COMITE VALMY

Accueil du site > - ANTI-IMPERIALISME - Solidarité entre les peuples et nations (...) > Tendances de l’Orient La résistance de la Syrie et les nouvelles équations (...)

Tendances de l’Orient
La résistance de la Syrie et les nouvelles équations internationales

Lundi 30 Avril 2012 no81

lundi 30 avril 2012, par Comité Valmy


La tendance au Liban

Saisie d’une énorme quantité d’armes destinées aux insurgés syriens

Pris en flagrant délit de trafic d’arme, l’opposition syrienne, leurs alliés libanais et leurs appuis occidentaux, ne peuvent plus prétendre mener une "révolution pacifique" en Syrie qui a déjà fait 10000 morts : 3500 civils, autant de policiers et de militaires et un nombre égal d’insurgés.

C’est un véritable arsenal, destiné à équiper une petite armée, qui a été saisi : des milliers de fusils mitrailleurs Kalachnikov russes et de M 16 américains, des lance-roquettes de fabrication russe et américaine, des tonnes de munitions et d’explosifs, des obus de différents calibres.

Les armes ont été découvertes par la marine libanaise dans les eaux territoriales nationales dans trois conteneurs à bord d’un navire battant pavillon de Sierra Leone. En provenance de Libye, le navire a fait escale dans le port d’Alexandrie en Egypte, avant de poursuite sa route. Il a été arraisonné à 50 kilomètres au Nord de Beyrouth, au large du port de Selaata, alors qu’il se dirigeait vers le port de Tripoli. La deuxième ville du Liban est situé à moins de 30 kilomètres de frontière syrienne.

Selon des sources de sécurité libanaise, le Lutfallah II appartient à un homme d’affaires syrien dont le frère est le capitaine du navire.

Le chargement a été transporté à Beyrouth dans un convoi escorté d’une douzaine de véhicules militaires et survolé par un hélicoptère de l’armée. Onze personnes, huit syriens et trois libanais, ont été arrêtées et déférées devant la justice libanaise.

Selon des sources bien informées, les contrebandiers disposeraient de complicités au sein de parti politiques libanais, notamment le Courant du futur de Saad Hariri et les Forces libanaises de Samir Geagea. Des militants salafistes proches de l’opposition syrienne avaient par ailleurs préparés un grand dépôt à Tripoli pour y stocker les armes avant de les envoyer en plusieurs lots en Syrie via le Nord du Liban.

Les milieux politiques libanais ne manquent pas d’exprimer leur étonnement : comment un navire transportant une aussi grande quantité d’armes venant de Libye peut-il arriver au Liban en passant entre les mailles des filets de la marine israélienne et de la force navale internationale, déployée au large des côtes libanaises depuis 2006.

La complicité d’Israël et des pays occidentaux dans l’armement des rebelles syriens ne fait plus aucun doute.

Tendances de l’Orient - Lundi 30 Avril 2012 no 81
New Orient News (Liban)
Rédacteur en chef : Pierre Khalaf - khalafpierre@gmail.com

Bulletin hebdomadaire d’information et d’analyse, spécialisé dans les affaires de l’Orient arabe.

Préparé et diffusé par Le Centre d’Etudes Stratégiques Arabes et Internationales www.neworientnews.com

...

La tendance en Syrie

La résistance de la Syrie et les nouvelles équations internationales

Par Ghaleb Kandil

La résistance de la Syrie face à la guerre mondiale qu’elle subit sous la direction des Etats-Unis a permis la naissance d’un terreau stratégique nouveau dans les relations internationales. Depuis le double véto sino-russe opposées aux résolutions agressives contre l’Etat syrien et son peuple résistant, l’hégémonie unilatérale américaine, imposée à toute l’humanité depuis l’effondrement de l’Union soviétique, a commencé à reculer.

Depuis 30 ans que les Nations unies se sont transformées en outil à la solde des Etats-Unis, c’est la première fois que la volonté de Washington est brisée. Un groupe d’Etats, hostiles à l’hégémonie américaine, a pris l’initiative et fait passer au Conseil de sécurité des projets qu’il a élaborés ou profondément amendés. Ce groupe d’Etat ne se contente pas de faire voter ses projets, mais il déploie tout un dispositif et une stratégie diplomatique pour veiller à l’application de ces résolutions.

Cela ne veut pas dire que Washington et ses alliés ont baissé les bras. Les puissances occidentales procèdent à un vaste sabotage de l’extérieur du Conseil de sécurité pour empêcher ou retarder au maximum la naissance de ces nouvelles équations, et faire en sorte que le précédent syro-russe soit une exception et non pas une nouvelle règle stable et durable dans les relations internationales.

Les plans de sabotage se traduisent par des interventions continues de la part des pays qui ont échoué à détruire la Syrie, en dépit des moyens gigantesques mis en œuvre sur les plans financiers, politiques, médiatiques, militaires et de renseignements, pour miner l’unité nationale syrienne et lui arracher les atouts qui font sa force.

