COMITE VALMY

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Le trou noir de l’American Dream
dedefensa.org
Commentaire de Charles Gilbert

dimanche 26 août 2012, par Comité Valmy


Quelles que soient les thèses - ou hypothèses - de DEDEFENSA.ORG ( L’American Dream contemple le trou noir où il se disloque ) , elles ouvrent des perspectives qui ne surprendront que les analystes qui s’en tiennent aux découpages économiques/écologiques/sociologiques de la réalité de la "maison" humaine.

La désertification des USA illustrée par l’assèchement du Mississipi bouleverse aussi la psychologie "américaniste" de ses habitants, elle-même un des moteurs d’une dislocation générale d’un pays où la libre circulation des armes préparait depuis bien longtemps sa propre dislocation politique en cours. Imaginez la bousculade dans la tête d’un garçon-vacher encore à la conquête de l’Ouest, encore en croisade contre les Indiens (un bon indien est un indien mort) et encore absolument sûr du triomphe de la "bonne" amérique, la sienne !

L’agression contre la Syrie, l’autre révélateur actuel du phénomène, étale jusqu’à l’ubuesque les soubresauts de cette dislocation accélérée encore par le financement, l’armement, l’entrainement, le soutien financier de bandes mercenaires fabriquées pour semer le chaos -comme naguère en Amérique latine. Le "chaos constructeur" dont se vantaient stupidement les apprentis sorcier US, dépasse tragiquement tous leurs espoirs : raffermissement de la Résistance syrienne, déstabilisation de la société politique turque - avec divisions au sein des factions au pouvoir et reprise des actions de la résistance kurde ; en prime : malgrè une censure toujours active, une instabilité de plus en plus visible chez les féodaux, "propriétaires" sur "leurs" terres de "leurs" populations : Arabie, Jordanie, Bahrein, etc... sans parler des contrecoups au Liban. Et enfin bien sûr, la brutale découverte par les "maîtres" de l’Etat d’Israël de la soudaine fragilité de leur pays en forme d’usine à gaz révélée par la complète indifférence du nouveau président égyptien aux menaces du gouvernement sioniste concernant le maintien au Sinaï des chars de l’armée égyptienne revenus pour contrer l’actions des bandes "islamistes" indésirables et installés là aux portes d’Israël...

Le glacier craque de toute part.

Et voici que cette fin d’été inaugure en fanfare la dernière étape d’une descente aux enfers qui n’en finit plus de s’aggraver : à partir de ce dimanche, le rassemblement, à Téhéran, chez le diable donc, des délégués de ceux qu’on avait oublié : les Etats non-alignés ! Avec, au retour de sa visite en Chine, l’arrivée du président égyptien que le président iranien se fera une joie de fêter chaleureusement après une si longue séparation entre les deux Etats.

Ajoutez à ces catastrophes, l’hypothèse suggérée par un chroniqueur libanais : ce que vise l’armée syrienne, ce n’est pas simplement l’élimination des mercenaires agresseurs de la zone d’Alep, mais la récupération du Golan par la destruction de ce poste avancé de l’armée israëlienne installée sur une partie d’un territoire étranger : la Syrie à laquelle l’ONU pourra difficilement ordonner de retourner chez elle sans déclencher un gigantesque éclat de rire planétaire !

Et pendant ce temps-là...,

le pantin installé au très étrange Ministère français des Affaires Etrangères décrète, du haut de sa fureur pathologique, la guerre sainte contre les infidèles. Mais qui donc l’a installé là, ce chien de guerre hurlant à la mort ? N’y a-t-il donc dans cette désespérante République française aucune organisation politique pour déposer contre ce bouffon une plainte pour incitation au meurtre ?

Notre dislocation à nous, peuple français, est-elle donc si avancée ?

Charles Gilbert L’American Dream contemple le trou noir où il se disloque 24/08/2012

• Un rapport du CBO annonce le risque d’une grave récession aux USA. • Un signal de l’effondrement en cours.
www.dedefensa.org

En pièce jointe, le texte complet avec les extraits cités des medias en langue anglaise.

Ci-dessous, la partie "en français" du texte :

Mercredi, le Congressional Budget Office (CBO) a publié un rapport qui prévoit pour 2013 des conditions très graves de récession aux USA, avec perte de deux millions d’emploi, si le Congrès ne parvient pas à prendre en mains le problème du déficit titanesque des finances publiques. C’est en fait à une direction politique paralysée que le CBO s’adresse, avec un rapport qui constitue un choc politique et psychologique fondamental pour les USA.

