COMITE VALMY

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Source : La lettre de Bastille République Nations

TENIR SA LANGUE POUR NE PAS ETRE REDUIT AU SILENCE par G. Gastaud, président du Collectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l’Initiative et l’Emancipation Linguistique (CO.U.R.R.I.E.L.)

samedi 18 juillet 2009, par Comité Valmy


Une guerre semble déclarée au français par l’intrusion larvée mais massive de l’anglais – ou d’un sous-anglais – dans tous les domaines de la vie sociale, notamment dans le monde de l’entreprise. Cette tendance n’est pas innocente : elle tend à marginaliser une large part de la population, qui pourrait devenir étrangère dans son propre pays. Le phénomène n’est pas propre à la France, et vise à déposséder les peuples de leur propre vison du monde, inséparable de la langue.

La caste financière qui domine notre pays planifie-t-elle le basculement de la France vers le « tout-anglais » pour les, voire pour la, prochaine(s) décennie(s) ? Cette perspective, pour incroyable qu’elle puisse paraître, pourrait être étayée par de nombreux exemples.

Ainsi, sur TF1, on ne compte plus les écrans publicitaires qui s’affichent en anglais, dans la totale indifférence du CSA. La représentante française a chanté en anglais lors de l’eurovision 2008 sans qu’on ne s’en émeuve en haut lieu. Les supermarchés Atac sont rebaptisés Simply Markets (« be happy, be simply » !), Champion devient Carrefour Market pendant que les villes se couvrent d’enseignes en franglish. Berceau de notre littérature, le Val-de-Loire se voit renommé Loire Valley. Les ex-services publics se lâchent : pour vanter le Livret A, la Poste proclame I love L.A., pendant que la SNCF lance ses Family TGV. Sans le veto d’un préfet courageux, l’aéroport Lyon Saint-Exupéry serait déjà Lyon Airports…

Le phénomène est plus flagrant encore dans les entreprises. Chez Toyota, les production operators de chaîne obéissent aux Team managers ; des syndicats de base CGT, CFTC, CGC et UNSA regroupés en Intersyndicale en sont à revendiquer le droit des salariés à travailler en français en France. Quant aux ouvriers de Continental, ils ont appris en anglais leur licenciement collectif.

Des grands groupes n’hésitent plus à rechercher des cadres « english mother language », sans que la dite « Haute autorité », censée sévir contre les discriminations, ne pointe cette véritable préférence nationale à l’envers. Les Français qui suent pour apprendre le Wall Street English vanté dans les rames du métro ne feront pas longtemps le poids face aux anglo-« natifs ».

Les médias ne sont pas en reste, où déferlent les américanismes (du « Morning » au Mouv’ en passant par le « crumble » de France-Inter…). Alors qu’existent les termes français, le média-formatage des cerveaux substitue systématiquement challenge à défi et « meïl » à courriel. On n’en est plus aux traditionnels emprunts d’une langue à une autre quand la gent branchée préfère la positive attitude à l’« attitude positive » et dit plus spontanément yes ! que oui.

Au point que le philosophe Michel Serres – peu soupçonnable de dérives « franchouillardes » – s’indigne : « il y a plus d’anglais aujourd’hui sur les murs de Paris qu’il n’y avait d’allemand sous l’Occupation ». Et Hubert Védrine enchérit : « peut-être le français survivra-t-il à tout cela ; peut-être pas… ».

Dans ce contexte, il n’est sans doute pas excessif d’évoquer un plan totalitaire d’anglophonisation de la France, dont les chefs d’orchestre paraissent de moins en moins clandestins. A commencer par les gouvernements anglais et américain qui, depuis 1945, poussés par leurs firmes transnationales, investissent d’énormes sommes pour anglophoniser la planète, comme le révèle le linguiste Claude Hagège (1). Ensuite, l’Union européenne dont 80% des textes sont, très illégalement, exclusivement rédigés en anglais (2).

L’état-major patronal européen bat la mesure : « les présidents des quarante-six plus grandes sociétés du continent ont obtenu que tous les documents des États candidats à l’intégration dans l’UE soient exclusivement rédigés en anglais », écrivait déjà Hagège en 2006 (1). Le congrès du MEDEF vient d’adopter pour devise : « Ready for the future ! » (« prêt pour l’avenir »). Dans un registre plus institutionnel, et avec de lourdes conséquences, la France a finalement ratifié le protocole de Londres, ouvrant la voie au monopole de fait de l’anglais sur les brevets (cf. BRN n°34 du 27/11/07).

