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Tendances de l’Orient - Lundi 5 novembre 2012 no107

Clinton dissout le Conseil national syrien. Voilà pourquoi !
Par Ghaleb Kandil

lundi 5 novembre 2012, par Comité Valmy


Clinton dissout le Conseil national syrien. Voilà pourquoi !

Par Ghaleb Kandil

L’Administration américaine a décidé de dissoudre le Conseil national syrien (CSN) et de restructurer l’opposition selon des conditions et des normes qu’elle a elle-même posées pour le choix des forces et des personnalités qui la composeront. Cette décision constitue une preuve criante que cette opposition n’est, en fait, qu’un instrument lié aux Etats-Unis et que son rôle consiste uniquement à exécuter le complot de l’alliance impérialiste dirigée par Washington, et qui regroupe l’Otan et des Etats de la région liés à l’Occident.

Cette décision annoncée par la secrétaire d’Etat Hillary Clinton met donc en relief certains aspects des liens existant entre ladite opposition syrienne de l’extérieur et certains partis et figures de l’intérieur. Elle prouve qu’il ne s’agit pas de personnalités et de forces patriotiques et indépendantes, qui placent l’intérêt de la Syrie au-dessus de tout, comme elles le prétendent. Leur principal souci est en réalité de satisfaire les Etats-Unis et les pays arabes et régionaux qui leur offrent argent et soutien, et en contrepartie, elles doivent mettre à exécution le plan dessiné pour elle, lequel sert, bien entendu, les intérêts américano-sionistes. Ainsi, les officines de l’opposition et leurs groupes armés ne sont que des outils chargés de mettre en œuvre un complot extérieur, exactement comme l’affirme le commandement syrien depuis le premier jour de l’éclatement de la crise. L’Etat syrien livre donc une résistance légitime à une agression destinée à détruire le pays, démanteler ses institutions et démembrer sa géographie.

Pour justifier sa décision de restructurer l’opposition syrienne, Mme Clinton a invoqué la nécessité de faire face aux dérives extrémistes qui augmentent sur le terrain. Elle veut parler des groupes takfiristes et autres mouvances qaïdistes. Mais ce que la cheffe de la diplomatie américaine ne dit pas, c’est que tous ces groupes ont été créés et ont prospéré sous la supervision directe des Etats-Unis ou de leurs proches alliés, turcs ou arabes du Golfe, qui ont offert armes, argent, soutien logistique et expertises. Si ces groupes avaient réussi dans la mission qui leur avait été confiée, celle de détruire l’Etat syrien, Washington n’aurait pas vu la nécessité de les "restructurer". Mais comme ils font du surplace depuis des mois et que leurs pratiques sauvages et barbares commencent à apparaitre aux yeux du monde entier, Mme Clinton a été contrainte de faire ces "aveux". Dans le même temps, cette "nouvelle structure" devrait lui servir à mieux négocier une stratégie de sortie de crise avec l’Etat syrien, sous la direction du président Bachar al-Assad, et sous l’égide de la Russie et de la Chine. Les Etats-Unis espèrent que cette façade sera leur représentant lors des prochaines élections présidentielles, prévues en 2014.

Juste après l’annonce du faire part de décès du CNS par Mme Clinton, toutes les divergences entre les oppositions syriennes sont remontées à la surface, montrant à quel point ceux qui prétendaient vouloir diriger la Syrie de demain sont légers, irresponsables, manipulés par l’extérieur et sans vision. Derrière eux se dressent leurs multiples mentors régionaux qui tentent de préserver un brin d’influence au sein de la "nouvelle structure" inventée et filtrée par les Américains. Mais ces derniers ne laisseront que des miettes à leurs partenaires.

Des mercenaires, dénués de tout sens patriotiques, voilà le vrai visage de ladite opposition syrienne.

Tendances de l’Orient

New Orient News (Liban)
Rédacteur en chef : Pierre Khalaf
Tendances de l’Orient No 107 lundi 5 novembre 2012.
Bulletin hebdomadaire d’information et d’analyse, spécialisé dans les affaires de l’Orient arabe.


