COMITE VALMY

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LIBERTE, DEMOCRATIE, SOUVERAINETE POPULAIRE ET NATIONALE, PROGRES SOCIAL !

VOEUX DU COMITE VALMY POUR LA FRANCE REPUBLICAINE JANVIER 2006

jeudi 28 mai 2009, par Comité Valmy


La France connaît une crise sévère qui s’est aggravée en 2005. Pourtant elle n’est pas cet « l’homme malade » de l’Europe que stigmatise Nicolas Baverez dans le Monde daté du 30 décembre. La grande malade, pour rester dans l’imagerie médicale, c’est l’Europe du Capital. Rongée par le fédéralisme mondialisé et néo-libéral, elle évolue globalement dans la trop longue phase terminale d’une maladie incurable. Dans le contexte général de morbidité inhérent à cette Europe, la France est elle aussi contaminée par ce capitalisme intégriste, barbare, plus pathologique que jamais et qui rejette tout rôle potentiellement civilisateur de l’état-nation démocratique.

Pourtant, grâce à son Non à la constitution européenne, notre pays tend à se relever. Le peuple français possède une arme décisive : l’union des forces populaires autour de la réaffirmation de la République, du rétablissement de la démocratie, de la liberté de pensée, de la reconquête de la souveraineté populaire et nationale, et de la possibilité, ainsi rétablie, de mener une politique économique et sociale progressiste. En réalité, la France pourrait bien redevenir en 2006, en engageant ce processus libérateur, l’une des nations phares de l’Europe et du monde entier. L’enthousiasme populaire mondial qui a accueilli le Non de la France puis celui de la Hollande est significatif de l’audience internationaliste de notre peuple.

Baverez, ami de Sarkozy et tenant du « déclinisme », décrit 2005 comme étant pour la France « une année terrible, rythmée par des échecs et des crises qui, dans le droit-fil du collapsus social de 1995 et du krach civique de 2002, ont acté le déclin du pays et l’éclatement de la nation… L’échec du référendum a brisé un demi-siècle d’engagement européen, qui constituait le dernier axe stable de la diplomatie et de la vie politique nationales »… Il parle encore de « la marginalisation de la France en Europe et dans le monde », de « l’archaïsme d’un pays musée, en rupture avec la modernité du XXIème siècle ». De « désintégration du pseudo-modèle français »… Pour le monde du travail, pour le peuple, 1995 est une année qui comporte un aspect très positif. Elle vit se développer un puissant mouvement social et l’une des premières grandes actions de masse contre les attaques réactionnaires liées à l’Europe de Maastricht et qui devaient détruire les services publics et plus d’un siècle de conquêtes sociales.

En 2002, la France n’a pas connu de krach civique. L’élection présidentielle n’a pas permis de chasser du pouvoir - dans un même élan républicain - le couple Chirac-Jospin, qui venait, lors du sommet de Barcelone, de participer à des décisions ultra-libérales infâmes, antidémocratiques et profondément antisociales, dont nous payons les conséquences aujourd’hui. Cette année-là fut tout de même porteuse d’espoir puisqu’elle a vu un peuple déterminé mettre à la retraite d’office un premier ministre social-libéral, particulièrement acharné dans la mise en pratique de la politique néo-libérale de l’Europe mondialisée. L’éclatement de la nation et le déclin du pays dont parle monsieur Baverez, la destruction méthodique de la République, ne sont pas l’œuvre du peuple de France mais bien celle des Chirac, Jospin, Giscard, Sarkozy et de leurs amis de droite ou de la fausse gauche qui alternent au pouvoir afin d’appliquer leur programme commun, le Traité de Maastricht.

La destruction de la France, de la Nation et de l’Etat - obstacles à la mondialisation et vecteurs de la démocratie - programmée par l’impérialisme états-unien et par les eurolâtres, est mise en œuvre par une social-démocratie dogmatique, investie par le nihilisme national de ses dirigeants trotskistes, tout autant que par la droite néo-pétainiste. L’engagement européen d’un demi-siècle n’est en aucun cas celui du peuple français, mais celui d’une oligarchie de droite et de « gauche » fanatisée et surtout motivée par la quête d’une part du gâteau et qui se coopte, accapare et se partage le pouvoir depuis des décennies. Loin d’être « le dernier axe stable de la diplomatie et de la vie nationales » il se traduit au contraire par une diplomatie croupion et vassalisée, par le renoncement national. La phase de résistance exaltante contre la nouvelle agression coloniale des USA envers le peuple irakien s’est faite contre la volonté de la majorité des gouvernements de cette Europe américaine.

