COMITE VALMY

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« Ne changez pas le climat, changez le système. »

Le socialisme est la voie du salut de la planète - Hugo Chavez

Sommet des Nations unies sur le changement climatique,

vendredi 18 décembre 2009, par Comité Valmy

deuxième partie du discours de Chavez http://www.dailymotion.com/video/xbjp22_chavez-a-copenhague-22-soustitre-fr_news

Voir en ligne : Chavez à Copenhague première partie

Discours prononcé par Hugo Chavez Frias, président de la République bolivarienne du Venezuela, au Sommet des Nations unies sur le changement climatique, à Copenhague, le 16 décembre 2009

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, Excellences, chers amis,

Je vous promets de ne pas parler plus longuement que celui qui a parlé le plus ici, cet après-midi.

Permettez-moi un premier commentaire, que j’aurais voulu aborder avec le point précédent, traité par les délégations du Brésil, de Chine, de l’Inde et de la Bolivie. Depuis notre place, nous avons demandé la parole, mais il ne nous a pas été possible de la prendre.

La représentante de Bolivie a dit –j’en profite pour saluer le camarade président Evo Morales, ici présent (Applaudissements), président de la République de Bolivie-, elle a dit entre autres choses ce qui suit –je l’ai noté sur ce papier : « Le texte présenté n’est pas démocratique, il ne part pas d’une politique d’inclusion ».

A peine suis-je arrivé que nous avons entendu la présidente de la séance précédente, la ministre, dire qu’il y avait un document, mais personne ne le connaît. J’ai réclamé le document, mais il ne nous est pas encore parvenu. Je crois que personne ne sait au juste ce que c’est que ce document, il doit être « top secret ». La camarade bolivienne n’avait donc pas tort de dire : « Il n‘est pas démocratique, il ne part pas d’une politique d’inclusion ».

Mais, Mesdames et Messieurs, ceci n’est-il pas justement à l’image de la réalité du monde ? Vivons-nous dans un monde démocratique ? Le système mondial se base-t-il sur l’inclusion ? Y a-t-il une once de démocratie ou d’inclusion à attendre du système mondial actuel ? Cette planète est régie par une dictature impériale, et depuis cette tribune, nous continuons de le dénoncer. A bas la dictature impériale, et vivent les peuples, la démocratie et l’égalité sur cette planète ! (Applaudissements)

L’exclusion que nous constatons ici en est le reflet. Il existe un groupe de pays qui se croient supérieurs à nous, ceux du Sud, à nous, ceux du tiers monde, à nous, les sous-développés, ou, comme le dit le grand ami Eduardo Galeano : nous, les pays écrasés par l’histoire qui nous est passée dessus comme un train.

Il n’y a donc vraiment pas lieu de s’en étonner : il n’y a pas de démocratie dans ce monde, et nous sommes confrontés ici, une fois de plus, à une preuve évidente de l’existence de la dictature impériale mondiale.

Deux jeunes gens ont fait irruption ici, bien heureusement les forces de l’ordre se sont comportées correctement, il n’y a eu qu’une petite bousculade, et ils se sont montrés coopératifs, si j’ai bien compris…

Mais dehors, vous savez, il y a beaucoup de monde. Bien sûr, ils ne tiennent pas tous dans cette salle. J’ai lu dans la presse que quelques personnes ont été arrêtées, qu’il y a eu des manifestations intenses dans les rues de Copenhague, et je tiens à saluer tous ces gens qui sont dehors, des jeunes pour la plupart (Applaudissements). Ce sont des jeunes qui s’inquiètent, et avec raison, beaucoup plus que nous de l’avenir du monde. La plupart d’entre nous qui sommes dans cette salle ont le soleil dans le dos, alors qu’eux le reçoivent en pleine figure, et ils s’en inquiètent sérieusement.

On pourrait dire, Monsieur le Président, qu’un spectre hante Copenhague, pour paraphraser Karl Marx, le grand Karl Marx. Un spectre hante les rues de Copenhague, et je crois qu’il hante cette salle en silence, il est là, parmi nous, il se glisse dans les couloirs, monte, descend. Ce spectre est un spectre qui épouvante tellement que presque personne n’ose même le nommer. Ce spectre, c’est le capitalisme ! (Applaudissements) Presque personne n’ose le nommer, mais il s’appelle capitalisme, et les peuples grondent dehors, entendez-les !