On se souvient qu’Ernest-Antoine Seillière, appelé à intervenir en 2003 devant le Conseil européen, annonça qu’en tant que président de la confédération patronale européenne Business-Europe, il s’exprimerait en « anglais, la langue des affaires et de l’entreprise ». Quant au président de la banque centrale européenne (BCE), il déclarait devant les eurodéputés lors de sa prise de fonction : « I am not a Frenchman ! ».

Dans ce qui s’apparente à une dénationalisation de la langue et des cerveaux, le français est en quelque sorte relégué au rang de langue domestique – le terme est ici littéralement approprié. Car pour dissoudre notre pays dans « l’économie de marché ouverte sur le monde », et pour tenter de désarmer et diviser les résistances populaires, les maîtres du CAC 40 ont entrepris d’effacer ce repère essentiel dont dispose notre peuple pour s’unir et s’identifier : sa langue. Après avoir criminalisé l’héritage révolutionnaire du monde du travail, la Frencheurope d’en haut serait ravie d’araser le « mauvais esprit » de ces écrivains frondeurs que furent Villon et Rabelais, Molière et Descartes, Diderot et Rousseau, Aragon et Éluard, Césaire et Fanon…

À Paris, dans les allées du pouvoir, on montre l’exemple. Ainsi Christine Lagarde ne se cache pas de « manager » Bercy en anglais. Valérie Pécresse, lauréate du Prix de la Carpette anglaise, promeut avec acharnement l’anglophonisation de l’Université en violation de la Constitution qui fait du français la langue officielle de la République. Xavier Darcos impose de fait l’anglais à tous les enfants du primaire sous couvert de l’apprentissage précoce d’une langue étrangère ; mais pourquoi pas l’allemand, l’espagnol, l’italien, ne serait-ce que dans les régions frontalières ?

Quant au chef de l’État, il vient de s’illustrer en inaugurant la nouvelle base militaire d’Abu Dhabi : devant les caméras de la télévision française, c’est en anglais qu’il interrogea l’officier français charger de le « briefer » sur la disposition des forces… Le même avait semé la consternation au Québec par ses déclarations peu avant l’ouverture du sommet de la Francophonie.

Dépossession d’une vision du monde

A ce rythme, combien de temps faudra-t-il pour que la langue du Discours de la méthode et de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen devienne à Paris ce qu’est devenu le gaélique à Dublin ? De même, combien de temps pour transformer ces langues de haute culture que sont l’allemand ou l’italien en jargons bredouillés par des « indigènes » inaptes à l’« employabilité mondiale » ? Au-delà de l’indéniable enjeu national, la cause du français s’articule donc de manière internationaliste à la défense de toutes les langues contre ceux qui veulent déposséder les peuples de leurs concepts, de leur manière de penser, et, au fond, de leur vision du monde.

Car à pensée – impériale – unique, sabir unique. Et tant pis si la classe ouvrière francophone (et a fortiori sa composante immigrée) devient étrangère dans son pays. L’« élite » planétaire américano-formatée se dote ainsi d’une arme linguistique de destruction massive lui permettant d’atomiser psychologiquement la nouvelle plèbe mondiale, vouée à « anglo-baragouiner » sous l’œil méprisant des nouveaux seigneurs. Une telle perspective n’a pas de quoi émouvoir Dominique Strauss-Kahn (FMI) ou Pascal Lamy (OMC), les socialistes français qui pilotent la mondialisation ; ni d’ailleurs Martine Aubry ou Ségolène Royal, dont les euro-retrouvailles lors du rassemblement électoral près de Nantes se sont récemment tenues sous une banderole proclamant fièrement first the people ! (3)

De leur côté, François Chérèque et Bernard Thibault ont accepté que la seule langue de référence de la Confédération Syndicale Internationale (CSI) soit l’anglais. Un choix d’autant plus paradoxal que le français est langue officielle du Bureau International du Travail (BIT). De même, l’ensemble des syndicats français affiliés (CGT, CFDT, FO) ou candidats (FSU) à la Confédération Européenne des Syndicats (CES) promeut-il sans états d’âme le « nouveau deal européen » prôné par cette dernière (lire p. 13). Un glissement linguistique qui traduit un basculement conceptuel : substituer la culture du marchandage à la tradition syndicale française fondée sur la solidarité de classe (4).

