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Le fascisme fondamental
Par Ahmed Halfaoui

mercredi 18 juin 2014, par Comité Valmy



Le fascisme fondamental

En Europe, pendant que des caricatures du fascisme font peur aux bonnes âmes, tandis qu’ils sont pointés du doigt parce qu’ils représentent, dit-on, une menace qui monte, le pouvoir politique du grand capital, celui des banquiers et des multinationales, est en train de tisser sa toile. Le but est de laisser croire que le fascisme des partis et des groupes néo-nazis, celui-là qui des décennies durant a fait partie du paysage, pourrait élargir son influence au sein des peuples et remettre en cause, à plus ou moins brève échéance, la démocratie en vigueur.

C’est de lui que viendrait le danger et non de ceux qui se relaient au pouvoir, depuis des dizaines d’années, et dont les politiques économiques ont fini par ne montrer aucune nuance. Dans le même temps, sont aussi indexés les " étrangers ", les musulmans, les roms…Et la stigmatisation se renforce au fur et à mesure que les choses vont mal. Ce faisant, en moins d’une décennie, les attaques contre les salaires, les pensions et les transferts sociaux, ont obtenu des résultats inespérés.

Les Etats ont pu réaliser les économies exigées pour renflouer la grande finance, sans que des lames de fond ne viennent contrarier leur gestion. Il faut rappeler que nous ne sommes plus dans les années 1930, où les concepts de communisme et de socialisme mobilisaient, et que les socialistes d’aujourd’hui ne se distinguent plus du tout du plus zélé des politiciens bourgeois. La démocratie, elle-même, n’est plus du tout la préoccupation des élus. Sitôt promus, ils récitent à leurs électeurs le programme dicté par le Fonds monétaire International, la Banque Mondiale et la Banque centrale européenne.

Et, jusqu’à présent, ils n’ont pas eu de grosses difficultés à le faire passer, malgré la perte de centaines de milliers d’emplois et malgré la précarité et la pauvreté, qui s’étendent implacablement et frappent, y compris des couches sociales, qui semblaient à l’abri. A terme, bien sûr, un seuil sera atteint qui ne permettra plus que les mesures impopulaires soient prises sans réaction de masse. Mais, le dispositif est déjà en place pour assurer la répression.

Les tenants du pouvoir politique n’ont pas mis en branle, jusqu’ici, les mécanismes de restriction des libertés publiques, parce qu’ils n’en avaient pas besoin. Car le fait que la paix sociale règne toujours, cela permet de laisser l’illusion démocratique perdurer pour que, le jour venu, à la violence économique qui s’exerce sans retenue, s’adjoigne la violence institutionnelle qui devra l’imposer.

Le fascisme, ce jour-là, apparaîtra comme faisant corps avec l’ordre établi. A ce propos et si, en d’autres temps, il a semblé être l’apanage de courants politico-idéologiques particuliers, soutenu par la grande industrie, comme sous la " république de Weimar " en Allemagne, c’est que le processus historique impliquait, pour cette dernière, un affrontement périlleux avec le prolétariat organisé. Ce n’est pas le cas de nos jours, les Etats sont entre les mains de la ploutocratie, qui n’a plus besoin d’avoir recours à une subversion ouvertement fascisante.

Ahmed Halfaoui

11 juin 2014

Source : lesdebats.com

Mise en ligne CV : 11 juin 2014


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