COMITE VALMY

Accueil du site > - ANTI-IMPERIALISME - Solidarité entre les peuples et nations (...) > DEVOIR DE RESISTANCE DANS LES BALKANS par Frédérik Brandi

Coup de force euro-atlantiste et germano-américain au Kossovo

DEVOIR DE RESISTANCE DANS LES BALKANS par Frédérik Brandi

Communiqué du Comité Valmy

vendredi 5 mars 2010, par Comité Valmy


Voir en ligne : Sur la construction de quelques mythes balkaniques par Marc Antoine Coppo

Les séparatistes albanais du Kosovo, par la voix des mafieux et des terroristes de l’UCK et de leur premier ministre Hashim Thaçi, viennent de déclarer unilatéralement, le 17 février 2008, "l’indépendance" de cette province serbe, selon un mode opératoire mis au point de longue date par les États-Unis. C’est le couronnement d’un processus déjà illustré par la guerre de conquête menée par l’OTAN contre la République fédérale de Yougoslavie en 1999. La victoire des forces euro-atlantistes n’avait alors pas uniquement servi à l’établissement au Kosovo d’une importante base militaire américaine, prison secrète jumelle de celle de Guantánamo, mais les bombardements s’étaient en outre accompagnés d’une volonté de génocide culturel, par la destruction systématique des monastères, églises, monuments du passé du peuple serbe, et l’exode forcé de centaines de milliers de Serbes du Kosovo, rompant l’équilibre ethnique de la région.

Droit, géographie, culture, morale, civilisation : rien ne peut donner au Kosovo, berceau historique et partie intégrante de la Serbie, les attributs d’un État. En l’absence d’accord de Belgrade ou d’approbation par le Conseil de sécurité des Nations Unies, cette déclaration d’indépendance est aujourd’hui aussi abitraire qu’illégale, visant à la consécration d’une occupation de fait. Or, en envoyant sur place une force de 2000 hommes pour "accompagner l’indépendance", l’Union européenne, plus que jamais soumise à la toile de fer que l’OTAN tisse au-desus de sa tête, se rend complice de cette violation exceptionnellement dangereuse du droit international. Sous la pression d’intérêts répondant à la vision germano-américaine d’une "Europe fédérale des Länders", c’est là un encouragement donné à tous les séparatismes régionaux sur le continent européen et dans le monde, provoquant en outre une réaction russe non exempte de risques d’escalade.

Cette mascarade du Kosovo met donc une nouvelle fois en lumière l’action de l’Europe qui, contrairement à ce que colportent les rengaines éculées, est loin d’œuvrer pour la paix. Rien d’étonnant à ce que le haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune de l’UE, Javier Solana, venu porter à Pristina un "message clair de l’engagement de l’Europe", ne soit autre que l’ancien secrétaire général de l’OTAN... La construction européenne, suscitée et financée par Washington au cœur de la guerre froide en tant qu’arme pour s’opposer au bloc de l’Est, est désormais devenue l’instrument de l’alignement forcé sur les valeurs du "marché" et de la "démocratie", volontiers confondues selon l’idéologie dominante. Cela explique l’acharnement constant dont ont été victimes la Yougouslavie et notamment les Serbes, dernier peuple insoumis en Europe centrale, avec pour dommage collatéral la submersion des opinions publiques occidentales sous des flots de haine et de désinformation, dépassant largement le cadre des guerres balkaniques pour noyer dans la terreur – pas seulement intellectuelle – toutes les pistes de réflexions non alignées relatives au phénomène de l’intégration européenne.

À l’heure où certains s’obstinent encore à voir en l’Europe une perspective obligée ou un horizon indépassable, l’histoire immédiate nous rappelle que ce système corrompu et vassalisé est un piège mortel pour la liberté des individus, des peuples et des nations. La question n’est donc plus de savoir si l’Albanie, la Serbie, la Turquie ou tel autre doivent de gré ou de force y entrer, mais de faire face à l’urgente et exemplaire obligation qui est la nôtre d’en sortir !

Pour le Comité Valmy, Frédérik Brandi

COMITÉ VALMY - 4, Impasse de la Grosse Bouteille, 75018 Paris - www.comite-valmy.org Tél. 06 11 96 51 08 - Courriel : info@comite-valmy.org

3 Messages de forum

  • En 52 avant Jésus-Christ, la Résistance gauloise perd la bataille d’Alésia. La République romaine envahit la Gaule. Les Romains annexent la Gaule.