Que dire de la LCR-NPA, dont le journal djeun’ se nomme Red (« Rouge »). Il faudrait également évoquer ces députés PS, UDF et PCF qui entendaient mettre constitutionnellement à égalité le français et les langues régionales… ouvrant ainsi la voie à la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires voulue par l’UMP. Qui connaît l’origine de cette Charte et l’esprit de ses initiateurs ne peut guère en douter : l’arrière-plan n’est autre que l’euro-régionalisation de la République sur des bases ethno-linguistiques. Entre l’anglais « global » et la langue régionale, le français n’a qu’à bien se tenir…

C’est donc en réalité toutes les langues du monde qu’il conviendrait de protéger du tout-globish. Y compris celle de Shakespeare et de Shelley, menacée au premier chef d’un « ajustement structurel » bien peu littéraire par « Business Europe » et consorts. La tâche est immense, mais les forces ne manquent pas pour y contribuer.

GEORGES GASTAUD (*)

(1) Combat pour le français, Odile Jacob, 2006 (2) Ainsi l’office européen des statistiques vient-il de passer au tout-anglais en abandonnant l’allemand et le français sans un mot de protestation de Berlin ou Paris… (3) dont on ne sait s’il faut traduire « le peuple d’abord », ou bien « les gens d’abord »… (4) Le français parlerait de « compromis », ce qui suppose au moins la construction préalable d’un rapport des forces entre classes sociales. L’anglais dit « deal », on est dans le vocabulaire des joueurs de poker, du monde des affaires, ou du commerce de stupéfiants…

(*) Georges Gastaud, professeur de philosophie, fait partie d’un collectif qui a récemment fondé le COURRIEL (Collectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l’Initiative et l’Émancipation Linguistique), association ouvertement « progressiste et anti-impérialiste, liant la résistance linguistique au combat social et civique des travailleurs ». Le collectif a pour présidents le député honoraire Georges Hage et l’ancien Résistant Léon Landini (FTP-MOI). Site Internet : http://www.defenselanguefrancaise.org/5.html

9 Messages de forum

  • Bel article de M. Gastaud. Jacques Leclerc, avec son site "L’aménagement linguistique dans le monde", a fait un travail particulièrement intéressant. Par exemple :

    Voir en ligne : Histoire sociolinguistique des U.S.A.

  • Bien d’accord, d’autant plus que quand je souhaite "une bonne fin de semaine" on me regarde comme si je débarquais d’une autre planète. Je vais souvent chercher les termes de nos cousins canadiens francophones qui, eux, sont entrés en résistance depuis plus d’un siècle ! Je cherche un emploi mais refuse toute dépendance à une langue étrangère.
  • C’est ennuyeux, beaucoup d’entre nous avons chanté depuis des années et écouté quantité de tubes made in là bas, eux qui nous ont sauvé de la dernière guerre mondiale. Mais lorsque l’on fouille dans les écrits interdits et censurés d’avant cette guerre, on peut se rendre compte comment, de là-bas, ils l’ont organisé cette guerre en finançant et outillant l’Allemagne.

    La crise qui vient de poindre et dont on ne sait si elle va perdurer n’est peut-être qu’un phénomène artificiel tendant à nous faire croire, nous étrangers lointains, la chute finale des US, mais quand on observe la manipulation derrière toutes ces bulles comme la récente " peak oil ", alors on comprends enfin le stratagème.

    L’anglais est bien pratique pour voyager, mais ce qu’il ne faut surtout pas faire, c’est ne montrer de l’admiration et de la soumission qu’à un seul. D’abord, cela tue la diversité, nuit à la concurrence et ensuite, nous nourrissons un monstre qui nous écraseras sous son poids.

    Dans le domaine de la musique, il n’est pas compliqué de fouiller dans le grand panier des origines mondiales pour découvrir que bon nombre, voire tous et de partout, méritent qu’on se penche dessus. Bon, souvent pour être audibles il faut qu’ils passent par les studios de Miami ou de Londres, mais la musique est quand même issue d’Afrique avant tout. Et la plus célèbre musique étasunienne vient quand même de la Nouvelle Orléans...

    La grande bourre va se tirer entre les chinois et le US. A choisir, je préfère nettement rester moi-même.

