jeudi 19 novembre 2009, par Comité Valmy
Nous poursuivons notre réflexion sur « l’identité nationale », entamée hier sur notre blog. Pour sa part, France Inter a fait de même, aujourd’hui, au cours de son émission le « 7/9 du week-end ».
Stéphane PAOLI & Sandra FREEMAN ont invité ce dimanche, pour débattre du sujet :
Henriette Walter, professeur émérite de linguistique à l’université de Haute-Bretagne à Rennes, et ex-directrice du laboratoire de phonologie à l’École pratique des hautes études à la Sorbonne.
Sophie Duchesne, docteure en sciences politiques. Chargée de recherches au CNRS et au centre d’études européennes de sciences Po. et
Jean-Claude Heudin, directeur du laboratoire de recherche de l’Institut international du multimédia-Léonard-de-Vinci.
Les animateurs de l’émission ont voulu absolument orienter la discussion autour de l’idée :
« Doit-on parler d’une identité nationale ou d’identités nationales au pluriel ? ».
A l’appui de cette question, l’argumentation avancée repose sur la multiplicité des apports permanents faits à « l’identité nationale », qui en briserait l’unicité, et des influences nouvelles, l’intégration européenne, les rapports étroits franco-allemands, et enfin, les effets de la mondialisation. Ces facteurs, pour les meneurs de jeu, rendraient donc caduc, le concept même de « identité nationale ».
Et de lui opposer « l’universalisme », légué par Voltaire et Rousseau.
On voit la manœuvre : la philosophie des Lumières, ouverte sur le monde, face à une notion désuète, fermée et réductrice. Autrement dit « réactionnaire ».
C’est faire bon marché du contenu réel de « l’identité nationale » et de la réalité de notre histoire. Rousseau et ses écrits, par exemple, n’ont-ils pas largement influencés Robespierre, qui a porté très haut la notion de citoyenneté, inséparable de la Nation et de la souveraineté du peuple ?
Or, en niant l’actualité de « l’identité nationale », ce sont justement la nation et la souveraineté populaire que l’on voudrait mettre en cause.
Allons plus avant dans l’examen du contenu de cette identité.
Qui conteste les apports multiples qui l’ont façonné au cours des siècles ?
Qui prétend confondre identité et uniformité ?
Les parents, les enfants, les ascendants constituent une famille ayant des liens étroits, des relations particulières entre ses membres, alors que chaque personne qui compose cet ensemble possède un caractère propre, peut avoir des origines géographiques ou culturelles diverses.
Ce qui ne met pas en cause ce qui unit ce groupe humain.
« L’identité nationale » est un sentiment d’appartenance à un ensemble d’hommes et de femmes, qui, d’abord, partagent une langue commune, qui leur permet de communiquer entre eux, et par ce biais, de se comprendre. Ils forment ainsi une communauté, c’est-à-dire un peuple non replié sur lui-même, lié par une histoire commune du pays où ils sont nés ou qu’ils ont adopté.
Ce peuple a en commun les luttes menées pour son indépendance et les combats livrés pour sa propre souveraineté.
Certes, chacun prend, dans cet héritage la part en harmonie avec son éducation, son milieu, sa culture.
Il faut reconnaître, cependant que les possédants, ceux qui détiennent l’autorité et la richesse, font peu de cas de la souveraineté populaire qu’ils considèrent comme une menace pour leurs privilèges. Et quand ceux-ci sont menacés, ils n’hésitent pas à larguer toutes les valeurs nationales.
- Ce fut le cas lors de la révolution française, où le roi et les nobles firent appel aux armées étrangères pour reconquérir leur pouvoir.
- Ce fut le cas en 1814-1815, où Louis XVIII dut son trône aux vainqueurs de la France, dans Paris occupé,
- Ce fut le cas en 1871, où contre le peuple patriote insurgé, monsieur Thiers chercha l’aide auprès des Prussiens pour écraser la Commune de Paris.
- Ce fut le cas en juin 1940, où les « élites » se rangèrent, par peur et par intérêt, sous la protection de l’occupant nazi, dans le cadre de l’Europe allemande.
- C‘est encore le cas de nos jours : ces mêmes « élites » n’hésitent pas à jeter par-dessus bord souveraineté populaire et indépendance nationale, en faisant de la France, un land européen.
Si certains camouflent leur attitude sous couvert d’une fausse identité, qualifiée pour l’occasion de « nationale », d’autres utilisent le faux nez de « l’universalité », biais commode pour nommer leur soumission européenne et atlantique.
N’en déplaise aux négateurs de l’histoire, qui mieux que les 23 de « l’Affiche rouge », pouvaient exprimer à la fois « l’universalité », qu’ils nommaient eux, les communistes, « l’internationalisme » - « Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand » concluait Manouchian - , et « l’identité nationale », en criant « la France en s’abattant » ?