COMITE VALMY

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Honorius et Hollande, de la bêtise et de la trahison ?
Jacques Maillard

jeudi 5 septembre 2013, par Comité Valmy


Honorius et Hollande, de la bêtise et de la trahison ?

Il est un ouvrage que tout historien, tout politicien, tout intellectuel devrait lire pour aider à se faire un point de vue sur notre situation, sur la situation d’un pays en pleine mutation.
Edward Gibbon écrivit « Chute et déclin de l’empire Romain », juste avant la révolution française. L’acte final de la destruction de l’empire romain d’Occident fut la conquête de la Gaule, suivi du siège puis de la prise de Rome, dans la première décennie du Vème siècle. Les pages décrivant cette catastrophe sont parmi les plus belles et les plus saisissantes des milliers que comptent cette œuvre. Cette tragédie se déroula lors de l’un des plus longs règnes de Rome, celui d’Honorius, enfermé dans sa citadelle du nord de l’Italie. Ce règne, parsemé de crimes et de catastrophes, est un exemple à retenir pour qui veut montrer que bêtise, lâcheté, inculture, paranoïa et pratique du crime sont parfaitement compatibles avec bigoterie et accaparement du pouvoir. Juste avant l’invasion finale, dans un accès de paranoïa, Honorius et sa cour, décident d’exterminer dans une nuit toute l’armée d’Italie, composée en plus grande partie de mercenaires goths, et leur chef Stilichon, qu’ils accusaient de comploter avec l’ennemi, ainsi que leurs familles. En une nuit, toute l’Italie est le théâtre d’un massacre gigantesque. Des centaines de milliers de morts. Les survivants s’enfuient en Germanie, de l’autre côté du Rhin, et le premier janvier 407, avec les hordes germaniques ennemies, franchissent le Rhin gelé et dévastent la Gaule, puis l’Italie. En quelques mois l’empire est rayé de la carte, même s’il continue juridiquement. Selon Gibbon cette histoire montre que la bêtise atteint parfois un tel sommet qu’elle apparaît comme le plus grand complot de l’ennemi, comme l’œuvre de la trahison totale. Le suicide politique de l’empire d’Occident fut donc le résultat d’abord de la dégénérescence intellectuelle de son élite.

Retournons à notre douce et vieille France. Une longue série de décisions calamiteuses pour le pays (traité de Lisbonne, destruction du droit du travail, anglais dans les universités, traité transatlantique de libre échange...) ont déjà été prises et exécutées. Si par malheur Hollande et sa cour (essentiellement socialiste et verte, peuplée, comme celle de son prédécesseur, de « young leaders » choisis par les USA) continuait dans sa politique de violation du droit international, l’un des effets immédiats en serait la suppression du rôle du Conseil de Sécurité de l’ONU au profit de l’Assemblée générale. Dans le premier nous avons un droit de veto, richesse extraordinaire que tout gouvernement sensé devrait préserver comme la prunelle de ses yeux. Ce droit nous préserve d’une agression « légale » comme cela fut pratiqué en Irak, en Lybie et ailleurs. Il est un avantage énorme pour un pays de 65 millions d’habitants, moins de 1% de la population mondiale (7 milliards d’habitants) dus à l’histoire, aux combats de nos anciens. C’est un patrimoine fondamental, une assurance très précieuse, et contestée à l’étranger mais aussi par des politiciens inconscients de notre pays.

Or la politique actuelle est de se lancer dans une agression, opposée à tous les principes et fondamentaux de notre nation, de notre république et de notre peuple, en passant outre le Conseil de Sécurité de l’ONU, sous prétexte d’un « devoir d’ingérence humanitaire », évidemment stupide, fumeux, dangereux, criminel et hypocrite. Il est préconisé de s’appuyer sur l’Assemblée générale de l’ONU et non sur le Conseil de Sécurité. De surcroît cette agression se fait au profit d’entités étrangères ou privées, à l’opposé de tous nos intérêts historiques, envers un pays en grande partie francophone et abritant une minorité religieuse historiquement liée à notre pays.

Lancer des bombardements contre un pays est un acte de guerre qui viole le droit international, droit que notre constitution impose de respecter (article 14 du préambule). Un acte de guerre selon ce droit exige une déclaration de guerre qui doit être motivée par des raisons explicites (atteinte aux vies et aux intérêts fondamentaux des Français, ce qui n’est pas le cas, ou respect d’un traité) et « autorisée par le Parlement » (article 35 de la Constitution). Comme Hollande précise que nulle troupe ne sera envoyée à l’étranger, l’information du Parlement prévue à l’article 35 ne correspond pas du tout au cas d’espèce. Obéir à de tels ordres est un crime de trahison. La Syrie, elle, sera, suite à ces bombardements, en état de guerre et nous la déclarera, légalement, exigeant l’application des accords de défense prévus par l’ONU ou autres (avec la Russie, l’Égypte et l’Iran, notamment), et donc nous nous retrouverons en état de guerre, et pas seulement avec la Syrie. Et dans la position de l’agresseur, la pire. Tout Français est menacé dans sa personne, sa famille et ses biens, par cette politique insensée.

Mais il y a plus grave encore : en cas d’élimination du rôle du Conseil de Sécurité, ou de la perte de notre droit de veto, nous serions écrasés, cette fois-ci ou une autre, dans toute délibération de l’Assemblée générale de l’ONU. L’intervention dans nos affaires intérieures, sous prétexte de droits des minorités religieuses, linguistiques, ou autres, sera massive alors de la part d’ennemis ou de pseudo alliés qui depuis longtemps ne cherchent que l’occasion et la couverture pour piller ou éliminer notre pays du concert des nations. La classe politique et intellectuelle, de droite ou de gauche, qui suit Hollande dans cette politique d’agression, est complice d’une trahison, même si cette trahison n’est qu’un simple effet de la stupidité et de l’ignorance, comme celle commise par Honorius et sa très bigote cour. Le suicide de la nation française, si le peuple ne réagissait pas, serait total et définitif.

La trahison par la bêtise amena le suicide d’un empire. La France est plus petite, et la voie de la lucidité et de la raison devrait l’emporter, si ce n’est dans son « élite », au moins dans son peuple, vu son histoire, ses combats et son expérience.


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