  • Bien que n’étant pas "franchouillard", il est vrai que çà devient inquiétant. Au titre de l’Europe, dira-t-on ? Mais que représente l’Angleterre en Europe en tant que population ? Pourquoi pas l’Allemand, l’Espagnol, l’Italien, le Polonais ?... Il s’agit plutôt de l’ "Etats-Unien", qui est à l’anglais ce que le Québecquois est au français. Sans compter les films affichés dont on est censé comprendre les titres qu’on ne se donne même plus le mal de traduire de l’américain : il faut se rappeler aussi que le français devait être parlé en Afrique et en Indochine par les "indigènes" colonisés pour arriver à quoi que ce soit. Ceux qui, pour le fric, chantent en anglais à la TV avec des "musiques" titrées dans la même langue, en vigueur également dans tous les "walkman", la drogue électronique individualisante... Pire encore à ce titre, avec les ordinateurs, on compte en pouces (inches), sans oublier que les pouces et les pieds c’étaient des mesures qui existaient chez nous sous l’Ancien Régime. Coca-Cola et MacDonald’s sur le plan alimentation. Séries américaines (coupées de pubs) sur les chaînes de télé (surtout privées) Et on fait passer tout çà surtout chez les jeunes au titre de la "modernité" ! D’ailleurs, on n’entend plus Mr Toubon, malgré la loi qu’il avait fait voter à ce titre. Peut-être un "happy hours" avec l’impératice de marque "Backer-Mackenzie" régnant à Bercy l’a fait changer d’avis... JMD, Paris 11°


  • Oui notre langue avec toute la culture qu’elle véhicule se perd . A tel titre qu’on ne connaît plus ses règles de fonctionnement . Ou bien on ne fait plus de liaisons ex : deux cents (H)euros, ou on les fait mal (t)à propos ! J’en passe et des meilleures ! Une autre remarque, on ne diffuse sur les ondes, et surtout sur France-inter, que des chansons anglo-américaines . Les françaises, connait pas ! Pourtant quelle belle langue si bien illustrée par nos écrivains, dramaturges, poëtes ! Ah, les alexandrins de Racine, quelle pure merveille ! C’est autre chose que les rengaines des JOHNY et compagnie !
  • J’ajoute qu’il est d’autant plus inadmissible que l’anglais soit la langue de l’UE que non seulement la Grande-Bretagne ne faisait pas partie des premiers membres fondateurs et se refuse toujours à entrer dans la zone euro (quoi qu’on puisse en penser par ailleurs), mais l’immense majorité des Européens N’EST PAS ANGLOPHONE !

    Je ne suis pas espérantiste. Mais il me semble que si l’on avait voulu faire l’Europe , comme bloc opposé au bloc anglo-saxon, il eût été plus que normal de faire apprendre à tous les petits Européens - dont moi- l’espéranto comme langue "seconde" et européenne ...puis tant de langues de riche culture dont nous disposons, même si elles sont celles d’un peuple très peu nombreux (Suède ou Hongrie, par exemple). Et qu’on ne vienne pas m’objecter que c’eût été artificiel ; qu’était l’hébreu en 1948, je vous le demande ?

    Tout aussi inadmissible que l’anglais soit LA langue scientifique (récemment a disparu l’obligation du "doublet" en français, allemand, russe ou chinois dans les communications scientifiques). Car ce n’est pas sans influence sur le choix des directions et objectifs de recherche...

    Amicalement

  • Je suis un comuniste portugais ( militant de base du PCP ), de 66 ans et, quoique je parle et j’écris un anglais presque si flou et idiomatique que ma langue maternelle, je tiens bon à "mon" français. Pour trois raisons :