Mais la France populaire résiste. Elle ne sera jamais le pays musée ou marginalisé des fantasmes de tel ou tel économiste libéral ou des portes-parole de la pensée unique dans des médias domestiqués par le pouvoir de la finance euro-mondialisée. Quelle est cette modernité du XXIème siècle dont il est question chez monsieur Baverez, lequel, de manière ambiguë, se demande « quels principes utiliser pour refonder une nation » et pour qui le « moteur de la modernité peut repartir en 2007 » ? Pour le Comité Valmy, la modernité ne se trouve pas dans les délocalisations, la casse des services publics et la régression sociale, ni dans les recettes de l’Europe néo-libérale. La modernité, c’est le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, c’est une République revivifiée, c’est la souveraineté populaire, c’est l’indépendance nationale par rapport à l’impérialisme du capital mondialisé, en premier lieu, celui des Etats-Unis et de son appendice européen. C’est aussi un Etat–nation solide avec une vision stratégique indépendante, capable d’interventionnisme dans l’économie et de favoriser une politique sociale volontariste, capable encore de nationaliser à nouveau et de planifier démocratiquement son développement. La modernité, c’est de remplacer la tyrannie européenne actuelle par une politique internationaliste d’alliances, dans l’intérêt national de chacun, avec les autres peuples et nations de notre continent, avec ceux de l’arc méditerranéen, du Maghreb, de l’Afrique, de la francophonie et bien d’autres…

La modernité, c’est aussi une politique de paix face à la menace de "guerres préventives" des dirigeants US, à leur stratégie de choc des civilisations et d’activation de secteurs intégristes au sein des religions monothéistes. C’est la recherche d’un front uni défensif des peuples libres et des nations souveraines qui irait de l’Amérique du Sud à Pékin en passant par un axe Paris-Berlin-Moscou.

La crise des banlieues quant à elle, est la crise du capitalisme. Elle n’exprime pas pour l’essentiel, la « désintégration du pseudo-modèle français ». En France, depuis de nombreuses années, le pouvoir de la « gauche » ou de la droite supranationales travaille à imposer une Europe néo-libérale basée notamment sur le postulat que la concurrence doit être libre et non faussée. Les conséquences de cette politique ne sont pas seulement la dégradation de la situation économique et sociale pour le peuple dans son ensemble, mais aussi l’essor favorisé du communautarisme et la mise en cause de la laïcité. Dans les cités ghettos il y a souvent des maffias, une économie souterraine illégale et une volonté de prosélytisme de certains milieux intégristes. Mais il y a surtout, comme partout dans le pays, des citoyens français en révolte et que l’on doit envisager comme appartenant à une pépinière de militants potentiels, républicains, progressistes et patriotes, à convaincre.

Dans les vœux de Jacques Chirac aux Français nous relevons un éloge du patriotisme et de la République qui est présentée comme un projet collectif. Cette prise de position conforme à la vision politique des républicains patriotes que nous sommes, est malheureusement radicalement contredite plus loin, dans le même discours, par cette affirmation antinationale et antirépublicaine, fédéraliste : « On ne peut pas attendre. C’est pourquoi je prendrai rapidement des initiatives pour relancer la construction de l’Europe politique »… Dans laquelle de ces deux visions, contradictoires et antagonistes, Jacques Chirac est-il sincère ? Une fois de plus la duplicité est érigée en méthode de gouvernement et de manipulation du peuple. L’Europe politique que veut Chirac, c’est à dire le fédéralisme, est incompatible avec la survie de la France, de la République, de la Nation et de l’Etat.

La vérité se trouvait déjà dans le refus chiraquien de tenir compte du Non des Français au référendum sur la constitution européenne. Ce refus antidémocratique de la souveraineté populaire est manifestement commun à la droite au pouvoir et à la majorité de la direction du Parti socialiste.

Devant cette réalité incontournable, il n’est pas étonnant que, de plus en plus nombreux, des militants isolés et des groupes républicains organisés appellent à construire une alternative politique nouvelle, contre tous les responsables de la situation actuelle et afin de combattre politiquement l’ensemble des fédéralistes disqualifiés, qui ont prôné le oui au référendum. Ce défi historique sera relevé, nous n’en doutons pas, malgré les difficultés que cette entreprise comporte. Le Comité Valmy est favorable à la constitution méthodique d’un rassemblement populaire autour de la République, de la souveraineté populaire et nationale, du progrès social et de la démocratie. Il prendra toute sa part à cette démarche politique de mobilisation populaire que devrait connaître 2006.

Claude Beaulieu, André Bellon, Gilles Bachelier, 1er janvier 2006.


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