COMITE VALMY

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Source : Communistes de Vénissieux

L’IDENTITE NATIONALE CONTRE LA NATION - Protéger l’Union Européenne de toute souveraineté nationale par PAM

samedi 21 novembre 2009, par Comité Valmy


Protéger l’Union Européenne de toute souveraineté nationale

Quelques jours après avoir frôlé l’indignité nationale avec le renvoi de deux jeunes réfugiés afghans dans un pays en pleine guerre, le ministre Besson se repositionnait en lançant un grand débat sur l’identité nationale, initiative très vite prise en main par Nicolas Sarkozy, quelques jours après avoir commémoré la fin de la plus grand boucherie du XXième siècle sur l’air de la "Francallemagne", main dans la main avec Merkel.

Sans oublier les préoccupations politiciennes et électorales de court terme, pourquoi une telle initiative au fonds ?

L’initiative de Besson a pu paraitre conjoncturelle, se donnant des airs de grand dirigeant porteur de grands messages, au moment où il était mis en cause avec force par de très larges courants d’opinions, y compris à droite, après sa décision d’expulser deux jeunes réfugiés afghans.

Mais ce samedi 14 Novembre sur France Inter, les buts de la manoeuvre apparaissaient clairement dans le contenu de la discussion. Un historien vient répéter que l’identité nationale est un concept toujours politique, utilisé toujours en période difficile pour assoir la puissance politique, et que bien sûr, à l’heure de la construction européenne, c’est une erreur puisque la nation n’est plus le cadre utile aux enjeux désormais planétaires [1]

L’élément central de la contradiction que vise Sarkozy est ainsi clairement identifié, la nation ! La nation a toujours été honnie par la bourgeoisie qui depuis les mariages princiers, jusqu’aux croisières des nouveaux riches, se sait toujours apatride, ou plus précisément de la seule patrie patrimoniale, mais elle a toujours du s’en occuper pour la maitriser et interdire au peuple de s’en saisir pour s’affirmer et l’organiser pour ses propres intérêts.

Dans la plus fidèle de ses traditions, la droite "nationale" tente donc une nouvelle fois de construire une identité nationale réactionnaire, afin de donner une assise politique à des réformes antipopulaires qui dissolvent les acquis républicains et du conseil national de la résistance dans une technocratie européenne. En réaction, les démocrates "modernes" qui ne voient dans la nation qu’une vieux cadre populiste dangereux, affirment comme jamais leur choix européiste, leur conception d’une démocratie de la gouvernance éclairée des élites contre les peuples, du marché généralisé dans la libre circulation contre toute souveraineté populaire.

Ce sont les deux versants du piège de l’identité nationale, ceux que les médias vont mettre en scène, jouant de l’un contre l’autre dans les paroles, pour mieux jouer l’un et l’autre contre ce qui inquiète les deux... la colère potentielle de peuples qui décideraient de réaffirmer leur souveraineté, souveraineté qui a inquiété les bourgeoisies antinationales surprises par les référendums français, hollandais puis irlandais...

Il faut une critique radicale et de cette identité nationale pétainiste et de son refus anti-populaire pour permettre d’affirmer avec force la nécessité du choix national et internationaliste pour le monde du travail ! Cela suppose d’affirmer à la fois une conception du peuple qui refuse le piège de l’identité, et une conception de la nation qui refuse le piège du nationalisme.

D’abord en refusant cette identité singulière qui nous feraient "un". Nous sommes chacun individuellement des croisements culturels, géographiques, génétiques, sentimentaux.. Que nous disons "je suis d’un village", "je suis d’un père", "je suis d’une tradition", nous nous mentons, et nous opposons ce mensonge aux autres. Car nous sommes toujours d’ici et d’ailleurs, y compris de là où nous avons rêvé d’être, d’un père, d’une mère et de nos histoires familiales, d’une culture métissée transmise par nos grands-mère, par nos cours d’école et par nos animateurs adolescents. Notre seule identité collective, c’est notre histoire, ce sont nos luttes, et donc nos contradictions, nos luttes de classe ! La France a connu la résistance et la collaboration, le colonialisme et l’anticolonialisme, la solidarité et l’injustice... Ce qui nous permet d’affirmer qu’il existe une identité française singulière, c’est le choix de la république contre le choix des baronnies, le choix de la résistance contre le choix de la défaite... Quelques soient les identités multiples des individus et des groupes, ce sont leurs rencontres sur les barricades qui fondent ce que nous pouvons après coup nommer une identité française. Et si cette histoire doit se poursuivre, c’est en désignant aujourd’hui où sont les barricades et en désignant clairement de quel coté de cette barricade se trouve ceux qui parlent !

