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Syrie : Qui va gagner ?
IRIB

jeudi 28 mars 2013, par Comité Valmy


IRIB- L’Occident semble réticent, quant à l’avenir de la Syrie.

L’opposition est déçue de n’avoir pu arriver à son objectif, et le gouvernement du Président Assad est déterminé à se maintenir au pouvoir. D’où vient le comportement sélectif de l’Occident, quant à la crise syrienne ?Le président de l’Alliance des opposants au gouvernement syrien, Moaz al-Khatib, vient de démissionner, d’une manière inattendue. L’Union européenne rejette l’idée d’un soutien militaire aux opposants syriens, et le Président américain, Barack Obama, dit clairement, lors de sa visite, au Moyen-Orient, qu’il n’a pas l’intention d’intervenir, militairement, en Syrie.
Le Président Obama a annoncé qu’il ne veut pas que les groupes extrémistes, qui se battent contre le gouvernement syrien, aient l’accès aux armes venant de pays occidentaux. Par ailleurs, l’opposition a nommé un Premier ministre que l’Armée libre syrienne (bras armé de l’opposition) ne reconnaît pas. Ghassan Hitto est un millionnaire, d’origine kurde, résidant au Texas, mais l’opposition intérieure de la Syrie évite, aussi, de reconnaître sa nomination. Pour protester contre cette décision, au moins, 12 membres du Conseil central de l’alliance des opposants au gouvernement syrien ont démissionné.

En outre, tandis que la France et la Grande-Bretagne insistent à envoyer des armes et des équipements militaires aux opposants syriens, les autres pays de l’Union européenne, surtout, l’Allemagne, s’y opposent.
Les Américains disent qu’ils ne comprennent pas la raison de l’insistance de Londres et de Paris à envoyer des armes, en Syrie. Pourtant, le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, dit qu’il ne s’oppose pas à l’idée d’armer les opposants laïcs, sans préciser ce qui sont exactement ces opposants « laïcs » !

A l’intérieur de la Syrie, la situation est stable et calme, dans les régions à population alaouites, qui se situent, à l’Ouest du pays, près des côtes de la Méditerranée. Pourtant, les affrontements se poursuivent, à Alep, deuxième ville de la Syrie, qui est, sans doute, la ville qui a subi les plus lourds dégâts de la guerre civile. Tandis que les forces fidèles au gouvernement du Président Bachar al-Assad contrôlent deux tiers de la ville, les opposants armés ont pris en main le contrôle de près d’un tiers d’Alep et de ses alentours. A Daraa et à Rif-Damas, les forces gouvernementales ont réussi à repousser les opposants armés, tandis que les régions, à population kurde, sont sous la contrôle des forces locales. Le commandant de l’armée libre syrienne (opposition) a été, grièvement, blessé, lors d’une explosion. Les médias qualifient cet incident de signe de faiblesse des opposants armés.

Trois points ressortent de ces constatations :

1) Malgré deux ans d’agitation et de violences, le gouvernement du Président Bachar al-Assad est encore assez puissant, pour maintenir ses positions.

2) L’opposition risque de se diviser, complètement. Moaz al-Khatib a démissionné. Le Premier ministre, nommé par les opposants, est critiqué de toutes parts, et le commandant de l’armée libre syrienne a été, grièvement, blessé. Le geste de la Ligue arabe, pour donner le siège de la Syrie aux opposants et la décision du Qatar de remettre l’ambassade syrienne, à Doha, aux opposants syriens, ne peuvent pas cacher la faiblesse de l’opposition.

3) Les nouvelles venant de l’intérieur de la Syrie concernant l’usage des armes chimiques, par les opposants armés, a renforcer la réticence des soutiens occidentaux de l’opposition, de sorte qu’ils ont diminué, considérablement, le niveau de leur soutien politique et logistique aux opposants.

Dans ce contexte, la communauté internationale semble s’approcher de la position des pays, comme la Russie et l’Iran, qui s’opposent aux interventions irresponsables des puissances étrangères, dans les affaires intérieures de la Syrie. En effet, Moaz al-Khatib a annoncé, lui aussi, que ce qui l’a amené à démissionner de son poste, c’est que l’opposition n’a plus un soutien international significatif.

La question qui se pose est celle du comportement ambigu des pays occidentaux, quant aux événements, qui se produisent, en Syrie. Ils croyaient longtemps que la lutte armée contre le gouvernement syrien faciliterait, très vite, la chute du gouvernement du Président Bachar al-Assad. Cette fausse évaluation les a amenés à imposer des sanctions très dures à Damas et à annoncer, à haute voix, leur intention de soutenir l’opposition, jusqu’à la chute du gouvernement syrien.

Cependant, malgré une mobilisation internationale, très large, les événements qui se sont produits, sur le terrain, n’ont pas confirmé les évaluations des pays occidentaux. Le gouvernement syrien n’était pas aussi faible qu’ils le croyaient. En dépit du soutien des pays, comme l’Arabie saoudite, aux éléments d’Al-Qaïda, le gouvernement syrien a résisté à toutes les pressions. Ceci a amené l’Occident à réviser sa position, de sorte que l’Union européenne reporte sa réunion, pour intensifier les sanctions contre Damas. Mais jusqu’où le statu quo pourra-t-il durer, en Syrie ?

IRIB

jeudi, 28 mars 2013


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