Quelques mots du National Post, reprenant Reuters, ce 23 août 2012, pour nous donner quelques impressions de l’esprit qui se dégage de ce rapport, – un esprit absolument catastrophiste, qui se retrouve dans d’autres études dont celle du PEW Research Center donnant une image effrayante de l’état matériel et psychologique de la population, particulièrement la classe moyenne dévastée par la crise. (Nous employons ce terme de “catastrophiste”, dans un sens objectivement approbateur bien plus que critique. Ce n’est pas un “esprit alarmiste” mais un esprit constatant objectivement une tendance générale et inéluctable vers la catastrophe comme condition générale de la situation bien plus que l’annonce d’une catastrophe bien spécifique, même s’il la contient.)

Dans un article d’opinion publié sur le même National Post, le 22 août 2012, l’universitaire et économiste Jack M. Mintz dresse un réquisitoire contre l’attitude de la direction politique des USA. Il la compare à celle de l’Europe, constatant que les Européens tentent de faire quelque chose tandis que Washington ne fait rien, semblant paralysé… Il n’est pas question ici de souscrire à la comparaison de l’experts, de comparer l’Europe et les USA en tirant des conclusions de cette seule comparaison, ce qui serait faire le jeu du Système ; l’Europe fait quelque chose, mais ce “quelque chose” est également catastrophique puisque l’on reste dans le diktat du Système qui enchaîne catastrophe sur catastrophe. Ce qui nous intéresse est l’aspect psychologique, – ici l’on tente quelque chose, là on ne fait rien, – et, précisément, de mettre en évidence l’espèce d’atonie paradoxalement furieuse qui caractérise les élites américanistes, avec quelque chose d’une pathologie qu’on identifierait comme une asthénie de la psychologie…

On ajoute un autre facteur, économique lui aussi, mais qui rappelle les véritables dimensions absolument, fondamentalement eschatologiques de la crise générale du Système, en ajoutant l’élément de la catastrophe naturelle. Nous ne sommes pas neutres non plus dans cette affaire (“nous”, l’espèce humaine en général), nous qui avons entrepris et semblons sur la voie de l’accomplissement, également, de la destruction du monde avec notre “déchaînement de la Matière”. On choisit ici de mettre en évidence, dans un texte du site The Economic Collapse sur “les huit menaces économiques dont ne parlions même pas au début de l’été” (le 22 août 2012), cette menace spécifique de l’état du fleuve Mississipi, en voie d’asséchement à cause de l’immense sécheresse qui dévaste les États-Unis. Ce cas est singulièrement pathétique et symbolique, tant le puissant Mississipi est un objet fondamental de la psychologie et de la culture humaine aux USA, un symbole à la fois de puissance de la nature, de sa sublime beauté, de l’équilibre du monde lorsque nous croyions qu’il s’agissait du Nouveau Monde et ainsi de suite. La description est dans les effets économiques de la chose, mais imaginez la dévastation que ce phénomène ajoute à une psychologie américaine (plus qu’américaniste, dans ce cas) d’ores et déjà dévastée… (Comme d’habitude avec The Economic Collapse, les textes sont farcis de références qui permettent de disposer, si on le veut, de toutes les précisions nécessaires.)

Vous avez enfin, comme un effet de miroir qui a la vertu de vous faire oublier la froide impulsion des statistiques économiques, l’état difficilement embrassé même par les pires qualificatifs, de la population US. Ce n’est pas la documentation qui manque, au contraire elle nous submerge, nous asphyxie… Il faut donc choisir, au moment adéquat. (Voir le 19 août 2012 et notre idée de l’« opportunité de sélection de ces informations. ») Aujourd’hui est un “moment adéquat”, pour élargir le propos, dans le sens de la catastrophe économique renforcée et confortée par la catastrophe humaine, les deux liées par un effondrement psychologique de la société et des êtres qui la composent. Cet effondrement vaut aussi bien, sous des formes différentes, pour les 1% qui semblent accueillir presque avec innocence les pires influences maléfiques en chevauchant avec une arrogance nihiliste et presque joyeuse la course vers l’effondrement, que pour les 99% qui sont emportés par elle. Il faut donc lire (sur TomDispatch.com, le 21 août 2012) le texte de Chris Hedges, co-auteur d’un livre qui va paraître, Days of Destruction, Days of Revolt, résultat d’une enquête de deux ans sur la destruction de la population des USA, où tout se passe comme si quelque force gigantesque, – le Système auquel toutes ces directions et élites sont soumises est au moins dans notre esprit, – poursuivait avec méthode et la plus grande efficacité un programme absolument génocidaire qui ne répond qu’à une pulsion nihiliste d’entropisation générale d’une puissance colossale. (Il faut lire aussi, pour les statistiques pathétiques de l’évolution de cette même population, le texte « Forsaken And Forgotten », également de The Economic Collapse, le 23 août 2012.)