    1. De mon temps ( pendant la dictadure fasciste/colonialiste de Salazar que tomberait le 25 Avril de 1974, par la, alors trés connue, « Revolution des Oeuillets » ) ici au Portugal, les jeunes avaient cinq annés de français et seulement trois d’anglais au lycée. Aujourd’hui l’enseignement du français n’est même pas obligatoire ... seulement s’il y a un minimum de dix élèves interessés. Resultat : ce n’est que les gens de mon âge qui parlent français ( les jeunes, comme règle, ne parlent qu’anglais...) Je peut vous dire que, 50 anées écoulés, je me souviens encore de morceaux de textes de Moliére, surtout du " Bourgeois Gentilhome"... 2. Les antifascistes, en ce temps-lá, quand ils tombaient dans les prisons politiques du régime, s’organizaient pour continuer la lute, pour préparer leur fuite, et... pour étudier ! Ils étaient, pour la plupart, des ouvriers ou des paysans, presque iletrés ou avec seulement l’école élementaire, à qui ses camarades intelectuels faisaient apprendre la mathematique, la philosophie marxiste et le français ( !) entre d’autres matières. 3. Les premiers livres sur des sujets "tabous" ( pour le régime ) que j’ai lus, comme " L’ ABC du Marxisme" de Georges Politzer, ou " La Mére" de Maxim Gorki, je les ai lu en français. Car rien de ce type se publiait alors au Portugal et en espagnol non plus, car il y avait Franco.

    Le français fonctionait, donc, pour nous, les antifascistes portugais, comme une langue de liberté, c’est à dire, "la" langue de liberté !

    Saluts fraternels, Luís Almeida Lisbonne - Portugal

  • Pour avoir travaillé dans une multinationale de l’équipement automobile, je ne puis hélas que souscrire à votre constat. En fait, le basculement s’est fait autour de l’an 2000. dans la précédente décennie, il y avait en Espagne, Italie, Allemagne, beaucoup de jeunes diplômés maniant le français, et les consignes d’emploi de l’Anglais dans les réunions étaient peu appliquées, puis l’anglo-américanisation du groupe s’est fait très vite. C’est très facile : il suffit de mettre un Anglais qui ne parle pas un mot de Français dans un service pour que toutes les réunions se fassent dans sa langue.
  • Je rejoins Jean-Marc Domart à propos de cet envahissement que j’ai moi-même dénoncé sur mon blog sous le titre "Décervelage à l’américaine" et par une affiche et des cartes postales (à découper en trois) à imprimer en double face avec l’adresse (ou, sinon, à mettre dans les boîtes des sociétés anglodépendantes).

    Dernière pub de Mc Donald : "Giant", évidemment prononcé à l’anglaise (pour écouter la prononciation). Même les professionnels de la réclame ne le prononcent pas correctement !

    Et la dernière de Luc Chatel (27 mn 40s), digne successeur de la Carpette anglaise Xavier Darcos :

    "Aujourd’hui, en France, ne pas maîtriser l’anglais est un handicap. Je veux donc réinventer l’apprentissage de l’anglais dans notre pays", (...)

    " un apprentissage généralisé précoce de l’anglais, dès 3 ans. Nous l’expérimentons ici ou là, et nous avons de bons résultats en la matière. Plus on apprends tôt l’anglais, plus on a des capacités pour apprendre une autre langue jeune. C’est à dire que l’on apprends pas l’anglais au détriment des autres langues. L’anglais, c’est une priorité. "

    Ce qu’ignore Chatel, comme l’ont ignoré ces prédécesseurs, c’est que l’apprentissage précoce de l’espéranto, de préférence à l’anglais, permet une nette amélioration de l’apprentissage des langues y compris de la langue maternelle (Valeur propédeutique de l’espéranto), et ceci à moindres frais, et surtout sans créer des liens de dépendance. Ce fait a été confirmé depuis longtemps par des expériences et par des spécialistes éminents tels que le Suisse Pierre Bovet, le professeur Mario Pei (Université de Columbia)... Mais le plus grave, c’est que, encore une fois, on laisse tout dans les mains de natifs anglophones ! Si l’on voulait torpiller la langue française et le pays qui en a été le berceau, on ne s’y prendrait pas autrement : suppression massive de postes d’enseignants alors que la profession attire de moins en moins d’étudiants, enseignement en anglais au niveau supérieur, annonces faisant appel à des natifs anglophones, etc. Nous sommes déjà habitués à voir des annonces de sociétés et d’institutions faisant appel à des anglophones pur jus "English mother tongue only" ou "English native speaker". Le patron du syndicalisme européen est anglais, la patronne de la diplomatie européenne est anglaise... Maintenant, dès leur plus jeune âge, les enfants seront amenés à considérer qu’il n’existe rien d’autre que l’anglais.

    Chatel est un excellent auxiliaire de la colonisation de la France.

    Il est souhaitable de réagir partout où l’occasion se présente.

    Voir en ligne : La dernière de Chatel (à pistonner pour la prochaine Carpette anglaise)


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