Je lisais certains des slogans que les jeunes scandaient dans les rues, et je crois en avoir entendu de nouveau quelques-uns quand ces deux jeunes gens ont fait irruption ici. J’en cite un : « Ne changez pas le climat, changez le système. » (Applaudissements). Je le reprends à notre compte : Ne changeons pas le climat, changeons de système, et c’est ainsi que nous pourrons commencer à sauver la planète. Le capitalisme, ce modèle de développement destructeur, est en train d’en finir avec la vie, il menace de détruire définitivement l’espèce humaine.

Un autre slogan donne à réfléchir, parce qu’il est tout à fait d’actualité, avec cette crise bancaire qui a ébranlé le monde et qui continue de le secouer, et la manière dont le Nord riche a volé au secours des banquiers et des grandes banques. Les Etats-Unis à eux seuls… Le montant de la somme qu’ils ont versée pour sauver les banques est astronomique, on s’y perd… Voilà ce qu’on dit dans la rue : « Si le climat avait été une banque, il aurait déjà été sauvé. » Et je crois que c’est vrai (Applaudissements). Si le climat avait été une banque capitaliste, une des plus grandes, il y a belle lurette que les gouvernements riches l’auraient sauvé.

Je crois qu’Obama n’est pas arrivé. Il a reçu le prix Nobel de la Paix pratiquement le même jour où il envoyait 30 000 soldats de plus tuer des innocents en Afghanistan, et le président des Etats-Unis va se présenter ici auréolé du prix Nobel de la Paix.

Les Etats-Unis détiennent la planche à billets, la machine à faire des dollars. C’est ainsi qu’ils ont sauvé, ou du moins croient avoir sauvé, les banques et le système capitaliste.

Bien, ceci était un commentaire en marge. Je voulais le faire avant, je levais la main pour pouvoir accompagner le Brésil, l’Inde, la Bolivie, la Chine, soutenir leur position intéressante et dire que le Venezuela et les pays de l’Alliance bolivarienne la partagent totalement, mais la parole ne m’a pas été donnée. Je vous demande seulement de ne pas compter ces minutes, M. le Président, ce n’était qu’une petite mise au point. (Applaudissements)

Figurez-vous que j’ai eu le plaisir de rencontrer ici cet écrivain français, Hervé Kempf. Je vous recommande vivement ce livre, il existe en espagnol -Hervé est par ici-, en français bien sûr et en anglais sûrement : Comment les riches détruisent la planète, d’Hervé Kempf. Voilà pourquoi le Christ a dit : « Il sera plus facile de faire passer un chameau par le chas d’une aiguille que de faire entrer un riche au Royaume des Cieux. » C’est ce qu’a dit le Christ, Notre Seigneur. (Applaudissements)

Les riches détruisent la planète. Ils veulent peut-être aller s’installer dans une autre quand ils auront fini de détruire celle-ci. Peut-être caressent-ils ce projet. Mais pour le moment, on n’en voit pas d’autre à l’horizon de la galaxie.

J’ai feuilleté ce livre dès qu’il m’est parvenu - c’est Ignacio Ramonet, lui aussi présent dans cette salle, qui me l’a offert - et je retiens du prologue ou du préambule cette phrase, significative. Voilà ce qu’écrit Kempf : « Nous ne pourrons pas réduire la consommation de biens matériels à l’échelle mondiale si nous ne faisons pas en sorte que les puissants diminuent la leur de plusieurs crans, et si nous ne combattons pas l’inégalité. Il est nécessaire d’adjoindre au principe écologiste, si utile à l’heure de la prise de conscience –penser globalement et agir localement–, un autre principe qu’impose la situation : consommer moins et distribuer mieux. »[1] C’est là un bon conseil que nous donne l’écrivain français Hervé Kempf.

Monsieur le Président, le changement climatique est sans aucun doute le problème environnemental le plus dévastateur de ce siècle : inondations, sécheresses, tempêtes sévères, ouragans, dégel ; montée du niveau moyen de la mer, acidification des océans, vagues de chaleur… Tous ceci aggrave l’impact des crises mondiales qui s’abattent sur nous.

L’activité humaine actuelle dépasse le seuil du développement durable et met en danger la vie sur la planète. Mais, je tiens à le souligner, nous sommes là aussi profondément inégaux. Les 500 millions de personnes les plus riches, soit 7%, sept pour cent, seven, de la population mondiale, ces 7% sont responsables de 50% des émissions polluantes, alors que la moitié la plus pauvre de la population de la planète – la moitié, 50% – n’émet que 7% des gaz polluants. Voilà pourquoi je m’étonne : il me paraît bizarre de solliciter ici la Chine et les Etats-Unis dans les mêmes termes. Les Etats-Unis comptent peut-être 300 millions d’habitants, et la Chine, cinq fois plus. Les Etats-Unis consomment plus de 20 millions de barils de pétrole par jour, et la Chine arrive à peine à 5 ou 6 millions. On ne peut pas demander la même chose aux Etats-Unis et à la Chine. Voilà un sujet qui mérite discussion. Espérons que les chefs d’Etat et de gouvernement pourront s’asseoir ensemble et discuter ces questions pour de bon, cartes sur table.