Evénements

Des affrontements à la frontière libano-syrienne ont fait jeudi matin un mort, un rebelle syrien, et 13 blessés parmi les forces de sécurité libanaises, lorsqu’un véhicule syrien a refusé de s’arrêter à un barrage. Un pick-up avec à son bord 15 personnes a tenté de traverser la frontière depuis la Syrie et a refusé de s’arrêter au check-point dans la région de Hnaider, près de Ersal. Des affrontements ont alors éclaté entre les passagers, qui étaient armés, et les forces de sécurité libanaises qui leur demandaient l’identité du blessé. Un passager du véhicule a appelé le président du Conseil municipal de Ersal, Mohammad Hojeiry, qui a dépêché quelque 70 partisans armés. 13 membres des forces de l’ordre ont été transférés à l’hôpital de Baalbeck. Le blessé est décédé des suites de ses blessures.

Le quotidien Al-Akhbar rapporte que le secrétaire général du Courant du futur, Ahmad Hariri, n’a pas tenu sa promesse de payer ses partisans pour leur action à Saïda à l’issue de l’assassinat de Wissam al-Hassan. Ces jeunes gens ont exécuté les ordres de Hariri et de ses cadres en coupant les routes, en brûlant des pneus, en érigeant des barrages de contrôle d’identité et en tirant aux armes à feu pour faire respecter de force l’appel à la grève décrété par le 14-Mars.

Le journaliste libanais membre du Courant du futur, Nadim Koteiche, qui avait incité les manifestants à attaquer le Grand sérail, dimanche 21 octobre, a été entendu par la brigade d’investigation criminelle. A l’issue de son interrogatoire, qui a duré une heure, le journaliste a été libéré sous caution d’élection de domicile. Le procureur général près la Cour de cassation, le juge Hatem Madi, a déféré lundi à la police judiciaire l’information qui avait été soumise au parquet de la Cour de cassation contre M. Koteiche après son discours.


Déclarations et prises de positions

Najib Mikati, Premier ministre du Liban

« La réponse naturelle à toutes les critiques, c’est notre productivité. J’espère qu’il y aura encore plus de productivité de la part du cabinet en attendant que le président de la République parachève les consultations qu’il mène avec les pôles d’influence politiques dans le pays afin de trouver une issue à cette crise. Depuis que le gouvernement a été formé, on entend les mêmes mots. Le 14-Mars veut le renverser. Pour moi, la démission devrait être un facteur de solution et non un facteur de crise nouvelle. Ce qui serait positif, c’est que le Liban n’entre pas dans le vide, d’autant que nous traversons une période difficile au niveau de toute la région. »

Général Jean Kahwaji, commandant en chef de l’Armée libanaise

« Les unités militaires stationnées à Tripoli doivent prendre les mesures les plus strictes pour instaurer la sécurité dans la ville et empêcher d’importer ou d’exporter la discorde, en intensifiant les patrouilles et en ripostant aux tirs, quelle que soit leur provenance. Il existe des dangers qui entourent le Liban, notamment au Nord. Il n’est plus permis que Tripoli reste sous la coupe des miliciens. Des forces subversives ont profité de la crise politique pour porter atteinte à la sécurité des citoyens. La troupe a pris des mesures efficaces dans les régions qui présentent des groupements non libanais. Tous les ressortissants étrangers sont invités à respecter la souveraineté du Liban. L’armée doit être à égale distance de tous les habitants de Tripoli, car elle soutient tous ceux qui respectent la loi. »

Béchara Raï, patriarche maronite

« Cette blessure de l’assassinat de Wissam al-Hassan est la nôtre. Mais il faut affronter les problèmes avec calme. Il faut cesser les accusations politiques lancées après l’attentat. Nous refusons la loi de la jungle. Il existe une justice et des institutions. L’assassinat du général al-Hassan a pour objectif de pousser le Liban dans les labyrinthes de la violence. L’appel au dialogue du président Michel Sleiman est le meilleur moyen de passer d’un gouvernement à un autre. La paralysie de l’État et le vide sont interdits. L’Armée libanaise et les Forces de sécurité intérieure sont, dans leur action sur le terrain, deux véritables remparts et garanties pour l’unité du Liban. »

Naïm Kassem, secrétaire général adjoint du Hezbollah

« Le 14-Mars doit faire preuve de sagesse et prendre en considération l’intérêt du Liban à ne pas torpiller l’Etat. Le blocage et le chaos ne changeront pas l’équation établie au Liban. Dans le contexte enflammé dans lequel se trouve le Liban, la stabilité politique devient une priorité. Le 14-Mars a haussé le ton afin d’échapper aux discussions portant sur la nouvelle loi électorale, dans l’objectif de maintenir la loi de 1960. »


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