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CONTRE LA GUERRE, COMPRENDRE ET AGIR : Bulletin n°206 – semaine 23 – 2009

L’ARMEE DE L’AIR US S’ORGANISE COMME FORCE D’OCCUPATION PERMANENTE DES CIEUX SUDAMERICAINS par Comaguer

comaguer@orange.fr

vendredi 5 juin 2009, par Comité Valmy


Avec la remise en activité de la quatrième flotte L’année 2008 a vu la marine de guerre US reprendre possession des eaux sud-américaines qu’elle considérait comme sa chasse gardée tant qu’aucun étranger au continent ne s’y aventurait.

Le tour de l’USAIRFORCE est maintenant venu de redéfinir ses objectifs et ses moyens pour la même zone géographique.

Elle le fait en publiant sous la forme d’un livre blanc un document stratégique intitulé « GLOBAL EN ROUTE STRATEGY »

La décision du gouvernement de l’Equateur de ne pas renouveler le bail de la base de MANTA qui s’achève cette année a évidemment accéléré cette réflexion de l’Etat Major aérien.

Pour autant les stratèges ne s’arrêtent pas à de tels détails et se préoccupent de mettre en place un réseau de bases aériennes sûres permettant l’accès dans le délai d’une journée maximum à n’importe quel « théâtre d’opérations » en intégrant à leur réflexion les rayons d’action des avions - de combat ou de transport – et celui des avions ravitailleurs aptes à permettre l’allongement du trajet des précédents.

Ce type de raisonnement est analogue à celui utilisé lors de la mise en place des relais de poste aux époques où le cheval n’avait pas encore été remplacé par le turboréacteur. L’échelle a simplement changé, la vitesse passant du galop à celle du son.

Le document confirme que pour le théâtre eurasiatique les relais sont bien établis *(voir liste des principaux relais en Europe et en Orient). Mais deux préoccupations nouvelles se font très nettement jour : celle de la couverture de l’Amérique du Sud et celle de l’Afrique.

L’Amérique du Sud, continent jusqu’à présent docile et sous contrôle, n’inquiétait guère le pouvoir militaire US. Les activités déstabilisantes de basse et moyenne intensité (aides aux coups d’Etat, financement des oppositions, assassinats politiques, formation d’escadrons de la mort…..) y suffisaient. Réfléchir à l’envoi rapide de bombardiers et de transports de troupes est un changement manifeste de niveau d’intervention. Les militaires US, la marine l’an dernier, l’armée de l’air cette année s’organisent pour réaliser des interventions militaires directes en Amérique du Sud. Message destiné aux gouvernements vénézuélien, bolivien, équatorien, brésilien et à ceux de leurs voisins qui auraient aussi des velléités de souveraineté nationale.

La réponse à la question posée ne peut évidemment se trouver qu’en Colombie. La base aérienne centrale de l’US AIR FORCE en Amérique du Sud sera donc installée à PALANQUERO dans le centre du pays. Cette décision n’a pas encore été confirmée par le gouvernement colombien mais pur les militaires US elle ne fait aucun doute.

L’Afrique est désormais une préoccupation centrale des stratèges US comme l’a démontré la création du nouveau commandement pour l’Afrique, AFRICOM, en 2008. Il s’agit de contrecarrer militairement l’influence économique et politique chinoise croissante sur ce continent et subsidiairement de mettre sur la touche les capitalistes européens qui y ont encore des intérêts. Pour l’heure l’USAIRFORCE ne dispose en Afrique que de la base de Djibouti aimablement mise à sa disposition par la France. Mais Djibouti est trop excentrée pour permettre l’accès facile à l’Ouest et au Sud-Ouest africain. Où s’installer ?

La réponse à la question devrait être fournie par la France. Certes la France n’a plus de colonies en Afrique mais il existe une Guyane française qui est plus proche de Dakar ou de Bamako que ne l’est Djibouti de ces pays de l’Ouest africain.

Le document « GLOBAL EN ROUTE STRATEGY ne dit pas que la France a déjà donné son accord à ce projet mais il souligne que les militaires US préféreraient de beaucoup cette solution dans un Département français bien gardé par ce qu’il faut de gendarmes et de légionnaires, à celle d’une base au Brésil voisin, pays aujourd’hui considéré à Washington comme moins « amical » et ils invitent donc indirectement le pouvoir politique à régler cette question.


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