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McCain et le risque d’un « scénario algérien » en Egypte : pourquoi les armées algérienne et égyptienne dérangent
M. Aït Amara

samedi 17 août 2013, par Comité Valmy


John McCain au Caire, en février 2011. Les Frères musulmans étaient en voie d’être installés au pouvoir. D. R.

McCain et le risque d’un « scénario algérien » en Egypte :
pourquoi les armées algérienne et égyptienne dérangent

17 août 2013

Le candidat vaincu à la présidentielle américaine, John McCain, craint un glissement vers le « scénario algérien » en Egypte depuis la destitution du président islamiste Mohamed Morsi. McCain s’oppose à la position d’Obama face aux événements sanglants qui secouent le plus grand pays du monde arabe en nombre d’habitants, et l’appelle à cesser toute aide à l’armée égyptienne.

En évoquant le risque d’une répétition du « scénario algérien » en Egypte, McCain bloque les aiguilles de sa montre sur l’heure du renversement du régime des Frères musulmans, alors que l’Egypte est entrée de plain-pied dans le « scénario algérien » bien avant, c’est-à-dire au moment de l’arrivée des islamistes au pouvoir – à la faveur d’élections truquées et encouragées par l’Occident, le régime islamiste d’Ankara et la dictature moyenâgeuse du Qatar – et le début des attentats terroristes dans le Sinaï.

La réaction temporellement et politiquement décalée de cette haute personnalité américaine est la conséquence d’un aveuglement de la classe politique occidentale qui dure depuis trois décennies au moins.

John McCain s’inscrit en droite ligne de toutes les Administrations qui se sont succédé à la Maison Blanche depuis la décision d’armer et financer les extrémistes afghans contre l’envahisseur soviétique dans les années 1980. Depuis lors, les Etats-Unis n’ont pas cessé de s’afficher aux côtés des hordes fanatisées dans tous les pays musulmans insoumis au diktat américain (Irak, Algérie, Egypte et Syrie).

La sortie de McCain ne fait que confirmer cette tendance pérenne dans la politique étrangère de Washington qui voit en la mouvance islamiste une force idoine pour, à la fois, terroriser les populations dans leurs pays respectifs et se conformer aux directives américaines tout en feignant de s’y opposer par des discours incendiaires contre le « diable américain ».

C’est cette relation « secrète et corrompue » avec les islamistes que l’ancien président iranien, Abolhassan Bani Sadr, n’a pas cessé de dénoncer depuis son exil forcé en France. Bani Sadr est formel : « L’ensemble des groupuscules qui utilisent la violence dans le monde islamique ont soit été créés de toute pièce, soit soutenus par les Etats-Unis. »

En utilisant ces mouvements extrémistes, Washington a toujours cherché à affaiblir les Etats et les contraindre à dépendre de plus en plus de la puissance américaine, explique cet ancien président renversé par les Mollahs en juin 1981.

Le sursaut d’orgueil de l’armée égyptienne semble être la pièce manquante dans le puzzle américain. Washington a mal évalué le courage et le nationalisme de cette armée qui a choisi de sauver l’Egypte des visées néocolonialistes du Qatar et de la Turquie au détriment des aides fournies par le Pentagone. Dans leurs calculs, les Américains ont négligé un détail important : en Egypte comme en Algérie, l’institution militaire est assez forte pour faire échec aux démocraties de façade importées par des sous-traitants locaux pour mettre ces deux puissances régionales sous la botte de McCain.

M. Aït Amara


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