COMITE VALMY

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La Commission Trilatérale et les services publics français (II)

mercredi 29 avril 2009, par Comité Valmy

Dès l’origine les dirigeants américains exigent une Europe fédérale.

Une déclaration de James Paul Warburg, président de la Chase Manhattan Bank, devant le Sénat américain le 17 février 1953 :

"De gré ou de force, nous aurons un gouvernement mondial. Sera-ce par la conquête ou par consentement ? La supranationalité d’une élite intellectuelle et des banquiers internationaux est certainement préférable aux décisions nationales qui se pratiquent depuis un siècle".

En juin 1991, David Rockefeller reprenait à son compte cette affirmation qu’il complétait en affirmant :

"Le monde est préparé à marcher vers un gouvernement mondial".

Citations connues que nous rappelons depuis longtemps, notamment dans un texte de 2006 : Entrer en Résistance. CB


Voir en ligne : Entrer en Résistance texte Valmy de mars 2006 sur la question

En guise d’introduction :

Le 26 avril, une note de blog d’Isabelle Debergue souligne la privatisation accélérée des soins médicaux sous couvert même des services hospitaliers, et les situations de détresse qui découlent de ce démantèlement du service public de la santé. La démolition accélérée du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), de l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale), de l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique), de l’éducation et l’université publiques... n’est donc pas un phénomène isolé. Qu’il s’agisse de la connaissance, de la santé, de l’énergie, de l’information des citoyens ou de tout autre service public stratégique, les processus de privatisation et de contrôle par des intérêts privés sont en marche, propulsés par l’Union Européenne (UE) et l’application de l’Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). C’est dans ce contexte, qu’il convient d’examiner le rôle et les prises de positions de « groupes de discussion » comme la Commission Trilatérale, devenue de plus un plus une instance officielle de facto.

Quel avenir pour les actuels mouvements de défense des services publics français et européens ?

L’article d’Isabelle Debergue décrit, pour le service public de la santé, une situation caractéristique du schéma progressivement imposé par l’AGCS : les malades se voient proposer, par les hôpitaux public eux-mêmes, le « choix » entre une visite « du public » dans trois mois et une visite « du privé » tout de suite mais quatre ou cinq fois plus chère. Plus les analyses, soins, etc... destinés à suivre les mêmes différences de rythmes et de tarifs. C’est donc en réalité la disparition pure et simple du service public, et la mise en place de « services » réservés aux riches.

La politique de l’Union Européenne suit ouvertement, depuis les années 1990, la même logique de marché.

Mais, devant la grande majorité des citoyens, les organisations syndicales et les coordinations de la plupart des mouvements actuels s’en prennent uniquement à la « politique de Sarkozy » et gardent le silence sur les grandes stratégies continentales et planétaires dont l’UE et l’OMC sont les auteurs. Des stratégies que l’actuel gouvernement exécute comme l’aurait fait également, à sa place, un gouvernement « de gauche » analogue à ceux que l’on a vus à l’oeuvre en 1984-86, en 1988-93 ou en 1997-2002.

Un tel comportement, de la part de syndicats et coordinations, paraît tout simplement suicidaire. Pourquoi une telle attitude ?

Le même silence règne, d’ailleurs, en ce qui concerne le rôle des réseaux et « think tanks » qui participent depuis des décennies à l’élaboration de la « politique unique » européenne et mondiale, et dans lesquels « droites », « gauches », « centres » et directions syndicales se trouvent directement impliqués.

Il paraît pourtant essentiel d’analyser les motivations réelles des promoteurs de ces organisations « tranversales » sans mission institutionnelle théorique, mais dont le rôle n’a cessé de devenir de plus en plus décisif dans l’élaboration des politiques nationales et internationales depuis les années 1970-80.

Dans notre article du 25 avril, nous avions souligné l’allergie à la pratique du référendum populaire affichée par les « experts » de la Commission Trilatérale lors de la réunion européenne de cette Commission tenue à Paris en novembre 2008. Mais on peut trouver bien d’autres évidences de la conception très particulière de la démocratie développée par ces « élites ».

Sans être attaqués en diffamation, au moins deux sites anglophones de tendances politiques différentes font état de cette déclaration du fondateur de la Commission Trilatérale David Rockefeller à la réunion du groupe de Bilderberg en 1991 à Baden-Baden :

http://www.expressnews.ualberta.ca/print.cfm ?id=795 (Express News)

"We are grateful to the Washington Post, The New York Times, Time Magazine and other great publications whose directors have attended our meetings and respected their promises of discretion for almost 40 years. It would have been impossible for us to develop our plan for the world if we had been subjected to the lights of publicity during those years...The supranational sovereignty of an intellectual elite and world bankers is surely preferable to the national autodetermination practiced in past centuries."

http://www.expressnews.ualberta.ca/print.cfm ?id=795 (American Chronicle)

"We are grateful to the Washington Post, The New York Times, Time Magazine and other great publications whose directors have attended our meetings and respected their promises of discretion for almost forty years. It would have been impossible for us to develop our plan for the world if we had been subjected to the lights of publicity during those years. But, the world is now more sophisticated and prepared to march towards a world government. The supranational sovereignty of an intellectual elite and world bankers is surely preferable to the national auto-determination practiced in past centuries."

(fin de citation)

Une déclaration qui a heurté à la fois des mouvements progressistes et des milieux conservateurs, et qui mériterait, pour le moins, d’être connue de la grande majorité des citoyens, vu le rôle de la Commission Trilatérale. Son essence réelle n’est pas la lutte contre le « nationalisme » ou le « souverainisme », mais la négation de la souveraineté populaire en préconisant la gouvernance supranationale d’une « élite intellectuelle » et des grands financiers. Les premiers étant les commis de ces derniers. A ce stade, la notion même de service public se trouve vidée de tout contenu.

En clair, dans une telle vision du monde, les parlements et les gouvernements des actuels Etats théoriquement souverains n’ont vocation à être que des chambres d’enregistrement des décisions prises en réalité dans les cercles restreints des « élites » mondiales.

Ajoutons, en ce qui concerne l’éducation et la recherche, que les scientifiques se trouvent pour l’essentiel exclus de ces « élites » autoproclamées.

La relation des membres de la Commission Trilatérale comprend des représentants de la grande finance et des multinationales, des « hauts fonctionnaires », des « experts de la gestion », des politiques et « experts » de la politique... mais pas des scientifiques mondialement connus pour leurs recherches.

La situation est analogue dans la plupart des réseaux, « cercles de discussion », « think tank », etc... créés discrètement par les coupoles de « décideurs » au cours des dernières décennies. La science est considérée comme relevant de la « production ».

Une preuve, si besoin était, que la recherche et l’éducation sont devenues des marchandises. Et que ceux qui travaillent dans ce domaine ont été versés dans le « grand marché » de la main d’oeuvre intellectuelle. De même, les notions de service public et d’indépendance disparaissent avec l’instauration du « marché ».

Source : Indépendance des chercheurs

2 Messages de forum

  • Merci d’avoir cité la version anglaise de la déclaration de Rockefeller, ce qui permet de corriger (c’est un détail, mais les détails ne sont pas inintéressants) une partie de la citation faite en français en début d’article. "Past centuries", soit "depuis des siècles" et non pas "depuis un siècle".
  • Le lien donné vers American Chronicle dans l’article est absent (c’est l’autre lien qui est mis 2 fois).

    Le lien est ici : http://www.americanchronicle.com/articles/view/23602


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