COMITE VALMY

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Clio en 2010. Fallait-il se résigner à la privatisation de Renault en 96 ? - Par canaille le rouge

vendredi 15 janvier 2010, par Comité Valmy


Cela fait pas mal de temps que rouge ou pas, canaille ou pas, cela trotte dans des discussions familiales ou des pots de départ en retraite :

Fallait-il accepter la privatisation de Renault.

Trois années de vaccination par feue la revue « Économie & Politique » et la logique indépassable du marché boostée par les nobélisables de la capitulation économique, malgré soixante dix sauts périlleux arrières de Sainjon accompagnés ou pas par les roulements de tambours de la clique de Confrontation, avec ou sans les applaudissements de parlementaires et autres, y compris élus sous l’intitulé PCF, leurs arguments ne m’avaient pas convaincu. Souvenir de camarades de Billancourt, la rage au coeur devant des batailles peu épaulées voir décriées.

Et aujourd’hui dans Libé, un article qui ne fera pas de vague sauf si les métallos (pas seuls, mais surtout eux) décident de s’en emparer et de le faire vivre de bonne façon :

« Pour Renault, une Clio à la turque

La production du nouveau modèle pourrait être délocalisée à Bursa. Choqué, le ministre de l’Industrie a convoqué le numéro 2 de Renault.

La direction de Renault, elle, assume : entre une Clio produite à Flins et une Clio produite à Bursa, le différentiel de coût se chiffre à près de 10%, affirme-t-elle, sans confirmer la délocalisation de sa Clio 4. Pour tirer ça au clair, le ministre de l’Industrie a décidé de convoquer le numéro 2 de Renault, Patrick Pélata, mercredi. La veille, Christian Estrosi doit aussi réunir les principaux équipementiers du groupe et sa direction.

Patriotisme. Pour Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP, ce projet de délocalisation n’est « pas acceptable ». « D’autant que l’Etat et les contribuables français ont été au rendez-vous pour sauver Renault ». Citons, entre autres : une indemnisation améliorée du chômage partiel des salariés, 3 milliards d’euros de prêts au plus fort de la crise, un budget de 400 millions d’euros pour la prime à la casse en 2009 (qui a permis des ventes records). Pour le site de Flins, qui a fait naître la première Clio en 1990, l’Etat a tout particulièrement mis la main à la poche : il y finance l’émergence d’un futur pôle dédié au véhicule électrique (275 millions d’euros).

Et Lefebvre de déduire : « On ne peut pas considérer qu’ensuite on fait ce qu’on veut. » Sans compter que l’Etat détient 15,01% du capital du constructeur. Nicolas Sarkozy, lui-même, martelait l’hiver dernier : « Qu’on crée une usine […] en Tchéquie pour vendre des voitures en France, ce n’est pas justifié. » A l’époque, le Président voulait croire à de possibles relocalisations. Mais pour le patriotisme industriel, il faudra repasser. La délocalisation de la production automobile à l’Est obéit à une logique économique implacable : « Pour une voiture vendue 14 000 euros, on observe un écart de 10% - soit 1 400 euros - entre un véhicule conçu et produit en Turquie et le même véhicule conçu et produit en France. Dans cet écart, 250 euros s’expliquent par la taxe professionnelle et 750 euros par les charges sociales », explique Renault. « La Clio 3 est fabriquée dans trois pays car les marges sur ce genre de véhicule sont plus faibles et la concurrence plus forte. Pour compenser le haut coût de main-d’œuvre en France, on la fabrique aussi en Turquie. » De la même manière que la production de la Twingo a quitté le sol français en 2007 pour la Slovénie, la Clio a été progressivement délocalisée. Au premier semestre, alors que 64 686 Clio 3 sortaient de Flins, 84 644 étaient assemblées à Bursa et 7 966 dans l’usine espagnole de Valladolid. « Pour produire dans les pays à hauts coûts de main-d’œuvre, il faut trouver des véhicules à forte valeur ajoutée : le haut de gamme, l’utilitaire et l’électrique », résume-t-on chez Renault. »

N’es-tu pas sur d’avoir l’esprit un peu tortueux ? Où veut-tu en venir canaille ?

Ben tout simplement à une chose élémentaire qui devrait aider au rassemblement : une marchandise ne se résume pas qu’aux conditions de son échange sur le marché et de la marge qu’elle dégage pour le détenteur du capital mais aussi aux conditions sociales de sa production et de celle de son usage qui lui donne sa valeur réelle.

Cela vaut sur toute la planète : Produire des haricots verts en décembre en Casamance ne nourrit pas le cultivateur qui les fait pousser et produit même parfois de la famine.

Les Turcs ont besoin et on droit à des véhicules pour leur besoin propre. Si Renault peut répondre à une demande sociale bien entendu, les coopérations doivent être promues. Mais pas en faisant de la France un sahel économique et de la Turquie une Casamance de l’automobile où les ouvriers qui les fabriquent n’ont droit au mieux qu’à une paire de tongs.

Notons au passage venant des dirigeants de Renault SA cette ignominie ; « ce sont les conditions sociales de production qui nous font fuir », sauf que les « charges sociales « ne sont que la part socialisée des salaires due collectivement au producteurs (les personnels) que le capital tente par touts les moyens de mettre dans sa poche, les rives de la mer de Marmara permettent le holdup. Il est sûr qu’avec des salariés encadrés par l’armée d’un côté et l’intégrisme religieux de l’autre, il est plus gratifiant de produire sur le Bosphore qu’à Flins. Peugeot (ci devant helvètes fiscaux depuis des lustres) l’avait bien compris dès les années 70 : en important sa main d’œuvre de Turquie elle importait Imams et milices des Loups Gris et dotait les chaines de production de syndicats fascistes et de salle de prière ; c’est plus rentable qu’un C.E. ou une salle syndicale.

C’est la recherche de marge de profit brut qui anime le débat. Ni les habitants de Turquie, ni ceux de France n’y trouvent leur compte. Les actionnaires si. Après que les crédits publics aient sauvé le groupe Renault (construit par la volonté politique) et que les moyens publics aient été bradé, les actionnaires principaux et états majors de directions, protégés par le bouclier fiscal, toute honte bue veulent partir sous des cieux à plus haute rentabilité.

C’est la réponse à la question qui circulait dans les couloirs du PCF dans les années 85-90 : l’État à-t-il vocation à construire des voitures ? L’État, machin à engager les CRS ou à enrichir les monopoles non ! La collectivité nationale, expression de a souveraineté populaire qui décide de comment répondre aux besoins économiques et sociaux de ses habitants, OUI !

Une question est dès lors posée : comment imposer un contrôle public au travers d’une propriété collective non étatique des moyens de productions et d’échange industriels et économiques. Vaste, importante et excellente interrogation.

Chacun remarquera que ceux qui de par leur histoire, le statut de leur formation devraient avoir vocation à poser ces questions pour en faire des leviers de la modification du rapport de forces et des outils de reconquête, sont à date régulière plus préoccupés de l’épaisseur du coussin de leur(s) siège(s) que de la mise en débat de ces questions.

Cela permet à un Estrosi de parader à bon compte, à l’état major de Renault de s’en moquer comme d’un tambour de frein de Juva4 et au capital sereinement de nous la jouer comme aux guignols de Canal+ : aussi cruel de bêtise qu’hilarant parce que non menacés.

Dans ces conditions, le capital est responsable principal mais est-il le seul coupable ?

http://canaille-le-rouge.over-blog.com/article-cfallait-il-accepter-la-privatisation-de-renaultlio-2010-42614595.html

3 Messages de forum

  • Merci pour cet article. Il y a très longtemps que plus personne ne se pose la question du sens du travail. Or "le capital" ce n’est pas l’argent, ni la propriété, mais notre aptitude à vivre et travailler ensemble, les uns pour les autres, dans un esprit de discipline acceptée et de bonne volonté Imaginez que les femmes et les enfants fassent grève. les derniers parce qu’ils savent qu’il n’y a plus d’avenir, les premières parce que les politiciens comprennent si peu l’économie qu’ils ne voient pas que c’est l’alimentation et les conditions d’existence qui sont pris en otage par les cotations boursières. Les "autorités" courent après l’argent comme une addiction ! Il serait urgent de reprendre tout ça. De définir le travail, à quoi devrait-il servir, que vise-t-il ? C’est bien une révolution pacifique qu’il est urgent d’entreprendre avec détermination.
  • Deux remarques :

    1) Sarkozy et son gang peuvent brasser du vent tant qu’ils veulent, la seule solution est au portefeuille : puisqu’une Clio produite en Turquie coûte 10% moins chère que produite en France, il suffit de taxer de la somme équivalente celles qui rentreront pour être vendues en France. Les usines en Turquie produiront pour le marché turc, mais il n’y aura plus aucun intérêt à délocaliser la production pour le marché français.

