COMITE VALMY

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La tendance générale
Les Etats-Unis reconnaissent l’échec de leur pari
Par Ghaleb Kandil

mardi 24 avril 2012, par Comité Valmy


La visite effectuée au Liban par le chef des forces terrestres du commandement central américain (CentCom), le général Vincent Brooks, a porté dans les coulisses une surprise choquante pour le 14-Mars. Certains de ceux qui l’ont rencontré ont assuré avoir entendu de sa bouche des propos sincères sur l’échec du pari qui consistait à renverser le président Bachar al-Assad, et sur la nécessité pour les Libanais de vivre avec cette vérité pour les 40 prochaines années. L’officier supérieur américain a expliqué à ses interlocuteurs les raisons du changement de la position de Washington vis-à-vis de la Syrie, qui l’ont poussé à accepter le plan de Kofi Annan basée sur le principe de la solution politique et de la négociation avec le président Assad.

Dans le même temps, le secrétaire à la Défense, Leon Panetta, assurait, lors d’une audition au Congrès américain, que l’armée syrienne restait unie derrière le président Assad, et qu’il ne fallait pas parier sur des dissidences significatives. L’armée syrienne avait fait preuve, selon le ministre américain, de beaucoup de discipline et d’une grande efficacité. Leon Panetta a expliqué devant le Congrès que le président Assad jouissait d’une importante popularité et du soutien d’une majorité de Syriens en dépit des troubles qui se poursuivent depuis plus d’un an. Les rapports en possession du Pentagone ne permettent pas de conclure que le chef de l’Etat syrien a perdu de sa popularité, bien au contraire. En revanche, il a déclaré que l’opposition était divisée, minée par des dissensions internes et incapable de constituer une force de substitution au régime du président Assad.

Le général Brooks a développé au Liban les mêmes arguments. Il était clair qu’à travers sa visite, il a voulu réaffirmer la relation des Etats-Unis avec l’Armée libanaise et la poursuite de son rôle au pays du cèdre, en parallèle avec celui grandissant de la Russie.

Autre signal reflétant ce nouveau climat : les Forces libanaises et le Courant du futur, en dépit du ton élevé des interventions de leur représentants au Parlement la semaine dernière, ont voulu se dissocier des groupes terroristes syriens actifs au Liban, en assurant qu’ils n’avaient rien à voir avec eux. Cette prise de distance coïncide avec les coups sévères assénés aux insurgés syriens par l’armée.

Ce repli, verbal du moins, du 14-Mars, ne signifie pas que les composantes de cette coalition pro-occidentale ont abandonné le parrainage des groupes extrémistes syriens au Liban. Mais les nouvelles réalités les obligent à adopter un profil bas et à ne pas exprimer leur soutien ouvertement, mais plutôt en secret. Les Forces libanaises, le Courant du futur et la Jamaa Islamiya s’appuient désormais sur les positions de l’Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie dans leur soutien aux insurgés syriens.

Dans ce contexte, il est grave, incompréhensible et inacceptable que le gouvernement libanais continue à faire preuve de mollesse et s’abstienne d’ordonner à l’armée de prendre des mesures strictes et décisives contre les groupes terroristes armés qui s’activent à l’intérieur du Liban sous le parrainage de trois forces politiques précitées.

L’Armée libanaise se trouve désormais confrontée au défi de prendre elle-même l’initiative et de régler la situation instable au Liban-Nord, devenu un base arrière à la soi-disant Armée syrienne libre. Surtout que les propos du général et du secrétaire d’Etat américains sont sans appel : le pari de faire tomber Bachar al-Assad a échoué, et celui qui sait lire en politique est capable de s’adapter rapidement aux nouvelles réalités.

Tendances de l’Orient - Lundi 23 Avril 2012 no 80
New Orient News (Liban)
Rédacteur en chef : Pierre Khalaf - khalafpierre@gmail.com

Bulletin hebdomadaire d’information et d’analyse, spécialisé dans les affaires de l’Orient arabe.

Préparé et diffusé par Le Centre d’Etudes Stratégiques Arabes et Internationales www.neworientnews.com


Déclarations et prises de positions

Michel Sleiman, président de la République libanaise

« Avoir un militaire à la tête de l’État va désormais à l’encontre de l’évolution du monde, assoiffé de démocratie. Mais au Liban, les militaires ont montré qu’ils sont plus démocratiques que les politiciens, qui, eux, se comportent comme de vrais militaires. J’ai des contacts réguliers avec le président Bachar el-Assad. Lorsque les diplomates occidentaux m’ont sondé sur une éventuelle participation du Liban aux conférences des amis de la Syrie, j’ai avais répondu : ’De quels amis s’agit-il ? Nous autres, nous sommes les amis de tous les Syriens. La neutralité positive était une revendication dans le passé. Qu’est-ce qui a donc changé pour qu’elle fasse désormais l’objet de critiques ? S’il y a une évolution démocratique en Syrie, elle aura un rôle plus important. Concernant le Hezbollah, il faut aborder la question sous son angle positif, tant qu’il y a une occupation israélienne d’une partie du territoire. »

Mohammad Raad, président du bloc parlementaire du Hezbollah

« Le dialogue nécessite la confiance, et édifier la confiance suppose de cesser les mensonges et d’arrêter de faire peur aux Libanais en agitant le spectre de la Résistance et de ses armes. Le gouvernement est âgé de 10 mois et nous lui demandons des compte sur des projets stratégiques qui ont besoin de tout le XXIe siècle pour être accomplis (...) L’engagement du Hezbollah à rejeter toute intervention étrangère dans les affaires intérieures de la Syrie vise à protéger le Liban des répercussions de cette crise. »

Mgr Samir Mazloum, vicaire patriarcal maronite

« Ceux qui voyagent au Vatican pour réclamer la démission du patriarche Béchara Raï sont bien trop petits pour pouvoir porter atteinte à la fonction patriarcale. Chacun doit reprendre sa taille normale. La guerre en Syrie et les événements en Egypte ne sont pas dirigés contre les chrétiens. Cependant, dans nos pays, il n’y a pas une vision claire de la démocratie. Les comportements sont irrationnels lorsque le règne de la loi n’existe plus. Les chrétiens doivent obtenir dans ces pays les mêmes droits que les autres citoyens. Il faut rester sur nos gardes car il se peut que des complots soient ourdis contre nous. Dans les circonstances que nous vivons et les événements sur le terrain, je ne vois pas de printemps mais plutôt un automne ou un hivers. Le patriarche Raï souhaite visiter les maronites dans tous les pays. Mais pour l’instant, aucun voyage n’est programmé en Syrie, car il se rend aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique. Dès que l’occasion se présentera, il visitera la Syrie. »


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