En outre, Monsieur le Président, 60% des écosystèmes de la planète sont endommagés, et 20% de l’écorce terrestre est dégradée. Nous avons été les témoins impassibles de la déforestation, de la conversion de terres, de la désertification, des altérations des systèmes d’eau douce, de la surexploitation des ressources marines, de la contamination et de la perte de la diversité biologique. La surexploitation de la terre dépasse de 30% sa capacité de régénération. La planète perd sa capacité d’autorégulation, elle est en train de la perdre. Nous produisons chaque jour bien plus de déchets que nous ne sommes capables d’en traiter. La survie de notre espèce est une question qui hante la conscience de l’humanité.

Malgré l’urgence, deux années de négociations se sont écoulées pour élaborer une seconde série d’engagements sous le Protocole de Kyoto, et nous participons à cette réunion sans être parvenus à un accord réel et significatif.

Soit dit en passant, sur ce texte surgi du néant - c’est ce qu’ont dit certains, dont le représentant chinois - le Venezuela annonce, les pays de l’ALBA, de l’Alliance bolivarienne annoncent que nous n’accepterons pas, qu’on le sache déjà, d’autre texte que celui qui provient des groupes de travail, du Protocole de Kyoto et de la Convention. Ce sont des textes légitimes qui ont donné lieu ces dernières années et ces dernières heures à des débats intenses. Je crois que vous n’avez pas dormi. Vous n’avez ni déjeuné ni dormi, c’est bien cela ? Il ne semble pas logique, dans ces conditions, qu’un texte surgisse du néant, comme vous le dites.

Aujourd’hui, en ce moment même et jusqu’à présent, de toute évidence l’objectif scientifiquement établi de réduire les émissions de gaz polluants et de parvenir à un accord de coopération à long terme semble avoir échoué. Quelle en est la raison ? Il ne fait aucun doute que la raison est l’attitude irresponsable et le manque de volonté politique des nations les plus puissantes de la planète. Que personne ne se sente blessée. Je ne fais que reprendre les propos du grand José Gervasio Artigas quand il affirmait : « Avec la vérité, je n’offense ni ne crains personne » ; mais il s’agit vraiment d’une attitude irresponsable, caractérisée par ses tergiversations, son exclusion, sa manipulation élitiste d’un problème qui nous incombe à tous et que nous ne pourrons résoudre que tous ensemble.

Le conservatisme politique et l’égoïsme des grands consommateurs, des pays les plus riches, révèlent un manque de sensibilité et de solidarité flagrant envers les plus pauvres, les affamés, les plus vulnérables aux maladies et aux désastres naturels.

M. le Président : il est indispensable de parvenir à un nouvel et seul accord applicable à des parties absolument inégales, par l’ampleur de leurs contributions et de leurs capacités économiques, financières et technologiques, et basé sur le strict respect des principes énoncés dans la Convention.

Les pays développés devraient contracter des engagements contraignants, clairs et concrets de réduction de leurs émissions, et assumer des obligations d’assistance financière et technologique aux pays pauvres, pour faire face aux dangers destructeurs du changement climatique. A cet égard, la situation particulière des Etats insulaires et des pays les moins développés devrait être pleinement reconnue.

M. le Président : le changement climatique n’est pas le seul problème qui frappe aujourd’hui l’humanité. D’autres fléaux et d’autres injustices nous guettent. Le fossé qui sépare les pays riches des pays pauvres n’a cessé de se creuser en dépit de tous les Objectifs du millénaire, du Sommet de Monterrey sur le financement, de tous ces sommets, comme le faisait remarquer ici le président du Sénégal, qui dénonçait une grande vérité : les promesses, tant de promesses non tenues, alors que le monde continue sa marche destructrice.

Le revenu total des 500 individus les plus riches du monde est supérieur au revenu des 416 millions de personnes les plus pauvres. Les 2,8 milliards de personnes qui vivent dans la pauvreté, avec moins de deux dollars par jour et qui représentent 40% de la population mondiale –je dis bien 40% de la population de la planète !– se partagent seulement 5% du revenu mondial.

