet aussi de « voir du pays » - comme au bon vieux temps des colonies.
[2] Observateurs d’élections africaines : le nouveau gagne-pain des Européens, Revue Asie-Afrique, juillet-août 2011. Valentin Mbougueng est président de la Ligue internationale des journalistes pour l’Afrique (LIJAF).

Jean-Pierre Dubois blanqui.29@orange.fr

http://lepetitblanquiste.hautetfort.com/archive/2012/04/02/nouveaux-missionnaires-en-afrique.html


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette
<>