Ensuite en éclairant ce qui attaque la nation qui n’est jamais mise en cause par les frottements cultures ou religieux pour eux-mêmes, mais toujours par les puissances qui les utilisent pour imposer la force d’un état prédateur et répressif. C’est l’Union Européenne, ce syndicat des gouvernements, qui attaque la nation, pas l’immigration ! C’est le marché qui crée le communautarisme, pas la foi !

Sarkozy met en oeuvre avec force et à l’époque des médias de masse la vieille pratique bonapartiste de s’appuyer sur le peuple pour écraser le peuple.
- Il viole le vote souverain du NON français de 2005 en imposant la constitution et en organisant la guerre idéologique pour faire céder l’Irlande, et il mène campagne en promettant la renaissance française
- il met en cause la loi de séparation de l’église et de l’état, fragilise la laïcité en affirmant que seules les religions répondent aux questions humaines, et mène campagne contre les signe religieux
- il organise le communautarisme, en premier lieu celui des riches, celui qui fait de Bush et de Ben Laden des cousins d’affaires, de Chirac le meilleur ami de Hassan II, mais aussi celui qui organise l’islam en France sur les rapports de force entre communautés d’origines, celui qui organise la domination d’un CRIF profondément réactionnaire sur des juifs qui furent une des composantes historiques du mouvement communiste, mais il mène campagne médiatique pour une identité nationale qui sauverait le peuple de ces divisions d’origines !

La bataille idéologique lancée sur l’identité nationale n’est pas seulement un élément de plus, mais le fonds idéologique de la guerre sociale, la nécessité d’un mensonge d’état destiné à enfermer le peuple dans une représentation qui désarme par avance toute résistance possible. On connait l’adage des spécialistes du marketing, il faut toujours mentir avec vigueur sur ses points faibles... Quand un patron vous annonce de bons résultats, c’est qu’il veut vous exploiter encore plus, quand il vous annonce une restructuration pour sauver l’entreprise, c’est qu’il cherche à s’en débarrasser pour sauver son capital.

C’est au cœur du mensonge permanent du marché sur l’origine du profit que nait le mensonge permanent du capitalisme. La vérité lui est insupportable et l’invention de l’élection du président de la république au suffrage universel permettant la prise du pouvoir par Bonaparte illustre le rôle essentiel de cette guerre idéologique consubstantielle au capital :

- Quand Sarkozy parle de ceux qui se lèvent tôt, c’est qu’il défend la vacuité et l’inutilité de ceux qui gagnent trop

- Quand Sarkozy parle de la nation, c’est qu’il en viole la souveraineté, organise son désarmement et sa dilution dans la technocratie européenne

- Quand Sarkozy parle d’identité nationale, c’est qu’il prépare de nouveaux abandons sur la langue française, de nouvelles réductions budgétaires pour la culture, de nouvelles mesures de reconnaissances des courants communautaires

- Quand Sarkozy parle d’industrie, c’est qu’il organise une administration fascisante qui mène la guerre contre les grévistes ouvriers, contre les syndicats qui résistent aux délocalisations

- Quand Sarkozy parle de grand emprunt pour la France, c’est qu’il cherche comment faire exploser les revenus financiers, et prélever encore plus sur les salaires

Pour un communiste, la question est primordiale ! Car si les grandes luttes de 1995, des enseignants de 2003, des salariés contre la casse de la Secu, si les grandes manifestations de 2009 n’ont pas permis de résister à la guerre sociale contre les acquis du conseil national de la résistance, c’est bien que l’unité du peuple reste à construire, que le grand roman national appelle de nouvelles révoltes, de nouvelles résistances, de nouveaux rassemblements populaires pour de nouvelles révolutions. Et ce grand rassemblement a besoin d’identités multiples se retrouvant sur la même barricade, celle des luttes de classes.