    Attention, ces 10% ne doivent pas rester dans la poche du fisc français (pour être redonnés ensuite en subventions aux actionnaires de Renault ou autres grosses boîtes...), mais être donnés aux travailleurs turcs pour qu’ils aient des salaires (directs et indirects) corrects. C’est ce qu’on appelle le "protectionnisme social", pour protéger tous les travailleurs du Monde (et non les multinationales d’un pays ou d’un autre).

    2) L’Etat a-t-il vocation à fabriquer des voitures individuelles ? La réponse n’a pu être OUI que lorsqu’il sagissait de reprendre - provisoirement - l’outil de production au patronat qui avait collaboré durant la guerre, mais cela n’a pas plus de sens que de produire des chaussettes ou des caleçons d’Etat.

    Un Etat soucieux de "répondre aux besoins économiques et sociaux de ses habitants" doit réguler plus que produire, encourager l’économie sociale et solidaire plutôt que celle ("réelle" comme "spéculative") à visée de profit.

    En ce qui concerne plus particulièrement les transports, l’Etat peut produire et organiser des moyens collectifs (la SNCF doit donc rester publique), mais pas des moyens individuels, qui sont une incitation permanente au gaspillage, à la pollution, au mitage du territoire et à l’individualisme.

    Mieux encore, plutôt que de "développer les transports", comme nous le promettent tous les politiciens (en ce moment régionaux), l’Etat devrait au contraire rechercher tous les moyens pour "faire décroitre" les transports, en particulier par des politiques d’urbanisme qui rapproche les lieux de travail et d’habitation, et d’aménagement du territoire qui rapproche les lieux de production (agricole et industrielle) des lieux de consommation (désormais principalement les villes).

    "Un quatre-quatre pour tous, fabriqué par l’Etat" n’est pas un slogan très révolutionnaire !

  • UN PEU DE DECENSE S’IL VOUS PLAIT...

    23 janvier 2010 05:23, par JANCAP

    Je ne comprends plus... C’est quoi toute cette agitation pour la délocalisation de la fabrication de la Clio de Renault ? ...un étrange patriotisme ?... Et même, il est bien tard !!!...

    Ne sommes-nous pas dans un monde libéral ? ...où la circulation des hommes, des biens et des capitaux est entièrement libre ? L’objectif de l’entrepreneur privé n’est-il pas le profit financier maximum ?... La classe dirigeante française, majorité du PS incluse, n’a-t-elle pas adopté avec enthousiasme le Traité de Lisbonne ? ...copie de l’ancien projet de Constitution Europénne ? ...qui garantit "une concurrence libre et non faussée" à l’intérieur de l’Union ? Cette Union qui adhère sans réserves à l’OMC et à l’AGCS, pour garantir une "mondialisation heureuse" ! ...basée sur les différentiels salariaux, sociaux et fiscaux entre Pays ???...avec paradis fiscaux initiés par les dirigeants mondiaux pour "fluidifier" la mondialisation ?

    Mais pourquoi les Français protestent-ils donc, devant "certaines" délocalisations ? ...alors qu’ils ont voté majoritairement (gauche en 1997, droite en 2002 et 2007) pour des dirigeants qui voulaient construire cette Europe, en signant TOUS les sommets européens qui la préparent ? Pourquoi cette danse du ventre de l’UMP et des ultra-libéraux du PS qui font les vierges effarouchées, alors que Renault respecte ...les Lois de l’Europe, faites par eux ?

    Soyez cohérents, Messieurs Dames ! ...on ne vous a pas forcé vos votes, que je sache ? ...il n’y a pas eu de fraude électorale massive en France ? Respectez la démocratie, s’il vous plait !

    En vous faisant ce rappel à l’ordre, j’essaie d’être démocrate ...bien que minoritaire. Etant très européen, j’ai toujours voté contre cette Europe des maffias financières, des marchands néo-esclavagistes et de leurs obligés politiques. Il ne faut pas être grand clerc en économie pour savoir que sans convergences salariales, sociales et fiscales pour une Europe progressiste et humaniste, avec des préférences communautaires qui protègent les Peuples de la mondialisation néo-colonialiste des maffieux de la finance, l’Europe de "la concurrence libre et non faussée", c’est le renard libre dans un poulailler libre ! ...c’est permettre aux loups de devenir les gardiens des bergeries !...

    Alors, Mesdames et Messieurs les politiques et citoyens électeurs, un peu de décence s’il vous plait ! Laissez Renault manager, dans le cadre des lois et règlements que vous avez permis d’élaborer !!! ARRETEZ DE GUEULER ! ...ALORS QUE VOUS ETES DES POMPIERS PYROMANES !


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