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La Syrie, l’impérialisme et la "gauche de la gauche"
par Jean Lévy

lundi 24 septembre 2012, par Comité Valmy


Convergences

Le camp impérialiste, de l’Union européenne aux Etats-Unis (avec l’aide des dictatures intégristes moyenâgeuses de l’Arabie saoudite au Qatar), veut imposer au peuple syrien un gouvernement soumis à leurs intérêts stratégiques et économiques. Ceux-ci sont d’une clarté évidente : réduire l’Iran réfractaire pour en faire à nouveau un dominion comme au temps du Shah et lever ainsi un obstacle à l’encerclement de la Russie et de la Chine, objectifs ultimes des « Occidentaux ».

La Syrie de Bachir El-Asad doit donc être soumise.

Telle est le but ultime de la guerre menée contre le gouvernement de Damas et de la campagne idéologique menée dans ce sens en France, tout particulièrement.

Et le système politique de la Syrie, comme les mesures militaires prises par le pouvoir contre les « rebelles » ( la « répression sanglante » comme on dit à Paris), ne sont que des prétextes pour justifier une intervention directe des forces de l’Otan dans les affaires intérieures d’un Etat souverain.

Ceux qui dans notre pays, de la droite au PS, versent des larmes de crocodiles sur les « 25 ou 30.000 victimes de la tyrannie » d’Asad, applaudissaient au napalm répandu durant des années sur les mechtas d’Algérie (bilan : un million de morts sur 10 millions d’habitants) comme à la torture généralisée et institutionnalisée de l’autre côté de la Méditerranée.

Mais à l’époque, le PCF s’opposait à la guerre.

Aujourd’hui, il signe un violent appel contre le gouvernement syrien, rejoignant ainsi le camp de l’impérialisme. On peut y lire :

« Les manifestations pacifistes de jeunes dans toute la Syrie réclamant la démocratie depuis mars 2011 ont dévoilé la nature du régime syrien : pour rester au pouvoir en stoppant les manifestations, et punir collectivement les millions de syriens qui ont manifesté quotidiennement contre lui, le régime syrien a pris la responsabilité d’une répression criminelle et d’une confrontation armée. Depuis 18 mois, il a fait plus de 30000 victimes hommes, femmes et enfants (dont plus de 5000 pour le seul mois d’août) tout en expulsant de leurs foyers plus de 3,5 millions de Syriens, (dont 1/2 million ont pu s’échapper en Turquie, en Jordanie, au Liban ou en Irak) en bombardant les quartiers qu’il considère opposants, puis en y envoyant des mercenaires massacrer les familles. Le régime ne cessant pas ses bombardements et destructions, le nombre de Syriens sans toit risque d’augmenter dans les semaines à venir. La pluie et le froid vont aggraver l’insécurité de ces millions de victimes de la répression de masse aveugle du régime.

Les considérant comme des ennemis, le régime bombarde, exécute ou enlève les déplacés rassemblés de façon visible. Grâce à l’extraordinaire mobilisation de solidarité de la société civile syrienne, la plupart des déplacés sont hébergés, cachés et nourris jusqu’à ce jour par les autres familles syriennes. Par exemple à Deraa, au sud de la Syrie, 45.000 des 60.000 habitants déplacés, après 45 jours de bombardements continus, ont pu être accueillies par les familles des environs. Mais 15.000 d’entre eux n’ont pu trouver de refuge, et restent exposés à la vengeance du pouvoir dans des écoles, des églises, des mosquées, ou dans la rue. »

Et c’est signé, entre autres organisations qui se situent pour nombre d’entre elles, à « la gauche de la gauche » par :

Le NPA, Nouveau Parti Anticapitaliste, le PCF, Parti Communiste Français le PG, Le Parti de Gauche.

On mesure ainsi le recul idéologique de ces formations…


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