[1] le plus souvent, pour les européistes, planète et europe sont synonymes, le reste étant les enfers, états-uniens ou asiatiques

pam- vendredi 20 novembre 2009

4 Messages de forum

  • Je souscris totalement à ce texte,je voudrai l’illustrer par mon cas personnel ,je suis né en Algerie en 1945 ,j’ai frequenté l’école(Jules Fery) de la république .Mes parents musulmans ne m’ont pas empéché (vers les 12ans)de fréquenter l’eglise evangélique du quartier ,la seule chose qui me reste de cette fréquentation c’est que Jésus était un berger et nous ses brebis égarées(à douze ans je trouvais cela étrange !),je suis résté musulman ,et il m’arrive d’aller à la messe en souvenirde cette période et du prétre rencontré à l’Hopital de Ville Evrard où il essayait d’apporter le réconfort aux Malades.maintenant pour l’identité pour moi qui suit d’une culture Franco Arabo(Maghreb) Berbére je me sent l’Héritier des lumiéres des revolutionnaires de 89 de la commune ,de l’esprit de novembre 1954 et de Mokrani en 71.De 1917 et de la Resistance d’autant plus que je suis Gaulliste et Communiste.Quand à l’ europe je suis pour l’Europe des Nations et des Peuples et donc contre l’Europe des MARHANDS qu’on veut nous imposer,pour ce qui est du sentiment National on devrait au plus haut niveau de l’Etat stigmatiser ceux qui croulent sous la fortune et qui s’expatrient pour payer moins d’impots. VIVE LA REPUBLIQUE,VIVENT L’ALGERIE ET LA FRANCE ET VIVE LA NATION
    • Lecture affligeante, que ce texte, comme de façon générale à peu près tout ce qui s’écrit sur le sujet depuis que le caprice prit à Besson de lancer ce débat. On dirait, à lire les différents points de vue, qu’il n’y a pas de position intermédiaire possible entre deux pôles extrêmes : d’une part l’idée que ne seraient en droit de se considérer Français que ceux qui ont des ancêtres remontant aux croisades, ou mieux encore, jusqu’à Clovis, et d’autre part, l’opinion de ceux qui, comme Jean-Luc Mélenchon, estiment que tout individu en possession d’une pièce d’identité française serait automatiquement Français à part entière. Apparentée à ce dernier point de vue est la thèse, maintes fois entendue, selon laquelle l’identité française consiste en l’adhésion, sans plus, aux valeurs républicaines. Le présent article va plus loin encore dans ce sens, assimilant l’identité française à la lutte de classes, à condition bien sûr de se trouver du bon côté de la barricade ― avec le corollaire que quiconque se trouve du mauvais côté ne serait pas Français, ou un mauvais Français. On aboutit donc à ceci : n’est Français que celui qui partage mes opinions politiques ; mes contradicteurs, en revanche, sont de mauvais Français.

      Je veux bien admettre qu’une certaine culture politique, incarnée dans un ensemble d’institutions, fasse partie ausside l’identité française, mais c’est une déformation monstrueuse que de postuler que cette culture politique serait toute l’identité française, à l’exclusion de tout autre élément constitutif. Les valeurs républicaines, auxquelles les Français ont évidemment raison d’être attachés, constituent une idéologie politique, non une identité nationale ; en tant qu’idéologie, elle peut s’appliquer à n’importe quel pays ; corollairement, on peut être Français sans adhérer à l’idéologie républicaine. L’identité française transcende en grande partie les parti-pris politiques. On peut être français et monarchiste.