Une nouvelle guerre froide a commencé par la fenêtre syrienne, car les puissances occidentales n’ont plus les moyens de lancer de grandes guerres trop coûteuses en vies humaines et en argent, à un moment où elles sont au bord de la faillite.

Dans ce climat de guerre froide, le plan de l’émissaire internationale, Kofi Annan, s’est transformé en arène. Les derniers développements montrent que l’Occident manœuvre pour vider cette initiative de son sens, en accusant l’Etat syrien de violer ses clauses. Washington, Paris et leurs amis sont très pressés d’annoncer l’échec du plan Annan, pour en faire assumer la responsabilité à Damas, dans l’espoir de revenir au Conseil de sécurité pour s’y adonner à leur jeu favori : sanctions, menaces, chapitre VII. Mais ils ne comprennent pas que cette époque est révolue, et que jamais plus ils ne parviendront à imposer leur volonté au reste du monde. Les nouvelles équations des relations internationales s’installent dans la durée. Et plus la Syrie résiste au complot, plus ces équations s’enracinent et deviennent solides.


Déclarations et prises de positions

Najib Mikati, Premier ministre du Hezbollah

« La politique consistant à préserver la sécurité et la stabilité au Liban ne devrait pas nous empêcher de mettre en œuvre les réformes nécessaires. A l’ombre des changements qui ont lieu dans le monde arabe, le Liban, qui a de tout temps été un exemple de pardon et de démocratie, devrait œuvrer à protéger ces valeurs. En Syrie, l’important est que la violence cesse. Le Liban estime que l’initiative de Kofi Annan est une bonne chose sous cet angle. »

Michel Aoun, principal leader chrétien libanais (allié du Hezbollah)

« Après avoir de nouveau obtenu la confiance du Parlement, le gouvernement a du pain sur la planche, notamment les nominations. La nomination d’un président du Conseil supérieur de la magistrature ne relève pas des prérogatives du président, mais de celles du Conseil des ministres, conformément à l’article 66 de la Constitution. Pourquoi le chef de l’État n’applique-t-il pas l’article 58 qui énumère ses prérogatives ? Il veut exercer des prérogatives qu’il n’a pas et ne veut pas exercer celles qu’il détient. Il n’est pas possible de contrôler parfaitement la frontière libano-syrienne. Mais l’État doit mieux contrôler l’afflux des réfugiés. Tous ceux qui viennent de Syrie n’ont peut-être pas cette qualité. Leur nombre augmente à vue d’œil, ce qui peut constituer un danger à l’avenir, surtout s’ils comptent parmi eux des combattants. Nous sommes engagés au plan humanitaire en faveur des réfugiés mais le seront-ils à leur tour ? Tout le monde sait que l’asile commence avec des

gens qui sollicitent votre aide et qui finissent par se rebeller contre vous. »

Mohammad Fneich, ministre de la Réforme administrative (Hezbollah)

« Certains, au Liban, ne prennent pas en considération les données autour de nous et bâtissent leurs calculs et leurs paris sur des changements illusoires qu’ils croient à leur avantage. Les séances de débat de politique générale au Parlement ont montré qu’une faction politique de l’opposition est encore sous le choc de sa perte du pouvoir. L’opposition, dans tout régime démocratique, est une nécessité pour réajuster l’action de ceux qui sont au pouvoir. L’existence de différends politiques ne signifie pas que nous soyons devenus des ennemis. Nous sommes divisés sur les armes de la Résistance. Ceux qui ciblent les armes de la Résistance, à n’importe quelle occasion, sans prendre en compte l’ennemi et le danger qu’il représente pour le pays, ne veulent pas sentir ce que nous avons enduré au Liban-Sud à cause de cet ennemi, bien que le Liban soit un petit pays. »

Fouad Siniora, ancien Premier ministre (pro-américain)

« Compte tenu de ce climat crispé, de la confusion et de l’incapacité à régler les problèmes, et à la lumière aussi des bouleversements dans la région sur lesquels nous n’avons aucune prise, je pense que la seule solution est de former un gouvernement neutre de technocrates. L’actuel gouvernement a prouvé son échec. Il est nécessaire et il serait sage de revenir à l’initiative qui avait été prise durant la période de 2005 et 2006, en collaboration avec le chef du législatif Nabih Berry, et qui consiste à organiser chaque semaine ou chaque deux semaines des débats à la Chambre afin de réclamer des comptes au gouvernement. Nous prônons l’indépendance du Liban, la sauvegarde des libertés et de la démocratie et l’hostilité envers Israël. Il s’agit là d’un dénominateur commun entre tous les Libanais. Nous devons bâtir sur ce dénominateur commun et tenter de faire baisser la tension qui ne permet même pas le dialogue tant que se maintiendra la crispation qui est apparue à l’Assemblée nationale. »


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette