COMITE VALMY

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Hollande débarque...
Descartes

dimanche 15 juin 2014, par Comité Valmy


Charles De Gaulle à Alain Peyrefitte : « La France a été traitée comme un paillasson ! Churchill m’a convoqué comme un châtelain sonne son maître d’hôtel. »


Hollande débarque...

« Les peuples qui oublient leur passé sont condamnés à le revivre », disait Ghandi. Ce que le sage hindou a omis c’est d’indiquer le sort des peuples qui, sous prétexte de maintenir vivante la mémoire, transforment leur histoire suivant les canons hollywoodiens jusqu’à en faire une présentation digne d’un film de Walt Disney. Voilà les réflexions qui m’ont assailli en regardant les reportages des cérémonies du 70ème anniversaire du débarquement anglo-américain sur les plages normandes.

Le débarquement de Normandie fait partie des épisodes de la IIème guerre mondiale les plus mythifiés. Du « jour le plus long » à « il faut sauver le soldat Bryan », Hollywood a prêté sa plume et sa caméra complaisante au mythe, ce même mythe qu’on retrouve dans la bouche de notre président. Celui du « bon » GI sacrifiant sa vie pour « libérer l’Europe », celui d’une bataille titanesque qui aurait « décidé du sort du continent », et ainsi de suite. Nous sommes supposés être éternellement reconnaissants à ces soldats qui sont venus nous libérer. Mais cette image d’Epinal occulte un certain nombre de vérités qu’il faut connaître si l’on veut comprendre la suite. Alors, on va essayer de rétablir ces vérités.

D’abord, sur les chiffres. Il y eut quelque 200.000 soldats, marins et autres personnels engagés dans le débarquement sur les plages normandes. Parmi eux, il y eut quelques 10.000 morts. A titre de comparaison, la bataille de Verdun à son apogée « consommait » 50.000 vies chaque jour, et la bataille de Stalingrad a englouti un demi million de soviétiques, plus du double de l’ensemble des morts américains sur le théâtre européen (180.000). Le débarquement n’est donc, à l’échelle des batailles de la première et de la deuxième guerre mondiale, qu’une bataille mineure. Il faut aussi rappeler que les GI’s qui ont débarqué sur les plages de Normandie n’étaient pas des volontaires engagés pour « libérer l’Europe », mais des conscrits tenus d’aller là où leur gouvernement les envoyait. Il y a donc dans la « reconnaissance » qu’on peut leur témoigner à titre individuel une certaine ambiguïté. Pourquoi devrions nous leur être « reconnaissants » aux soldats qui ont sauté sur nos plages, puisqu’ils n’avaient pas vraiment le choix ? S’il fallait être reconnaissant, c’est surtout envers le gouvernement américain, qui a décidé d’envoyer ses troupes, et non aux soldats qui sont allés là ou on les a envoyés. Cela n’exclut pas les gestes d’héroïsme personnels, gestes qu’on peut d’ailleurs trouver dans toutes les armées. Mais le soldat conscrit n’est pas un militant, il ne choisit pas sa cause et n’a donc aucun mérite personnel lorsqu’il se bat pour la bonne cause, pas plus qu’il n’est coupable lorsqu’il se bat pour la mauvaise.

Faut-il donc être reconnaissant au gouvernement américain pour nous avoir « libérés » ? S’il ne l’avait fait que pour cela, s’il avait sacrifié la vie de ses citoyens pour notre liberté, sans doute. Mais était-ce le cas ? On ne peut que constater que lorsque les américains décident enfin de s’engager en Europe, Hitler est au pouvoir en Allemagne depuis onze ans, les camps de la mort fonctionnent depuis belle lurette et les allemands occupent la France depuis quatre longues années. Et que pendant tout ce temps, les Etats-Unis ont conservé des relations diplomatiques et commerciales avec l’Allemagne – IBM aura des ennuis plus tard pour avoir fourni du matériel de bureau qui sera utilisé pour le fichage des juifs promis à la déportation. Et il a fallu que l’Allemagne prenne l’initiative de déclarer d’elle-même la guerre aux Etats-Unis pour que les américains sortent de leur neutralité. Il ne me semble pas abusif d’en conclure que pour les américains la liberté des européens était un souci assez secondaire…

En fait, les américains n’ont pas sacrifié leurs citoyens pour notre « liberté », mais pour la défense de leurs intérêts géopolitiques. Hitler était resté pour la diplomatie américaine un dirigeant parfaitement acceptable pendant une décennie, tout simplement parce qu’il constituait une barrière efficace contre le communisme, perçu comme le principal ennemi par les couches dirigeantes américaines. Et pas qu’américaines, d’ailleurs : jusqu’à 1939, les classes dirigeantes des puissances européennes s’étaient, elles aussi, fort bien accommodés du pouvoir nazi et refusé tout système de sécurité collective en Europe qui aurait pu s’opposer à l’Allemagne. Hitler n’est qu’un homme de plus parmi la longue série des tyrans sanguinaires que les américains ont soutenu pour la même raison, et qui inclut des noms aussi illustres que Suharto, Trujillo, Somoza, Franco ou Videla. C’est d’ailleurs à Franklin D. Roosevelt qu’on attribue la célèbre formule « Somoza est peut-être un fils de pute, mais c’est notre fils de pute ». Hitler était, lui aussi « notre fils de pute ». Seulement, le 2 février 1943 les troupes allemandes commandées par Von Paulus ont capitulé à Stalingrad. Depuis, les allemands reculent partout sur le front de l’Est. En août1943, à Koursk, la plus grande bataille de chars de l’histoire s’est terminée par une défaite allemande qui marque la fin des rêves de conquête du régime nazi. Début 1944, l’Armée Rouge traverse les anciennes frontières séparant l’URSS de la Pologne et de la Roumanie. Tout le monde sait alors que la guerre est perdue pour l’Allemagne, et qu’il n’est qu’une question de temps avant que les chars soviétiques se trouvent à Berlin. Le risque de voir l’URSS gagner toute seule la guerre et devenir prédominante sur le continent devient une possibilité réelle. Une possibilité que les américains ne peuvent permettre. Il faut débarquer rapidement en Europe non pas pour la « libérer », mais pour empêcher une prédominance soviétique sur le continent.

J’insiste : aussi longtemps que Hitler triomphait à l’Est, les américains lui ont foutu une paix royale. C’est lorsqu’il est devenu faible, lorsqu’il s’est avéré qu’il n’avait plus les moyens d’arrêter les progrès de l’Armée Rouge qu’il est devenu pour les américains un problème. Toute la réécriture de l’histoire de cette période repose sur un oubli volontaire des dates et des faits. Tout le monde répète la vulgate officielle, sans que personne n’ait la curiosité de se demander pourquoi les américains, si épris de liberté, ont attendu l’été 1944 – moins d’un an avant que les soviétiques atteignent Berlin, quelle coïncidence – pour finalement intervenir en Europe. La réalité historique ne correspond donc pas à la vision bisounours qu’on nous vend lors de ces commémorations. Les Etats n’agissent pas par sentiment, mais par intérêt. Il n’y a jamais eu d’Amérique éprise de liberté au point de sacrifier ses enfants sur l’autel de la liberté des autres. Il y a, et il y a toujours eu une Amérique soucieuse de défendre ses intérêts et agissant militairement en conséquence dans la plus stricte conformité avec les principes de la Realpolitik, soutenant les pires régimes et les pires dictateurs lorsque cela lui était avantageux, les renversant lorsqu’ils devenaient inutiles ou dangereux. L’amour de la liberté qui selon ses thuriféraires animait l’Amérique n’a pas suffit pour que celle-ci exige en 1945 le départ de Francisco Franco. Tout simplement, parce que le dictateur espagnol ne présentait guère de danger pour les intérêts américains, au contraire. Mais il fallait battre Hitler parce qu’il devenait dangereux par son alliance avec le Japon et inutile comme antidote au communisme.

Mais aujourd’hui, cette falsification de l’histoire est presque effacé par une falsification encore plus insidieuse, qui est celle conduite par les européistes. Depuis des années, les idéologues de la construction européenne essayent de fabriquer une « histoire d’Europe » consensuelle et donc lavée de tout conflit. Pour ce faire, on procède généralement par élision, les épisodes qui sortent du moule « nous sommes tous des européens » étant impitoyablement effacés. Suivant cette veine, des livres scolaires ont même été produits dont la lecture ne peut que provoquer l’hilarité d’un lecteur moyennement éduqué, tellement ils sont caricaturaux. Or, cette même doctrine semble maintenant appliquée lors des commémorations. Ainsi, nous avons pu voir dans les discours officiels un débarquement anglo-américain… sans ennemi. On a appris que les valeureux soldats anglais et américains s’étaient fait tirer sur les plages comme des lapins par les mitraillettes, qu’ils se sont noyés lorsque leurs bateaux ont heurté des mines… mais on ne sait toujours pas qui posait ces mines, qui tenait ces mitraillettes. Qui cela pouvait bien être ? Mystère…

