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Ces sanctions qui détruisent l’Europe
par Karine Bechet-Golovko

mercredi 3 septembre 2014


Ces sanctions qui détruisent l’Europe

En infligeant des sanctions à la Russie, l’UE s’inflige des sanctions à elle-même. Plus de 7 milliards de pertes sèches prévues, 130 000 pertes d’emploi rien qu’à la suite de la réponse adoptée par la Russie. Et l’agence de notation Standard & Poor’s d’indiquer que cela, finalement, ne joue pas fondamentalement sur la Russie. Et l’UE de ne plus savoir jusqu’où aller, même exclure les clubs de foot russes de la FIFA et de l’UEFA. Quand ces mouvements politiques deviennent hytériques et conduisent au suicide économique du marché européen, à la destruction des valeurs européennes et à la chute des Etats Nations, il est temps de tirer la sonnette d’alarme.

Les différentes vagues de sanctions successives et finalement réciproques entraînent, selon un institut hollandais, un risque de pertes de 7 milliards pour l’économie européenne. 7 milliards quand l’UE propose généreusement 125 millions d’euros pour compenser les pertes de toutes les entreprises de tous les pays européens. Et alors que la courbe du chômage ne cesse, elle, de monter, le risque des pertes d’emplois lié à la politique de sanctions conduite par l’UE est estimé à 130 000 places. Ces chiffres devraient faire réfléchir, d’autant plus que la situation s’aggrave dans tous les pays de la zone euro.

Le président de l’Institut allemand d’économie mondiale estime que l’UE n’a pas correctement apprécié les conséquences à long terme d’une politique de sanctions : profonde crise en Europe du Sud, baisse du cours des actions des entreprises touchées, risque de hausse du prix du pétrole et de problèmes d’approvisionnement ... L’économie allemande ressent déjà les premières secousses, dans le secteur de la fourniture du matériel pour l’extraction du pétrole, une baisse significative du prix des produits laitiers, surtout le beurre, une baisse du chiffre d’affaire des entreprises dans l’agroalimentaire. Dans l’ensemble, il s’agit d’une baisse des exportations de l’ordre de 10%. Et le ministre de l’agriculture allemand d’ajouter que, de toute manière, il ne faut pas se faire d’illusion, il n’y aura pas de compensation totale des pertes subies.

Ces difficultés touchent certains plus gravement que d’autres. La Lithuanie, par exemple, se trouve en grande difficulté, car son économie est largement dépendante de ses exportations vers la Russie. Et l’UE de lui dire tout de suite qu’il est hors de question de compenser toutes les pertes, mais certaines mesures d’aides peuvent être adoptées, pour qu’elle exporte un peu en Europe, dont le marché est totalement saturé. Le volume de pertes est déjà de 55 millions d’euros, dont 24 millions en produits laitiers. La compensation est intervenue à hauteur de seulement 6 millions d’euros.

Et encore, le montant n’est pas trop élevé, si l’on regarde les pertes dans d’autres pays. Pour la Hollande, les pertes sont estimées à 1,5 milliards d’euro de pertes directes, sans compter les pertes indirectes, selon la Confédération des entrepreneurs de Hollande. En Italie, les pertes directes sont estimées à 1 milliard d’euros par la Confédération des agriculteurs italiens.

Encore, tous ces sacrifices pourraient avoir un sens, s’ils produisaient les effets recherchés par ceux qui les adoptent. A savoir fragiliser l’économie russe pour la pousser à infléchir sa politique. Mais ce n’est pas le cas. Et pour cause, même l’agence de notation Standard & Poor’s estime minime l’impact sur l’économie et la finance russe des sanctions adoptées. L’instrument choisi ne pourra donc pas produire les effets attendus. Donc, les pays européens doivent faire des sacrifices pour rien, en tout cas pour autre chose. Mais pour quoi alors ?

Dans ce contexte, particulièrement défavorable à l’économie européenne, on annonce la possibilité de nouvelles sanctions sectorielles avant la fin de la semaine, vue la situation en Ukraine. Autrement dit, il faut baillonner l’économie européenne au fur et à mesure des erreurs politiques et stratégiques du Gouvernement de Kiev et des échecs de l’armée ukrainienne. Quel est le rapport ? Drôle de logique ... Mais comme l’absurde ne tue pas, en tout cas ceux qui prennent les décisions, l’UE pourrait même aller jusqu’à sanctionner le sport et particulièrement le foot. Les clubs russes pourraient être temporairement exclus de la FIFA et de l’UEFA.

Au-delà de l’économie, c’est l’idée même de l’Europe qui est attaquée par l’Union Européenne, l’idée d’une Europe couvrant tout le continent européen, d’une Europe qui peut avoir des intérêts propres, une politique propre, une Europe européenne dans sa culture et dans son être. Historiquement. Cela risque de ne devenir qu’une ligne en bas de page dans un manuel d’histoire.

Karine Bechet-Golovko

mercredi 3 septembre 2014

Russie politics


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