COMITE VALMY

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Crash du Boeing MH17 :
les Etats Unis font-t-ils marche arrière ?
par Karine Bechet-Golovko

samedi 26 juillet 2014, par Comité Valmy


Alors qu’après le crash du Boeing malaisien MH17, les Etats Unis accusaient ouvertement la Russie, le ton semble changer. Sur le plan de la diplomatie, la Russie a marqué des points et les discours fantaisistes ne sont plus officiellement soutenus par la Maison Blanche. Une requalification du conflit en "guerre" par la Croix Rouge Internationale serait même envisageable. Alors que s’est-il passé ? Les faits ont fini par rattraper les mots.

Le 21 juin, le Ministère de la défense de la Fédération de Russiete présente sa version des faits, alors que la toute la presse occidentale accuse soit la Russie directement, soit les "séparatistes pro-russes", autrement dit les combattants, d’avoir abattu l’avion malaisien presque volontairement. Et il ne s’agit pas que d’une version. Cartes satellites à l’appuie. Explications et trajectoires. Il y a pour la Russie quatre aspects fondamentaux :

•l’avion a dévié de 14km de son corridor de vol et lorsqu’il a tenté de le reprendre, il a été abattu ;
•une batterie BUK est apparue dans la zone proche des combattants, détectée ensuite côté ukrainien, et a ensuite totalement disparue ;
•un autre avion, probablement SU25 ukrainien, a été détecté à distance de tir de l’avion de ligne ;
•un satellite américain était orienté sur la zone de combat juste au moment du tir.

On rappellera également que l’avion était guidé par les contrôleurs du ciel à Dniepropetrovsk (région de Kolomoïsky) et que le trou dans la carcasse de l’avion soulève beaucoup de question, car sa forme ressemble plutôt à celle d’un tir effectué par un avion de chasse. Une des interprétations possibles soulevées est que le système BUK ait spécialement été mis dans la zone pour un tir quelconque au moment voulu alors que le danger mortel venait de l’avion de chasse à côté. Cette solution présentant "l’avantage" de se garantir contre toute la difficulté du maniement du système BUK, tout en créant des preuves.

Après avoir joué cartes sur table, le Ministère de la défense russe demande à son homologue américain de fournir les preuves de l’implication de la Russie dans le tir, car les accusations verbales ne sont pas suffisantes.

Finalement, les services de renseignement américains annoncent jeudi qu’il n’y a pas de preuve de l’implication de la Russie dans le tir, qu’il peut s’agir d’une "erreur" commise involontairement par les séparatistes mal formés, rien ne prouve d’ailleurs la formation des séparatistes au maniement de cet engin par la Russie etc etc etc. Mais évidemment, il est ridicule de dire que Kiev est responsable, puisque les ukrainiens n’ont pas ce type d’armes dans la région.

Les Etats Unis ne pouvaient vraiment aller plus loin, alors que dans le même temps ils utilisent cet argument pour aggraver les sanctions économiques contre la Russie. En traduction, la Russie n’y est strictement pour rien, on ne peut pas reconnaître la responsabilité de Kiev car on continue à les soutenir, donc on va dire que c’est une erreur, bref il ne s’agit pas d’un crime de guerre et on le met sur le dos des "séparatistes", mais sans impliquer la Russie.

Ce qui n’empêche pas de continuer le combat, mais il déplacé vers les états satellites, en Europe. Les anglais, semble-t-il, auront la responsabilité de déchiffrer les boîtes noires, donc de communiquer sur le sujet. Les corps seront analysés aux Pays Bas. Tout cela, bien sûr, au nom de l’Organisation internationale de l’aviation civile, mais sous le contrôle des Etats. Ce qui va entâcher a priori l’objectivité de l’enquête. Et le retrait soudainement affiché de la Malaisie est plus que surprenant ...

En tout cas, dans cet imbroglio militaire et diplomatique, un premier pas vient d’être fait vers la reconnaissance du conflit tel qu’il est : une guerre et non pas une simple opération anti-terroristes. La Croix rouge internationale vient d’annoncer que, sans faire de déclaration officielle pour ne pas mettre mal à l’aise ni la Russie ni l’Ukraine, elle a contacté ces pays pour leur faire savoir qu’elle considérait le conflit comme un conflit armé.

Ce qui implique que les parties aux conflits ne peuvent être qualifiées de terroristes, que les parties au conflit sont obligées de respecter le droit de la guerre, que les crimes commis lors des combats peuvent être qualifiés de crimes de guerre, qu’ils sont imprescriptibles et ouvrent le droit à la compétence universelle. La Croix rouge envisage également le cas du crash de l’avion de ligne. Il est donc intéressant que les Etats Unis, immédiatement, insistent sur le côté accidentel du crash. Car les accidents ne peuvent être des crimes de guerre, il manque l’intention.

Dans l’ensemble, sur l’affaire du crash du Boeing, les Etats Unis reculent et n’attaquent plus aussi directement la Russie. Pourtant, sur l’ensemble du conflit ukrainien, la situation ne s’améliore pas et l’armée ukrainienne utilise toujours le crash pour reprendre le terrain perdu et elle s’avance, attaque la population civile en toute impunité. La Rada vient même d’annoncer une troisième mobilisation partielle, couvrant ainsi les besoins en hommes pour continuer le combat ... et pouvant également couvrir l’arrivée de "volontaires" étrangers.

mercredi 23 juillet 2014

par Karine Bechet-Golovko

Russie politics

Mise en ligne CV : 23 juillet 2014


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