Un mystère d’autant plus épais que le drapeau Allemand flottait à côté de ceux des peuples dont les combattants ont participé au débarquement. Et que le chancelier d’Allemagne était dans la tribune, parmi les chefs d’Etat et de gouvernement des nations alliées, pour contempler le spectacle et écouter les discours. L’Allemagne était donc du côté des alliés. Mais alors, qui tenait les mitraillettes ? Qui posait les mines ? Qui avait bâti le mur de l’Atlantique ? Qui avait occupé la France, cette France que les soldats du débarquement cherchaient, nous dit-on, à libérer ?

La mythologie européiste est simple : Hitler, tout le monde le sait, n’était pas allemand. C’était un alien venu de la planète Zorg avec son équipage. Ensemble, ils ont réussi grâce à leur technologie extraterrestre à prendre le contrôle des cerveaux des allemands – pour des raisons mystérieuses, cela n’a pas marché sur les autres – et à les pousser à une guerre criminelle et au génocide. Et un jour de mai 1945 Hitler se tire une balle dans la tête et tout à coup les allemands se réveillent du charme et se disent « comment est-ce possible ? Nous n’avons pas pu faire tout cela, ou en tout cas nous n’en sommes pas responsables puisque nous étions comme ensorcelés. Tout ça n’a rien à voir avec l’histoire, la culture, les institutions de l’Allemagne. C’est un pur produit de la planète Zorg ». Et le reste de l’Europe ne peut, bien entendu, que leur pardonner, puisque ce n’est pas leur faute. C’est grâce à ce raisonnement qu’on peut soutenir la contradiction de base qui consiste à nous demander d’un côté de nous souvenir éternellement « de ces jeunes gens qui sont venus d’Amérique nous libérer » tout en exigeant que nous oublions « ces jeunes gens qui sont venus d’Allemagne nous asservir ». On peut se demander comment une mémoire aussi sélective peut servir de base à une véritable compréhension historique.

Les habitants de la planète Zorg s’appellent « les nazis ». Ce sont eux les coupables de tout. Ce sont eux qui ont contrôlée les cerveaux des allemands. Et comme ils ont disparu, on peut sans crainte absoudre l’Allemagne d’aujourd’hui comme si elle n’avait pas de continuité avec l’Allemagne d’hier. Le problème, c’est que cette explication est un peu superficielle. Ce ne sont pas les « nazis » qui ont fait la guerre en Europe entre 1939 et 1945. C’est cette bonne vieille armée allemande, héritière des traditions prussiennes, dont les officiers en grande majorité méprisaient ces « parvenus » qu’étaient les nazis, mais qui ont collaboré avec eux parce que les nazis avaient le bon goût de leur laisser les mains libres. Hitler n’a pas forcé les généraux allemands à attaquer la France, la Pologne ni même l’URSS. Au contraire, il leur a donné l’opportunité de faire ce qu’ils cherchaient à faire depuis des longues années. La défaite de 1945 n’est pas celle des nazis, c’est celle de l’Allemagne, dont le peuple a soutenu le régime jusqu’à la dernière minute et même au delà. Comment comprendre sinon que bien des années après leur défaite les allemands aient conspué des personnalités allemandes connues pour s’être engagées aux côtés des alliés ? Y avait-il des revenants de Zorg lorsque la sublime Marlène Dietrich reçut des crachats pour s’être associée aux « ennemis de l’Allemagne » ?