      Chercher à donner une définition politique à la qualité de Français conduit donc à une impasse. Au demeurant, je rechigne à parler d’identité nationale, je préfère utiliser le terme de civilisation française. Cela permet de poser le problème sur le seul plan qui, selon moi, vaille : le plan culturel. Est Français celui qui est de culture française ― culture étant à prendre au sens large : non seulement les beaux-arts, les grandes œuvres du passé, mais aussi les habitudes culinaires, les paysages (naturels, mais aussi en tant qu’ils ont été transformés par la main de l’homme), un certain esprit, une histoire commune (y compris les barricades !), tout cet art de vivre français qui attire tant de touristes en France chaque année (touristes qui ne font pas le long déplacement vers la France pour s’entendre répéter des principes idéologiques abstraits). La France, c’est avant tout un patrimoine, mort et vivant, à la fois figé et en perpétuelle mutation. Qu’il est réducteur de vouloir définir le Français sur la seule base de la place qu’il occupe dans le processus de production ! ― cela en faisant litière, délibérément, des éléments culturels, charnels, que je viens d’indiquer, alors que ces éléments sont non seulement les déterminants de son identité, mais donnent aussi substance à sa vie, sont source de plaisir, et le tiennent chaud, si je puis dire, à la différence des principes abstraits et froids, évoqués, avec un stalinisme glacial, dans l’article. L’auteur dudit article réussit la gageure (il est vrai qu’il n’est pas le seul) à ne pas laisser tomber une seule fois le mot culture, ou littérature, ou gastronomie, ou même esprit français, mots tous fâcheusement évacués, engloutis dans l’hypertrophie du politique.

      D’où vient cette réticence à nommer les éléments qui font réellement la singularité française, et qui la distinguent des autres nations ? Parce que, dixit Mélenchon, toute définition autre que la simple détention de la carte d’identité française conduit fatalement à des dérives, et aussi à exclure les populations immigrées. C’est une idée fausse, puisqu’il n’est pas demandé aux immigrés d’avoir des ancêtres remontant à Clovis, et la définition culturelle de la qualité de Français n’est nullement chromosomique. Tout individu, quelle que soit la couleur de sa peau ou quelles que soient ses origines (souchardes ou étrangères) peut embrasser la civilisation française (j’aime bien le mot embrasser, il exprime si bien la chose). Est-ce de droite que de solliciter les candidats citoyens français (de même, du reste, que les Français de souche eux-mêmes) à bine vouloir être les dépositaires du patrimoine culturel au sens large, quitte bien sûr à en critiquer, voire à en rejeter, certains aspects, à le transformer etc., et à charge pour eux de l’enrichir, de le vivifier, l’important étant qu’ils consentent à entrer en dialogue avec ce patrimoine, et ne lui tournent pas le dos, comme on le voit hélas parfois. Parler de civilisation française, et inviter les citoyens qui vivent sur le territoire à l’embrasser, c’est n’exclure personne. Est Français quiconque a le désir de le devenir, au sens culturel du terme.

      • Bonjour,

        Merci de votre article tres interessant et cependant revelateur de la hauteur a laquelle se debat va se cantonner : Je m’explique : Je pense comme d’autres (Jacques Cheminade :http://www.solidariteetprogres.org/) que ce debat n’a pas besoin d’avoir lieu. C’est de l’audimat, traquage de l’Autre notre semblable. Le vrai debat est bien celuui dont votre site parle avec justesse, a savoir les valeurs inscrites dans la Declaration Universelle des Droits de l’Homme’Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée nationale, considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d’exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que les actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés ; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution, et au bonheur de tous. En conséquence, l’Assemblée nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être Suprême, les droits suivants de l’homme et du citoyen.’ Pour une lecture approfondie voir :http://justice-liberte.blogspot.com/

      • Si j’ai choisi la France comme seconde Patrie c’est bien sur parceque j’ai fréquenté l’ecole de la Republique ,mais c’est aussi parceque la France reconnait la double nationalité prolongeant de cette sorte la politique initiée par la Commune de Paris qui a confié des roles importants aux etrangers auquels elle reconnaissait la qualité de citoyens.Je precise que j’ai demandé ma reintegration dans la citoyenneté Française en 1985 aprés que la gauche ait regularisé les sans papiers en 1981,c’est la France généreuse que j’aime et reconnais comme Patrie ,le reste les lumiéres, la Révolution de 1789 ,la commune aurait pu se produire dans probablement d’autres pays d’europe mais c’est tombé sur la France voila tout.quand à aimer la cuisine française et les paysages Français c’est une question d’habitude j’aime de la meme maniére la cuisine et les paysages Algériens ! VIVE LA REPUBLIQUE ,VIVENT LA FRANCE ET L’ALGERIE ET VIVE LA NATION

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