Aujourd’hui, environ 9,2 millions d’enfants meurent avant l’âge de cinq ans, et 99,9% de ces décès ont lieu dans les pays les plus pauvres. La mortalité infantile est de 47% décès pour 1 000 naissances vivantes ; mais elle est de 5 décès seulement dans les pays riches. L’espérance de vie sur la planète est de 67 ans, mais de 79 ans dans les pays riches et de 40 ans seulement dans certains pays pauvres.

En outre, il existe 1,1 milliard d’habitants privés d’accès à l’eau potable ; 2,6 milliards sans services sanitaires et plus de 1,02 milliard de personnes affamées. Tel est le tableau actuel du monde.

Mais, et la cause ? Quelle en est la cause ? Parlons-en un peu, ne nous dégageons pas de nos responsabilités, n’éludons pas la profondeur du problème. La cause, sans l’ombre d’un doute –je reviens sur cette question– de tout cette situation désastreuse, c’est le système métabolique destructeur du capital et son modèle incarné : le capitalisme.

J’ai ici une citation que j’aimerais vous lire, brièvement, de ce grand théologien de la Libération, Leonardo Boff, qui comme chacun sait, est brésilien, c’est-à-dire « notre-américain ».

Voici ce que dit Leonardo Boff sur cette question : « Qu’elle est la cause ? Eh bien, la cause c’est le rêve de vouloir chercher le bonheur à travers l’accumulation matérielle et du progrès sans fin, en recourant à la science et à la technique, avec lesquelles on peut exploiter de manière illimitée toutes les ressources de la Terre ». Et il cite quelque part Charles Darwin et sa théorie de la sélection naturelle, la survie des plus forts ; mais nous savons que les plus forts survivent sur les cendres des plus faibles.

Jean-Jacques Rousseau –il est bon de s’en souvenir– signalait quant à lui : « Entre le faible et le fort, c’est la liberté qui opprime ». C’est pourquoi l’empire parle de liberté : la liberté d’opprimer, d’envahir, d’assassiner, d’anéantir, d’exploiter, voilà sa liberté. Et Rousseau ajoute la phrase libératrice : « Seule la loi libère ».

Certains pays s’amusent à empêcher qu’un document soit adopté à cette rencontre. Pourquoi ? Parce que, précisément, ils ne veulent pas de loi, ils ne veulent pas de norme, car le fait qu’il n’y ait pas de norme leur permet d’exercer leur liberté d’exploiter, leur liberté destructrice.

Faisons un effort et faisons pression, ici et dans les rues, pour qu’ici, de cette rencontre, naisse un engagement, un document qui engage les pays les plus puissants de la Terre ! (Applaudissements).

M. le Président : Leonardo Boff se demande –vous avez connu Leonardo Boff ? J’ignore si Leonardo a pu faire le voyage. J’ai fait sa connaissance au Paraguay ; je l’ai toujours beaucoup lu– : « Une Terre finie peut-elle supporter un projet infini ? ». La thèse du capitalisme du développement infini est un modèle destructeur. C’est un état de fait et nous devons l’accepter.

Et Boff de nous demander : « Que pouvons-nous attendre de Copenhague ? » A peine ce simple aveu : nous ne pouvons plus continuer ainsi, et un objectif simple : nous allons changer de cap ? Faisons-le, mais sans cynisme, sans mensonges, sans doubles agendas, sans documents issus du néant, et avec la vérité comme valeur ultime.

M. le Président, Mesdames et Messieurs, depuis le Venezuela nous demandons jusqu’à quand allons-nous permettre de telles injustices et de telles inégalités ? Jusqu’à quand allons-nous tolérer l’actuel ordre économique international et les mécanismes de marché en vigueur ? Jusqu’à quand allons-nous permettre que de grandes épidémies comme le VIH/sida déciment des populations entières ? Jusqu’à quand allons-nous permettre que les affamés soient privés de la possibilité de se nourrir et de nourrir leurs enfants ? Jusqu’à quand allons-nous permettre que des millions d’enfants continuent de mourir de maladies curables ? Jusqu’à quand allons-nous permettre des conflits armés qui massacrent des millions d’être innocents à seule fin que les puissants puissent s’approprier les ressources d’autres peuples ?

Que cessent les agressions et les guerres ! C’est que nous, les peuples du monde, demandons aux empires, à ceux qui prétendent continuer de dominer le monde et à nous exploiter. Nous ne voulons plus de bases militaires impériales ni de coups d’Etat ! Construisons un ordre économique et social plus juste et équitable. Eradiquons la pauvreté. Stoppons immédiatement les niveaux élevés d’émission de gaz, freinons la dégradation environnementale et évitons la grande catastrophe du changement climatique. Adhérons au noble objectif d’être tous plus libres et solidaires !