    Sur le territoire de la Gaule, les Romains apportent leur langue, le latin. Petit à petit, les Gaulois apprennent à parler latin. Petit à petit, le latin recouvre les langues gauloises. Adieu, langues gauloises ! Les langues gauloises sont mortes ! Les langues gauloises sont oubliées ! Il ne reste qu’environ 140 mots gaulois dans la langue française d’aujourd’hui.

    Les Gaulois deviennent des Romains.

    Les Gaulois choisissent de devenir des Romains.

    Nous ne devons plus parler des « Gallo-Romains ». Je cite Christian Goudineau, professeur au Collège de France.

    « Sciences et avenir : Qu’est-ce qui fait le Gallo-Romain ?

    Christian Goudineau : Le Gallo-Romain est une invention du XIXème siècle, c’est du nationalisme pur ! On a voulu faire revenir « notre » fonds gaulois, alors que la Gaule était devenue romaine. En ce moment, que faisons-nous, si ce n’est parler en latin ? Nous ne parlons pas gaulois. Nous sommes des Romains. L’essentiel, selon moi, c’est la langue. C’est elle qui nous structure. » (Sciences et avenir, septembre 2007, p.49)

    Danièle et Yves Roman évoquent la disparition des langues gauloises :

    « Le problème de la langue était donc essentiel. Car le gaulois n’était ni un dialecte ni une langue fractionnée en une multitude de dialectes, et il n’est pas inexact d’ajouter que, quelques siècles plus tôt, il avait eu une vocation européenne, étant la langue la plus répandue chez les peuples du nord de l’Europe. Mais le latin était l’idiome des conquérants, des nouveaux maîtres, et de leurs émules, qui pouvaient se faire rapidement nombreux, la langue parlée sur le Forum de Rome étant l’image même d’un nouveau mode de vie, méditerranéen, fait de paix et de villes. » (Danièle et Yves Roman, Histoire de la Gaule, Fayard, p.509)

    Aujourd’hui, l’idiome des conquérants, des nouveaux maîtres, c’est l’anglais. Aujourd’hui, les élites françaises sont déjà colonisées. Aujourd’hui, les élites françaises sont déjà étatsunisées. Par exemple : « Valérie Pécresse, la ministre chargée de l’enseignement supérieur et de la recherche, veut rendre obligatoire l’enseignement de l’anglais pour tous en France : « je veux rompre le tabou de l’anglais », a-t-elle expliqué, le 25 février, à Bruxelles. Elle avait invité à déjeuner un groupe de journalistes français, en marge d’un Conseil des ministres « compétitivité », afin de donner ses priorités pour la présidence française de l’Union. « L’anglais doit être une des langues que tous les jeunes doivent maîtriser : on ne peut pas laisser sortir du système éducatif un enfant qui ne sait pas parler cette langue », a affirmé Pécresse qui, outre l’anglais, parle le russe. « Il faut même donner des cours en anglais à l’université », sur le modèle de ce qui se fait déjà aux Pays-Bas et dans les pays nordiques. « Notre culture rayonne d’autant mieux qu’on s’exprime dans la langue de l’autre ». La ministre a raconté que lors des déjeuners informels avec ses vingt-six collègues, elle s’exprimait en anglais sans réticence puisque c’est la langue commune : « je ne vais pas les obliger à avoir recours à l’interprétation ». Le chemin vers le tout anglais semble bel et bien balisé. Il va falloir s’y faire : à terme, les Français auront donc deux langues maternelles. À condition, bien sûr, que les moyens matériels suivent. »

    http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2008/02/le-gouvernement.html

    • En réponse à "Instit" : Si la langue est bien l’arme du colonisateur et de l’impérialiste, notamment états-unien, agissant aujourd’hui contre les nations européennes (protocole de Londres et autres attaques plus ou moins chirurgicales), il faut également souligner, dans le cas du Kosovo. "(…) ce qui est aujourd’hui imposé aux Serbes, chassés du Kosovo par une terrible purge ethnique, et illusoirement proposé aux Kosovars, n’est qu’un fantôme de souveraineté. Occupé par les troupes de l’OTAN depuis une décennie, soumis au mark allemand (lui-même base de l’euro), régi par les seigneurs de guerre de l’UCK, eux-mêmes très liés aux mafieux anticommunistes de l’Albanie voisine (dont l’essentiel des ressources provient de la base militaire US), le Kosovo "européen" ne sera indépendant que par rapport à Belgrade. Il restera un Etat fantoche, entièrement piloté par Berlin et Washington avec la complicité du régime sarkozyste (le premier proconsul du Kosovo après son occupation par l’OTAN fut Kouchner !)." (1)

      De plus, on peut ajouter "(…) En fait, tout s’oppose à doter le Kosovo d’aujourd’hui des attributs d’un Etat : aussi bien l’histoire, la géographie, la culture, la morale, la civilisation que la situation actuelle caractérisée par la conduite des affaires de la province par d’anciens criminels de guerre, par la violation totale des droits de l’homme, par l’absence de toute légalité, par le crime organisé et le règne de la mafia adonnée aux trafics en tout genre, par la poursuite de l’effacement des témoignages de la présence serbe, par l’impossibilité absolue pour un quart de million de réfugiés serbes, chassés en 1999 par les Albanais sous l’égide de l’OTAN, de regagner leurs foyers, par la pénétration dans la province de l’islam radical, comme le prouve la construction de nombreuses mosquées wahhabites à la place des églises détruites, par le risque d’un bouleversement balkanique et européen que provoquerait la reconstitution de la Grande Albanie du temps de Hitler et de Mussolini, enfin par l’encouragement qu’un tel acte inconsidéré donnerait aux autres mouvements séparatistes en Europe et dans le monde. Comme on le voit, le Kosovo actuel est en effet un cas unique certes, non pas comme une réussite de la communauté internationale, mais comme son monstrueux avorton. Telle mère, tel enfant ! Pour qu’il y ait un Etat, il faut, pour paraphraser Renan, qu’il existe une nation, un ensemble cohérent façonné par des siècles d’histoire dans un cadre géographique, et marqué par des œuvres de civilisation. Or il n’existe pas une nation albano-kosovare, tous les Albanais du Kosovo y étant venus en intrus prédateurs en provenance d’Albanie, à l’ombre de diverses tyrannies, turque, germano-italienne fasciste, communiste et otano-onusienne. Au fond tout est serbe au Kosovo, la terre, l’histoire, la civilisation, et il n’existe rien d’albanais hormis le nombre et la violence. Consacrer un tel état de choses, reviendrait à récompenser les Albanais pour la dictature serbe qu’ils auraient subie durant la dernière décennie du XXe siècle, avant que l’OTAN ne vole à leur rescousse, et à punir les Serbes pour avoir enduré l’oppression albanaise la plus cruelle sous tous ces régimes esclavagistes aux cours des époques précédentes. Pour comble d’aberration, les démocraties de l’Ouest infligent, d’abord en les bombardant, le châtiment aux Serbes qui combattirent avec elles le fléau nazi, pour les mutiler, ensuite, de leur Jérusalem et l’offrir en cadeau aux Albanais qui furent des auxiliaires du nazisme jusqu’à la dernière heure, notamment avec la Division Waffen-SS Skanderbeg à la sinistre renommée, et dont les derniers soldats tombèrent devant Berlin. Bien évidemment, si la raison et la justice guidaient les décideurs du sort du Kosovo, la solution serait de préserver celui-ci dans le cadre de la Serbie dont il fait partie territorialement, historiquement, spirituellement depuis près d’un millénaire, de tempérer les ardeurs albanaises, au lieu de les flatter et de s’en faire le glaive, d’œuvrer au rétablissement de l’équilibre ethnique rompu de la province, notamment en y faisant revenir 250.000 réfugiés serbes et 50.000 autres, en leur restituant leurs biens usurpés et en reconstruisant leurs lieux de culte détruits, bref de créer pour tous, comme le prévoit la résolution 1244 du Conseil de sécurité de juin 1999, les conditions d’une vie normale garanties par la communauté internationale qui, seulement, en agissant ainsi, serait digne de ce nom et justifierait sa présence au Kosovo." (2)

      (1) tiré d’un communiqué du PRCF (2) tiré d’un texte de Komnen Becirovic, publié sur le site de "Balkans Infos" http://www.b-i-infos.com/


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette