COMITE VALMY

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A propos du CRIF, d’Israël
et de l’antisémitisme en France
par Jean Lévy

dimanche 31 mars 2013, par Comité Valmy


Chaque année, les dirigeants politiques, ceux qui exercent le pouvoir comme ceux qui l’ont perdu, se font un devoir de participer au dîner du CRIF.

Mais c’est quoi le CRIF ?

C’est une officine autoproclamée qui prétend représenter "tous les juifs de France".

Mais c’est quoi "Tous les juifs de France" ?

C’est une "communauté", disent les uns, à l’égal de celles "noirs", des "homosexuels", des "gens du voyage".

C’est un "peuple" mondial, ajoutent d’autres.

Ces qualifications des Français d’origine juive, en tant que "communauté", "peuple", sont une invention récente, qui les séparent des autres citoyens français. Il faut remonter aux années 30, pour avancer une telle césure dans la population. et celle-ci était alors le fait des futurs collabos de l’Occupant. Pour ceux-ci, les JUIFS formaient un groupe étranger dans la nation, groupe qu’il fallait, de ce fait, éliminer.

Aujourd’hui, certes, il ne s’agit plus de cela.

Mais la notion de "communauté" enferme les citoyens dans des cases spécifiques , selon leur religion, leur origine, la couleur de leur peau, leur choix de vie.

Rien à voir avec les classes sociales - ceux qui exploitent et ceux qui sont exploités.

C’est même tout le contraire : dans une communauté, il n’y a plus d’ouvriers et et plus de patrons.

Et donc plus de lutte de classes.

Rien à voir non plus avec les termes de "citoyens" et de "nation", termes qui rappellent fâcheusement la Révolution.

La France serait donc l’addition des diverses communautés qui la composent.

Mais revenons au CRIF.

Sa vocation serait, selon lui, de rassembler l’ensemble de la "communauté" juive vivant en France.

Ce qui pose naturellement la question : c’est quoi un "juif" ?

Vient naturellement aux lèvres la réponse : quelqu’un qui pratique la religion juive.

Eh bien, pas du tout : pour le CRIF, est catalogué juif, toute personne qui compte dans sa famille, en remontant loin dans son arbre généalogique, des arrières, arrières grands parents qui étaient, eux, de confession juive

Qui est catalogué, dans l’histoire récente, comme juif ?

Les réponses varient avec les pays.

En Israël est juif celui dont la mère est juive, le père - s’il ne l’est pas - ne compte pas.

Pour les nazis, trois grands-parents qualifiés de juifs vous faisaient un juif, au regard de la loi du 3ème Reich, dont l’idéologie était revendiquée comme raciste.

Pour le CRIF, est juif toute personne dont des ascendants se réclamaient de la religion juive, quels que soient sa philosophie actuelle et son choix d’être ou n’être pas "communautarisé".

Ces considérations montrent que la notion de "judéité", définie par le CRIF, n’a donc rien à voir avec la seule religion.

Donc, en pays laïc comme l’est la France, le fait religieux n’est plus pris en compte depuis la Révolution. Tous les citoyens sont proclamés égaux, qu’ils revendiquent ou pas une religion.

Dans notre pays, ne devraient être considérés comme juifs, que les seuls citoyens qui revendiquent eux-mêmes la qualité de juifs. Avoir des ascendant juifs est une notion personnelle, sans rapport avec la Loi. C’est un citoyen comme les autres, quelle que soit son origine, y compris étrangère. L’ambassade du pays d’où sa famille serait venue un jour, ne le considère pas comme un de ses ressortissants.

Parle-t-on de communauté polonaise ou italienne pour les Français, qui ont un ascendant venu naguère de ces pays ?

Ce n’est pas, nous l’avons vu, l’avis du CRIF, qui à une conception élargie du problème.

Le CRIF impose de fait la "double nationalité" - morale pour le moins - à toute personne qu’il considère, ou qui se considère comme juif : elle est Française, certes, mais elle doit également se sentir EN TOUTE OCCASION solidaire de l’Etat d’Israël, en tant qu’Etat JUIF.

Cette soumission morale à un Etat étranger conduit le CRIF à crier à la trahison quand un Français, étiqueté comme juif dénonce la politique de l’Etat hébreu, l’apartheid de fait qu’il inflige au peuple palestinien colonisé, les crimes qu’il commet à son égard.

Les autorités de Tel Aviv, comme le CRIF, définissent ceux qu’ils étiquettent "Juif", comme faisant partie d’un même peuple ( !) séparé en diverses diasporas (en France, aux Etats-Unis...Israël constituant son berceau d’origine.).

Rien n’est plus faux que cette affirmation : il n’y a pas un peuple juif éparpillé dans le monde, mais des populations ayant adopté, à un moment de l’histoire, et dans telle ou telle région du globe, la religion juive. Il s’agit donc de conversions collectives et non de segments fragmentés d’un soit-disant "peuple juif", descendant du "royaume juif" de l’Antiquité.

Qu’ont en commun les juifs askinazes d’Europe de l’Est les juifs séfarades d’Afrique du Nord ? Sinon, la religion !

Un grand intellectuel israélien, Shlmo Sand, le démontre dans de savants ouvrages savants.

Aussi, la campagne tapageuse du CRIF qui vise à réunir sous sa coupe, LA "communauté juive" de France, veut faire de celle-ci un ensemble homogène à double obédience, française et...israélienne.

En effet, le CRIF ne cache pas ses liens étroits avec l’Etat, qui se dit juif, et avec l’Ambassade de celui-ci à Paris. Cette osmose entre Israël et le CRIF conduit les membres de cette organisation à faire allégeance à un Etat étranger, puisque toute personne d’origine juive, critiquant la politique de cet Etat, est considérée comme traître à "son pays"...

Cette attitude n’est-elle pas source d’antisémitisme, en faisant des "juifs" des individus à part et seulement "à moitié" français ?

C’est pourquoi la politique communautariste du CRIF est dangereuse.

Dans ces conditions, la présence affichée, aux dîners du CRIF, des représentants du pouvoir , que celui-ci se dise de "gauche" ou qu’il soit de droite, n’est que le reflet des liens qui unissent le monde politique français et Israël, cet Etat étant une puissance intégrée stratégiquement à l’Occident et à son bras armé, l’Otan.

Toute autre considération "humaniste", la dénonciation permanente de l’antisémitisme dans toute critique de la politique d’Israël, n’est que rideau de fumée et hypocrisie de l’idéologie dominante.

Mise en ligne CV : 30 mars 2013


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