COMITE VALMY

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« La révolution n’a pas changé le pouvoir, elle a changé le peuple »
Samir Amin et Mahmoud Hussein à propos de la situation en égypte

samedi 9 novembre 2013, par Comité Valmy


Samir Amin, économiste et président du Forum mondial des alternatives.

Samir Amin et Mahmoud Hussein à propos de la situation en égypte

« La révolution n’a pas changé le pouvoir, elle a changé le peuple »

Les révolutions arabes ont amené une nouvelle donne dans cette partie du monde : le peuple réaffirme désormais sa pleine souveraineté dans la cité.

P align="justify"> C’est l’idée prédominante défendue par trois penseurs égyptiens, Samir Amin, économiste et président du Forum mondial des alternatives, Mahmoud Hussein, pseudonyme commun de Bahgat El Nadi et Adel Rifaat, politologues et écrivains qui ont animé, mercredi dernier, une conférence à Alger sous le thème « Focus sur l’actualité du Monde arabe » à l’occasion du 18e Salon international du livre d’Alger. Adel Rifaat considère que la révolution de 2011 a amorcé une « gigantesque transformation » de la scène politique égyptienne. « La révolution n’a pas changé le pouvoir, elle a changé le peuple. Le paysage socioéconomique n’a pas changé, le pouvoir est détenu par les mêmes élites, mais le rapport entre les gouvernés et les gouvernants a été bouleversé », constate-t-il.

P align="justify">Il ajoute : « Jusqu’en janvier 2001, le peuple continuait de reconnaître la légitimité de l’autocrate. On reconnaissait au despote le droit d’être à sa place car, au pays des Pharaons, la légitimité procédait d’un mandat céleste. Aujourd’hui, quelque chose dans l’ADN du peuple a changé. » Il accueille favorablement l’avènement d’une personne responsable d’elle-même qui décide d’être responsable de son pays. « C’est désormais la place publique qui donne une légitimation ou une délégitimation au pouvoir », précise-il. Bahjat Nadi fait remarquer que si les années cinquante ont été marquées par les mouvements de libération nationale, 2011 est l’année de « la libération individuelle ». Il se pose néanmoins la question de savoir si la révolution a rempli ses promesses. « Les révolutions cherchent leur voie », analyse-t-il.

P align="justify">Pour le célèbre polémiste Samir Amin, la révolution égyptienne est un moment d’intervention massive du peuple égyptien dans la vie politique. « Il faut la replacer dans la longue durée. Depuis Mohammed Ali, l’Egypte a connu des avancées et des moments de stagnation, de recul, de déclin assez longs. La période allant de l’arrivée au pouvoir d’Anouar Sadate jusqu’à la chute de Moubarak en fait partie, elle fut marquée par la soumission de l’Egypte et le démantèlement de ses capacités de modernisation », explique-t-il.

Une aide internationale biaisée

P align="justify">L’Egypte amorce, d’après lui, une nouvelle période d’essor qui aura, selon ses dires, des limites, des avancées et des reculs. Pour lui, la question est de savoir « quel projet souverain pour l’Egypte actuelle ? Quel projet souverain pour l’Algérie actuelle ? » N’ayant pas renoncé à ses penchants de gauche, il soutient que l’aide internationale est « un instrument pour imposer le néolibéralisme » et que « les Etats-Unis, Israël et les monarchies du Golfe, ont un intérêt commun : l’Egypte ne doit pas entrer dans une phase d’essor car une Egypte debout sur ses pieds réduit la capacité impérialiste. Israël ne pourra ainsi poursuivre son projet de colonisation en Palestine et au-delà et les pays du Golfe ne pourront asseoir leur hégémonie basée sur le dollar et le wahhabisme ».

P align="justify">Pour lui, L’Egypte et l’Algérie sont les deux pays arabes ayant la possibilité réelle d’un projet souverain. « Il est important, souligne-t-il, de replacer l’islam politique dans ce cadre : il est utile et nécessaire pour la soumission des peuples de la région. » Il précise, à cet effet, que le 25 janvier 2011, les Frères musulmans soutenaient encore Moubarak. Le parti a rallié le mouvement lorsqu’il est devenu victorieux. Samir Amin souligne que l’Egypte a eu beaucoup de chance car les Frères musulmans ont démontré leur incapacité en un temps record.

Amel Blidi


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