Angela Merkel n’aurait pas du aller à Ouistreham, tout comme Joachim Gauck n’aurait pas du aller à Oradour il y a quelques mois. Leur présence en ces lieux à titre officiel est une falsification de l’histoire. Merkel assise à côté de Hollande, de Obama, d’Elizabeth II et même de Poutine donne l’illusion que l’Allemagne était du côté des soldats qui ont débarqué. Et bien non. Les allemands – que Merkel représente, car l’histoire ne commence pas en 1949 – étaient de l’autre côté. C’étaient eux qui tiraient sur les soldats auxquels la cérémonie d’Ouistreham prétendait rendre hommage. Franchement, si j’avais un parent mort sur les plages de Normandie, je me sentirais insulté de voir le drapeau allemand traité avec les mêmes honneurs que les autres, et le chancelier d’Allemagne suivre la cérémonie à parité avec les autres chefs d’Etat. Il ne s’agit pas de faire de l’antigermanisme primaire, mais de donner aux symboles toute leur importance. J’ai des amis allemands, que j’accueille avec grand plaisir en France, et il ne me viendrait pas à l’idée de leur reprocher les crimes de leurs ancêtres. Avec eux, nous ne parlons jamais de cette époque, tout simplement parce que nos rapports, notre « vivre ensemble » repose sur l’oubli des offenses passées. Et c’est pourquoi il ne me viendrait pas à l’idée de les inviter à une cérémonie du souvenir. Il y a une grande contradiction a invoquer le « devoir de mémoire » en même temps que le « droit à l’oubli ».

On peut se demander le sens d’une idéologie « européenne » fondée sur un mensonge. Non, l’Allemagne n’était pas du côté les alliés. Ni l’Allemagne officielle, ni l’Allemagne éternelle. Il n’y eut même pas un De Gaule allemand qui se serait réfugié à l’étranger, qui aurait pu revendiquer la représentation de la « vraie » Allemagne pendant la période nazi et sauver ainsi l’honneur. Cela était impossible tout simplement parce que Hitler a été le gouvernement légitime de l’Allemagne, soutenu par une grande majorité des allemands. Un soutien qui ne tenait pas seulement au régime de terreur et de contrôle instauré par les nazis, mais aussi parce que la politique impériale du gouvernement nazi répondait à une demande populaire. La meilleure preuve en est que quinze ans après la fin de la guerre, ceux qui avaient soutenu les alliés étaient encore considérés des traîtres : on se souvient de l’accueil glacial et des agressions dont fut victime Marlène Dietrich lors de son retour en Allemagne en 1960, et qui conduiront l’actrice à ne plus jamais retourner dans son pays natal. En 1966, vingt ans après la guerre, les allemands porteront au pouvoir un ancien haut fonctionnaire nazi, Hans Kiesinger. Dans ces conditions, je ne vois pourquoi l’Allemagne devrait participer officiellement à des commémorations qui ne sont pas les siennes.

Ce qui nous conduit à la troisième falsification de l’histoire dans cette affaire, qui est celle des rapports entre la France – c’est-à-dire le Gouvernement provisoire d’Alger - et le débarquement. Nonobstant l’action de Kieffer et de ses hommes, américains et britanniques ont tenu le gouvernement provisoire en général et De Gaulle en particulier à distance. Tout simplement parce que l’objectif initial n’était pas de « libérer » la France, mais de la soumettre à une nouvelle occupation, américaine cette fois-ci. Les américains ont constitué l’AMGOT (acronyme anglais pour « Allied Military Government of Occupied Territories »), dès 1943, organisme formé par des civils spécialement formés et censés administrer – dans l’intérêt des américains, cela va de soi - l’ensemble des pays « libérés » par les anglo-américains sur le modèle proconsulaire. Ce modèle a été effectivement mis en œuvre en Italie et au Japon est resté la doctrine des américains en la matière jusqu’à nos jours. C’est celle qui a été mise en oeuvre en Irak avec les résultats que tout le monde connaît. Des administrateurs américains seront installés à la place des préfets, des sous-préfets et des maires, des juges américains trancheront les litiges et un proconsul américain contrôlera les instruments de souveraineté et notamment la monnaie.

Des « faux francs » (dits « francs drapeau », avec la mention « France » et non « République française ») ont été d’ailleurs imprimés et les troupes qui débarquent en Normandie en ont en poche.

Dans sa lettre à Churchill du 8 mai 1943, Roosevelt résume parfaitement sa vision de la France post-guerre : « Je suis de plus en plus convaincu que nous devons considérer la France comme un pays occupé militairement et gouverné par des généraux britanniques et américains (…). Nous devrions garder 90% des maires nommés par Vichy et une grande partie des fonctionnaires de base dans les municipalités et départements. Mais les postes importants doivent être sous la responsabilité des commandants militaires, américain et britanniques. Cela devrait durer entre six mois et un an (…). Peut-être que De Gaulle pourrait devenir gouverneur de Madagascar ».