M. le Président, il y a près de deux siècles, un Vénézuélien universel, libérateur de nations et précurseur de consciences, légua à la postérité cet apophtegme, chargé de volonté : « Si la nature s’oppose, nous lutterons contre elle et nous la forcerons à nous obéir ». C’était Simon Bolivar, le Libertador.

Depuis le Venezuela bolivarien où, un jour comme aujourd’hui… à propos, il y a exactement dix ans que nous avons vécu la plus grande tragédie climatique de notre histoire, la tragédie dite de Vargas ; depuis ce Venezuela dont la révolution tente de conquérir la justice pour tout son peuple, uniquement possible à travers la voie du socialisme… Le socialisme, cet autre spectre dont parlait Karl Marx, se promène aussi par là-bas ; mais il s’agit plutôt d’un « contre-spectre ». Le socialisme est la voie à suivre, c’est la seule voie qui permettra de sauver la planète, je n’ai pas l’ombre d’un doute là-dessus. Et le capitalisme est le chemin de l’enfer, le chemin qui mènera à la destruction du monde.

Le socialisme, depuis ce même Venezuela qui, pour cette même raison, est en butte aux menaces de l’empire nord-américain, depuis les pays qui forment l’ALBA, l’Alliance bolivarienne, nous lançons notre exhortation. J’aimerais, avec tout le respect que je vous dois et du plus profond de mon âme, au nom de beaucoup sur cette planète, exhorter les gouvernements et les peuples de la Terre, en paraphrasant Simon Bolivar, le Libertador : Si la nature destructrice du capitalisme s’oppose, alors luttons contre elle et forçons-la à nous obéir ; n’attendons pas le bras croisés la mort de l’humanité.

L’histoire nous appelle à l’union et à la lutte. Si le capitalisme s’oppose, nous sommes dans l’obligation de livrer la bataille contre le capitalisme et d’ouvrir les voies du salut de l’espèce humaine. Cette tâche nous incombe à tous, sous les bannières du Christ, de Mahomet, de l’égalité, de l’amour, de la justice, de l’humanisme, du véritable et plus profond humanisme. Si nous ne le faisons pas, la plus merveilleuse création de l’univers, l’être humain, disparaîtra, elle disparaîtra !

Cette planète à des milliards d’années, et elle a vécu pendant des milliards d’années sans nous, l’espèce humaine. Autrement dit, elle n’a pas besoin de nous pour exister. Par contre, nous ne pouvons pas vivre sans la Terre, et nous sommes en train de détruire la Pachamama, comme dit Evo, comme disent nos frères aborigènes d’Amérique du Sud.

Pour conclure, M. le président, écoutons Fidel Castro lorsqu’il a dit : « Une espèce est en voie d’extinction : l’Homme ». Ecoutons Rosa Luxembourg lorsqu’elle a lancé : « Socialisme ou barbarie ». Ecoutons le Christ rédempteur lorsqu’il dit : « Bienvenus les pauvres, car le royaume des cieux leur appartient ».

M. le Président, Mesdames et Messieurs, soyons capables de faire de cette Terre non pas la tombe de l’humanité ; faisons de cette Terre un ciel, un ciel de vie, de paix et de fraternité pour toute l’humanité, pour l’espèce humaine.

M. le président, Mesdames et Messieurs, merci beaucoup et bon appétit (Applaudissements)

15 Messages de forum

  • Merci au Comité Valmy d’avoir donné la totalité traduite en français de ce discours.

    Les références au christianisme d’Hugo Chavez ne sont pas folkloriques car nous savons qu’il est profondément chrétien. Cependant, dénoncer l’Empire... et se référer au christianisme, cela ne fait pas très sérieux. En effet, l’Empire dure depuis Rome, a duré des siècles et des siècles sous la protection du Vatican et passe et passera de mains en mains... avec le même genre d’illuminés... L’Empire a comme ferment le christianisme. Que dis-je, comme ferment ! Allons donc ! Comme ordonnateur..., en vérité. On a envoyé missionnaires sur missionnaires pour que les prétendus "païens" soient convertis et sauvés... Mais en réalité, on ne faisait que les réduire au commun dénominateur de la servitude... car si les soldats n’avaient point précédé ces missionnaires, ils les suivaient ! C’était "Abjure tes "faux" dieux et tu auras la vie sauve ! En réalité, c’était entrer dans la mort, celle qui fit que les 90 millions d’amérindiens se comptent presque sur les doigts des deux mains aujourd’hui quant à leurs Bantoustans !!!! (Ne parlons pas des Noirs ! C’est même topo et même logo !)

    Et ce christianisme ordonnateur nous vient d’où ? De ce sentiment qu’on est soi-mêmes élus et que l’on porte le devoir d’illuminer le monde de ce que l’on sait...

