COMITE VALMY

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Déficit : Berlin opposé à la demande de Paris
Nicolas Barotte

Voir aussi le sondage IFOP sur l’Europe que nous publions aprés cet article

samedi 5 avril 2014, par Comité Valmy


Wolfgang Schäuble, ministre des Finances de la zone euro. Crédits photo : YORGOS KARAHALIS/REUTERS

Publié le 03/04/2014
Le ministre des Finances Allemand fait remarquer que la France a déjà bénéficié « deux fois » d’un report.

Le souhait de la France d’obtenir un nouveau délai ne pouvait pas réjouir le gouvernement allemand. Sceptique sur la capacité de son voisin à se réformer, l’Allemagne a accueilli avec circonspection les déclarations de François Hollande, puis du ministre des Finances Michel Sapin, qui demandent la clémence de Bruxelles. Interrogé mercredi en marge de la réunion à Athènes des ministres des Finances de la zone euro, Wolfgang Schäuble a d’ailleurs repris les mots d’Oli Rehn, le commissaire européen chargé des affaires économiques, peu enclin à l’ouverture, qui avait fait remarquer que la France avait déjà bénéficié « deux fois » d’un tel report. « La France connaît ses obligations », a ajouté le ministre des Finances allemand avec fermeté. Inutile d’en dire plus.

De son côté, le patron de la Bundesbank, Jens Weidmann, a rappelé la règle du jeu en Europe et invité Paris à être « conscient de sa responsabilité dans le fonctionnement de ce cadre réglementaire ». Mario Draghi a pour sa part été encore plus clair. « En matière de politique budgétaire, les pays de la zone euro ont réalisé d’importants progrès pour corriger les déséquilibres du passé », a rappelé le président de la BCE à Francfort. Avant de conclure, en pensant à la France : « Saper les règles établies sape la confiance. »

C’est peu dire que l’Allemagne n’a pas été convaincue par les réformes engagées en France. Selon un rapport confidentiel cité par le Financial Times, Berlin avait estimé que la France n’avait pas rempli en 2013 les conditions nécessaires pour bénéficier d’une flexibilité budgétaire. Mais les annonces de François Hollande, lors de sa conférence de presse de janvier, ont été applaudies par le gouvernement allemand. Wolfgang Schäuble avait évoqué des réformes « courageuses ».

Merkel = Bismarck

À Berlin, on craint que le gouvernement Hollande, en relâchant la pression, ne renonce aux réformes structurelles. Michel Sapin est donc attendu de pied ferme, même si Wolfgang Schäuble a assuré être prêt à travailler avec lui. « Les relations entre la France et l’Allemagne sont si étroites que nous travaillons ensemble même avec des points de vue différents », a poursuivi le ministre des Finances. Figure de la CDU, il s’entendait parfaitement avec Pierre Moscovici, son ancien homologue français.

Avec le départ de Jean-Marc Ayrault et de Pierre Moscovici, le gouvernement Valls est moins germanophile que le précédent. Mais, à Berlin, on assure être prêt à dépasser ces contingences personnelles. Surtout que Wolfgang Schäuble aura à traiter avec Michel Sapin, et non avec Arnaud Montebourg, qui avait comparé il y a deux ans Angela Merkel à Bismarck. C’est déjà ça.


***

Note du Comité Valmy :

Sondage IFOP de mars 2014 « Regards sur l’Europe », paru le 4/4/2014
« Une majorité des Français estime que l’appartenance de leur pays à l’Union européenne est plutôt une mauvaise chose. »

http://www.ifop.com/media/poll/2587-1-study_file.pdf

« En janvier 2014, 52% des Français considèrent que pour leur pays c’est plutôt une mauvaise chose d’appartenir à l’Union européenne. »

« Le désir de garder l’euro est à son plus bas niveau en France depuis le début de la crise. »

« En janvier 2014, 38% des Français souhaitent abandonner l’Euro. »


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