Si ce modèle n’a finalement pas été mis en œuvre, ce n’est pas parce que les américains y ont renoncé. C’est le résultat de la guérilla conduite par le « gouvernement provisoire de la République français » constitué à Alger par De Gaulle. Guérilla sur le terrain, avec des « administrateurs » américains qui ont été presque toujours devancés par des commissaires de la République et des maires français issus de la Résistance qui ont pris les commandes, bénéficiant d’une administration patriote, largement infiltrée par la Résistance, qui sortait de quatre années d’occupation étrangère et n’avait pas envie de servir un nouvel occupant. Guérilla dans les médias américains aussi, ou la France Libre comptait d’importants appuis (1). C’est cette affaire qui explique pourquoi De Gaulle a toujours refusé de se rendre sur les plages du Débarquement ou de participer aux cérémonies de commémoration d’une affaire qu’il considérait – à juste titre – comme une tentative américaine d’asservir la France. Voici ce qu’il dit à Alain Peyrefitte le 30 octobre 1963 :

« Le débarquement du 6 juin, ç’a été l’affaire des Anglo-Saxons, d’où la France a été exclue. Ils étaient bien décidés à s’installer en France comme en territoire ennemi ! Comme ils venaient de le faire en Italie et comme ils s’apprêtaient à le faire en Allemagne ! Ils avaient préparé leur AMGOT qui devait gouverner souverainement la France à mesure de l’avance de leurs armées. Ils avaient imprimé leur fausse monnaie, qui aurait eu cours forcé. Ils se seraient conduits en pays conquis. C’est exactement ce qui se serait passé si je n’avais pas imposé, oui imposé, mes commissaires de la République, mes préfets, mes sous-préfets, mes comités de libération ! Et vous voudriez que j’aille commémorer leur débarquement, alors qu’il était le prélude à une seconde occupation du pays ? Non, non, ne comptez pas sur moi ! Je veux bien que les choses se passent gracieusement, mais ma place n’est pas là !

Et puis, ça contribuerait à faire croire que, si nous avons été libérés, nous ne le devons qu’aux Américains. Ça reviendrait à tenir la Résistance pour nulle et non avenue. Notre défaitisme naturel n’a que trop tendance à adopter ces vues. Il ne faut pas y céder !

En revanche, ma place sera au mont Faron le 15 août, puisque les troupes françaises ont été prépondérantes dans le débarquement en Provence, que notre première armée y a été associée dès la première minute, que sa remontée fulgurante par la vallée du Rhône a obligé les Allemands à évacuer tout le midi et tout le Massif central sous la pression de la Résistance. Et je commémorerai la libération de Paris, puis celle de Strasbourg, puisque ce sont des prouesses françaises, puisque les Français de l’intérieur et de l’extérieur s’y sont unis, autour de leur drapeau, de leurs hymnes, de leur patrie ! Mais m’associer à la commémoration d’un jour où on demandait aux Français de s’abandonner à d’autres qu’à eux-mêmes, non !

Les Français sont déjà trop portés à croire qu’ils peuvent dormir tranquille, qu’ils n’ont qu’à s’en remettre à d’autres du soin de défendre leur indépendance ! Il ne faut pas les encourager dans cette confiance naïve, qu’ils paient ensuite par des ruines et par des massacres ! Il faut les encourager à compter sur eux-mêmes !

Allons, allons, Peyrefitte ! Il faut avoir plus de mémoire que ça ! Il faut commémorer la France, et non les Anglo-Saxons ! Je n’ai aucune raison de célébrer ça avec éclat. Dites-le à vos journalistes. »

Il reprend : « Ceux qui ont donné leur vie à leur patrie sur notre terre, les Anglais, les Canadiens, les Américains, les Polonais, Sainteny et Triboulet seront là pour les honorer dignement. »

Voilà comment parlait un homme d’Etat, qui connaissait l’histoire et savait le poids des symboles. Le contraste avec notre « pépère », prêt à faire n’importe quoi pour apparaître sur la photo à côté d’Obama est saisissant…

Descartes

Publié le 15 Juin 2014

(1) Vous trouverez un excellent article sur la question (en anglais, malheureusement) à cette adresse :http://rall.com/1991/11/05/dubious-liberators-allied-plans-to-occupy-france-1942-1944.


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