    Une Vraie Pathologie ! Ce dieu unique qui ne partage absolument rien et qui est si jaloux de son hégémonie !!!

    Et là, si l’on veut parler de ferment à cet état psychologique, il faut bien remonter au monde des hébreux... inventeurs du monothéisme. Hébreux qui, aujourd’hui, en sionistes, se trouvent en union avec les évangélistes chrétiens pour être les fers de lance du Capitalisme, donc : de l’Empire ! Et cela, comme s’ils s’entendaient pour une conclusion : la domination universelle ou la fin du monde !

    Les uns l’ont depuis longtemps par la Finance, cette domination et cette fin du monde, les autres la revendiquent pour le Pouvoir !!! C’est-à-dire : le spectacle. La Guerre, les envahissements, les expéditions punitives, les coups d’Etat, les assassinats, les déportations, les emprisonnements...

    Hugo Chavez devrait vraiment réfléchir à son christianisme. La Foi ne fait aucunement l’innocence ! Et en tant que descendant d’amérindiens, c’est presqu’une honte de s’avouer chrétien. Sait-il combien de centaines de milliers de tonnes de sang le seul sang du christ a fait couler par le monde durant ces 2000 ans ???

    Voir en ligne : http://www.amaranthes.fr

    • Svp ne gachez pas un tel discours avec des pamplhets sur les dévots qui n’ont rien avoir dans le contexte !

      Le ridicule,ici, c’est vous...

    • Je ne sais ce qui est le plus admirable du discours de Hugo Chavez ou de votre commentaire !! Je crois que le vôtre corrige et compléte celui-ci .

      Merci à vous deux et aussi au Comité Valmy .

      Voilà matière à penser qu’il ne faut pas désespérer de l’humanité !! C’est par elle et elle seule que nous serons sauvés ou perdus .

    • Le socialisme est la voie du salut de la planète - Hugo Chavez 20 décembre 2009 13:30, par Jean-Paul LEGRAND
      Le christianisme n’est en rien contradictoire avec la libération humaine. Seules les églises et leur hiérarchie de classe l’ont instrumentalisé. L’idéologie des Evangiles pleines de paraboles porte les prémices de l’humanisme contemporain. Je vais régulièrement au Venezuela. Tout un peuple construit le socialisme en se référant au Christ et à Marx ! C’est ainsi, on ne construit pas une société nouvelle à partir de rien, mais toujours à partir de l’histoire nationale et populaire et dans l’internationalisme. Le Président Chavez incarne ce mouvement révolutionnaire et le représente admirablement avec conviction et courage. Jean-Paul Legrand
    • Le socialisme est la voie du salut de la planète - Hugo Chavez 20 décembre 2009 14:21, par Bison Agile

      Trop franco-française, cette réaction. Nulle part ailleurs qu’en France, la foi en Christ et les velleités d’émancipation populaires y compris marxistes sont considéré comme incompatibles.

      C’est simplement faux. Je vote à l’extrême gauche depuis toujours, et je vais à la messe le dimanche. Je vais communier, au sens le plus fort, avec les blessés, les laissés pour compte, les pauvres et les oubliés d’un système odieux. Avec, aussi, ceux qui, sans vraiment s’en rendre compte, le perpétuent, ce système.

      Tous sont des prisonniers.

      Mais il y a des boiboîtes idéologiques qui ont la vie dure au pays de la loi de 1905.

      Regardez. Qui se sert, aujourd’hui, de la laicité, pour réclamer qu’on ajoute "laïcité" au tryptique liberté, égalité, fraternité : trois notions émminement chrétiennes et reconnues comme telles, d’ailleurs, par un certain pape ? L’UMP pétainiste actuelle.

      C’est la droite libérale qui n’a STRICTEMENT rien de commun avec la foi chrétienne, avec l’enseignement du Christ.

      Il ne faudrait pas le confondre, lui, le Christ, lui et sa Parole qui libère, qui affranchit, qui soulève, avec le bras séculier d’une certaine institution. Hugo Chavez est la voix du peuple, la voix des peuples. Que son socialisme s’inspire du christianisme, au sens d’une religion (lien) avec l’Eternel qui n’est qu’Amour, est une chance inouïe pour toute l’humanité.

      J’espère que ce qu’il réalise au Venezuela pourra perdurer et triompher partout où les hommes en ont besoin. A commencer par chez nous, en France et en Europe et dans les pays les plus consuméristes du globe.