On voit le Système touché dans ses axes fondamentaux, dans son domaine US dont la supériorité dans le domaine catastrophique est désormais un fait avéré, emporté dans une crise qui suit inexorablement sa course d’aggravation et d’eschatologisation. L’American Dream continue à être déchiqueté dans une évolution cauchemardesque, qui restitue l’inversion de tous les critères fondamentaux de ce mythe. Il y a d’abord la paralysie extraordinaire d’un système politique qui semblait prodigieusement bien organisé pour contrôler et administrer selon ses propres intérêts une masse humaine d’une considérable importance. Désormais, ce système, organisé pour être centriste, consensuel, etc., se découvre extrémiste et fracturé d’antagonismes sans issue, produisant par ses vertus même une situation de blocage que rien ne permet de briser. Il s’ensuit que le système économique et financier est incapable de reprendre son souffle, de retrouver les artifices qui lui permettraient de durer (dans quel but ? Question indiscrète…). Le deuxième axe fondamental est la dévastation extraordinaire de la “classe moyenne”, orgueil et sécurité à la fois du système de l’américanisme, réduite en charpie dans un processus qui découvre avec une violence extraordinaire la logique totalitaire de destruction de l’être humain. Enfin, l’intervention de la catastrophe écologique et climatique, où l’Amérique occupe la première place dans sa manufacture par rapport au système de production et de consommation d’énergie qui caractérise le Système depuis deux siècles, semble avoir un aspect presque symbolique : avec l’établissement de plus en plus avéré, qu’on croirait presque organisée, d’un système climatique monstrueux, désormais hostile à l’organisation économique et sociale du Système, on a l’impression d’une espèce de revanche de la nature, – certainement, ce symbole-là va finir par peser d’un poids de plus en plus lourd dans nos jugements.

Il s’agit des USA mais il ne s’agit plus des USA (ce pourquoi, plus haut, la comparaison entre USA et Europe nous paraissait n’avoir aucun sens pertinent). C’est une civilisation, un monde, une conception d’être qui sont en cours d’effondrement. Les USA mènent la course malgré tous les montages et autres narrative parce qu’ils sont le cœur grondant de cette chose qui nous dévore, le cœur à la fois grondant et d’une infinie fragilité ; la fragilité US est à l’exacte mesure de son apparente puissance, comme la dynamique d’autodestruction du Système accompagne et remplace peu à peu sa dynamique de surpuissance. Même si elles aident encore un peu, les explications économiques, sociales, politiques et historiques sont notablement insuffisantes pour l’embrassement et la compréhension du phénomène.

Il se passe aujourd’hui quelque chose de cosmique, qui dépasse nos conceptions et explications habituelles. Il est plus que temps que nos capacités de réflexion, et principalement notre raison si elle parvient à se dégager du diktat du Système, envisage la situation en cours selon des références et des inspirations plus audacieuses, beaucoup plus audacieuses que celles que nous autorise le Système. C’est ce que nous essayons de faire autant que nous le pouvons, en suggérant constamment l’intervention de “forces métahistoriques”, de phénomènes qui dépassent l’organisation humaine… Il est tout simplement inacceptable et scandaleux que notre raison, toujours sous le diktat du Système, soit limitée dans ses enquêtes, ses réflexions et ses hypothèses, aux seules capacités humaines et aux seules explications humaines. Quand on observe le résultat final de ces “capacités humaines” et la pauvreté des “explications” de la catastrophe, on est conduit à se demander à quoi sert la raison si elle se trouve limitée à ces références… Il est extrêmement urgent de libérer notre raison de l’insupportable référence humaine, sans quoi toute recherche de compréhension du phénomène et de ses conséquences suivra le même chemin que le Système qui propose comme solution de la crise de poursuivre la même démarche, en l’accentuant encore, qui a conduit à la crise.


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