      Il y a un tout autre sens à la vie que le cercle infernal /produire pour consommer plus / consommer plus pour produire plus. Le productivisme de gauche est aussi haïssable que le productivisme de droite. Le productivisme est indissociable du capitalisme, qu’il soit d’Etat ou pas.

      Il faut l’écouter maintenant, la voix de Chavez, avant que l’Empire ne la fasse définitivement taire.

      Bison agile

      • Ce qui compte, c’est la plus juste répartition possible des richesses produites. Elle se fait forcément au détriment des riches, et en faveur des pauvres. Alors mieux vaut que parmi ceux qui pensent ainsi, il y ait aussi des croyants que de se sentir en sympathie avec les riches athées, du simple fait qu’ils sont athées. Si la religion aide des gens à vivre, ça ne gène personne, alors que l’accapparement de tout par certains, croyants ou athées, détruit des millions de vies humaines. Et puis c’est de bonne guerre de relever cette contradiction : dans les Ecritures il n’y a que des apologies de la pauvreté, accompagnées de condamanations sans appel des riches alors qu’à partir du Haut Moyen - Âge, les églises se mettent au service des riches et des puissants. Jean-Paul II préférait le Général Pinochet à la "théologie de la libération, c’est tout dire ! Pinochet était peut-être secrètement athée alors que certains des 3000 morts victimes de son coup d’état, perpétré avec l’aide de la CIA et des USA capitalistes, étaient peut-être croyants.
      • Il vous faut à tout prix mêler la religion et Dieu à toutes les affaires humaines !! Ne voyez-vous pas que cette IDEE ne fait que diviser les hommes. Vos commentaires ici et là en sont déjà la preuve sans parler des guerres de religion et des divisions qui se perpétuent de nos jours (au nom d’un même dieu ce qui est le comble) !!

        Quand les humains laisseront-ils ce dieu qui nous a abandonnés à notre sort (le voyez-vous agir en faveur des victimes innocentes ?) pour justement régler ENSEMBLE et pour le mieux les problèmes auxquels nous sommes confrontés ?

    • Je crois que vous devriez appréhender la différence entre Christianisme et Catholicisme
    • Le socialisme est la voie du salut de la planète - Hugo Chavez 21 décembre 2009 00:26, par Jean-Michel Dariosecq

      La religion (toutes les religions) est en effet souvent utilisée pour asservir les peuples mentalement, en complément de l’asservissement physique par les hommes d’armes (la fameuse alliance du sabre et du goupillon).

      Néanmoins, l’histoire montre qu’en pratique, le peuple a besoin de croire en des choses irrationnelles, des promesses d’éternité et de récompense ultérieure pour ses souffrances. Il a besoin de consolations, et il est à la fois inhumain et contre-productif de vouloir les lui retirer : quand on chasse la religion par la porte, elle revient par la fenêtre, et brandie alors par les pires salopards qui manipulent le peuple.

      C’est pourquoi l’expérience vénézuelienne actuelle me parait passionnante, car elle associe les valeurs marxistes de justice sociale à des croyances chrétiennes gentilles (il ne s’agit pas d’incitation aux croisades !).

      C’était donc peut-être ça LA bonne solution, LE bon syncrétisme face au capitalisme, qui lui, a su récupérer aussi bien les religions pour mettre des esclaves à genoux, que le marxisme pour inventer un capitalisme d’Etat (pas terrible non plus...).

      Donc tant que CHAVEZ parlera de dieu pour invoquer la justice pour les pauvres, et sans leur dire de se contenter de prier, mais au contraire les inciter à la résistance, je pense que nous n’avons pas de leçon à lui donner, mais plutôt à en attendre de lui...

  • Le socialisme est la voie du salut de la planète - Hugo Chavez

    20 décembre 2009 11:07, par spartacus
    les"grands" médias français non pas répercutés le discours de mr chavez et pour causes,ils sont a la solde du capital.le capitalisme est la voie de la destruction de la planéte,mais ça les journalustres,ceux qui lustrent les chaussures des élus et grands patrons dans les médias ne veulent pas le dire aux français.nous sommes de plus en plus nombreux à le comprendre et c’est tant mieux.
  • César, le plus grand politicien fait général et donc le plus grand des menteurs, a décrit la Guerre des Gaules... avec mille mensonges pour plaire aux sénateurs de Rome.

    Tant mieux pour les croyants qui vont tous derrière ses mots pour rechercher, qui Gergovie, qui Alésia, qui Uxellodunum...

    Personne ne sait où est vraiment Gergovie, personne ne sait où est vraiment Alésia : à Alise Sainte Reine, à Alaise, à Chaux des Croteray. Uxellodunum lui-même, divise le département du Lot entre Capdenac et le Puy d’Issolud... (Et il y a bien d’autres candidats à ce qui est certainement une invention d’un des lieutenants de César !!!)

    Similairement, les pères de l’Eglise, (toujours à ROME !) ont écrit, falsifié, ré-inventé les évangiles, afin de servir la propagande de l’Empire Chrétien Universel... Et vous, vous vous référez à un prétendu personnage plus vrai, plus essentiel, plus authentique... Et le plus fort, c’est que vous le trouvez dans autant de lieux divers qu’il existe de lieux divers pour Alésia, Uxellodunum etc.

    Vous êtes pitoyables... de bêler derrière un homme, certes génial et que nous aimons nous-mêmes (voir ici même... : http://www.amaranthes.fr/ONUchavez.html — et — http://www.amaranthes.fr/Hugo_Chavez.html), mais trop moutons pour dénoncer un aspect de lui qui est une honte pour la tragédie amérindienne comme pour la mise à sac de l’Afrique... etc.

    Bien sûr que vous êtes de bons "croyants" et dans votre ferveur, vous l’avez déjà installé dans un niche dorée avec une auréole...

    Cependant, c’est une erreur quant à l’humanité et quant à l’humain d’aller devant le monde entier et de brandir le drapeau d’une religion pour aider à pallier des problèmes de société, donc : affaires des hommes, cela veut dire qu’on n’a pas de fond. En effet, si les arguments ont besoin de poudre de perlinpin, c’est qu’ils sont inopportuns.

    Et le pantin qu’on dénonçait chez Bush avec son évangélisme, on le retrouve là avec Chavez et son christianisme de la libération, cette fameuse libération qui fit deux cent millions de morts et d’esclaves entre Afrique et Amériques.

    Le christianisme reste le christianisme, quel que soit le nom qu’on peut lui donner, comme l’assassin reste l’assassin quand bien même vous diriez que c’est un civilisateur !

    Il y a un devoir minima pour l’excellence en politique, c’est de s’abstenir d’y mêler la religion. J’imagine que cela s’appelle SAGESSE... si ce mot n’est pas déjà obsolète !

    Il est ici un seul commentaire digne de l’humain... Et comme par hasard il porte le nom de Germinal ! Tout est dit en ce nom ! J’aurais honte de le remercier, c’est l’humain qui se remercie en lui !

    Voir en ligne : http://www.amaranthes.fr

    • Le socialisme est la voie du salut de la planète - Hugo Chavez 21 décembre 2009 13:04, par Bison Agile
      Juste une chose, pour vous inciter à nuancer, peut-être, votre opinion. Celle-ci ne semble faire aucun cas des missionnaires d’Amérique latine qui ont versé leur sang pour que les amérindiens ne soient pas livrés aux esclavagistes. Le film "Mission" est, à cet égard, tout à fait éloquent. Et il s’appuie sur des faits authentiques, suffisamment nombreux pour ne pas être considérés comme quantité négligeable. Vous avez le droit de haïr tout ce qui se rapporte de près ou de loin à la religion. Mais l’honnêteté intellectuelle devrait vous empêcher de mettre tous ceux qui s’en réclament dans la même boiboite.
      • Bien sûr qu’il y eu toujours des êtres qui étaient (et qui sont) assez purs pour s’élever au-dessus des autres et comprendre au-delà de tout ce que l’on veut nous faire croire.

        Quand les Hommes seront devenus assez instruits et cultivés pour trouver la spiritualité dont ils ont besoin dans l’Art, dieu disparaîtra de leur esprit car celà les comblera de plénitude et de joie .

        Ils n’auront plus besoin non plus d’un être surnaturel qui les protège ou les aide car ils seront devenus ADULTES et se prendront en charge. L’Humanité vagit encore dans ses langes .

      • Evidemment ! Nous ne sommes pas manichéen ! Heureusement qu’il y a des humains partout, même chez les chrétiens, car l’homme reste l’homme, ce qui ne rajoute pas de l’humanité à l’entreprise chrétienne ! Ce qui n’enlève rien non plus à tous ses forfaits.

        Je vous invite à aller lire la rubrique de Sébastien Fontenelle à cette adresse : http://www.politis.fr/Une-Contribution-De-Saint-Pierre,9033.html pour que vous vous rendiez compte qu’il ne suffit pas d’une petite phrase à un petit groupe de Belges pour excuser les montagnes de collaboration du vatican avec le régime nazi. Cette phrase existe bien mais le reste aussi. Et le reste c’est gros comme vos cathédrales !

        C’est exactement la même chose pour vos missionnaires.

        Voir en ligne : http://www.amaranthes.fr


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