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Le G 20 et la politique du chewing-gum sur la chaise
par Karine Bechet-Golovko

lundi 17 novembre 2014, par Comité Valmy


Le G 20 et la politique du chewing-gum sur la chaise

Cette année, le G 20 vient de se dérouler en Australie. Dans une ambiance délétère, assez proche de celle d’un groupe de sales gosses autour d’un bac à sable. La tête de turc : le Président russe. Faute d’arguments, on ne peut quand même pas lui reprocher de n’être pas soumis, enfin pas directement, le registre est celui de l’agressivité de bas étage. Il ne reste plus aux pays alignés du G 20 que la politique du chewing-gum collé sur une chaise. Elle permet ainsi aux Etats Unis de garder la tête du mouvement. Mais est-ce pour autant une réussite ?

Le G20 est une structure qui, normalement, a été conçue pour régler les problèmes économiques d’ampleur mondiale. Et ils sont aujourd’hui légion. Même Cameron rappelle que nous sommes à la veille d’une nouvelle crise économique mondiale. Pour autant, les organisateurs n’ont rien trouvé de mieux que de parler de l’Ukraine et de l’Ebola. Alors qu’il existe déjà beaucoup de structures pour cela. Alors que le but n’était de toute manière pas de résoudre ces problèmes. Car pas plus que la crise économique, ce types de leaders politiques, trop faibles et inconsistants, ne sont pas aptes à résoudre les problèmes qu’en partie ils génèrent.

Il est vrai que les éléments tangibles pour attaquer la Russie manquent cruellement. Alors on baisse le niveau des attaques au plus bas possible. Obama, qui répète toujours le même discours - il n’a peut être pas eu le temps d’en changer, ou d’en apprendre un autre. Les Etats Unis luttent contre le virus Ebola et contre l’extension russe en Ukraine. Hourra ! Hourra ! Hourra ! Pour autant, ils semblent quand même en avoir peur. Pas d’Ebola, mais de la Russie. Comme le trahie involontairement Merkel : car oui, l’influence de la Russie pourrait bien s’étendre et vers la Géorgie, et vers l’Arménie et vers la Moldavie. Et comme par hasard, car le hasard fait bien les choses, ces pays commencent à être déstabilisés, de l’intérieur bien sûr. Alors elle insiste, on doit faire corps derrière les Etats Unis, être tous soudés, sinon le pire pourrait arriver. L’Allemagne prend maintenant la tête de la politique hystérique américaine en Europe.

Et du Premier-ministre canadien qui aurait dit à Poutine en le rencontrant : je veux bien vous serrer la main, mais vous dégagez d’Ukraine. Selon Peskov (porte-parole du Président russe), l’échange aurait été plus correct et Poutine lui aurait répondu que les soldats ne peuvent pas se retirer, car ils n’y sont pas. Et le premier ministre australien qui, avant le sommet, déclarait attendre le President pour le prendre au collet comme un homme et s’expliquer. Bon finalement chacun s’est serré la main. Les déconvenues furent mesquines, à la mesure de leurs auteurs : être mis en bout de photo, compliquer l’organisation du séjour, mettre un hôtel moins bien, etc.

Mais le Président russe a gardé son calme. Il ne s’est pas énervé. En fait, il ne s’est pas abaissé à ce niveau. Alors, que reste-t-il encore ? Si une institution comme le G20 en est réduite à ce type d’enjeu : pousser un Président à la faute ? Que reste-t-il si les grands de ce monde se comportent comme des sales gosses à qui n’importe quel adulte sain d’esprit aurait envie de mettre une gifle et au lit pour réfléchir ? C’est quoi la suite ? Retirer la chaise lorsqu’il va s’asseoir pour bien rire ? Mettre du sucre à la place du sel ? On en est à ce niveau. Ce n’est plus de la politique, c’est du renoncement.

Et c’est ce qu’à encore montré le G20. Il a lui aussi renoncé à faire de la politique : il n’est qu’un instrument de plus pour tenter de consolider cet ordre mondial américano-centré de plus en plus remis en question. Il a renoncé à s’occuper de ce pour quoi il a été créé. Personne ne s’occupe réellement de la crise économique mondiale. Simplement les Etats Unis veulent être le chef. Les autres doivent suivre ou être écrasés. L’accord atlantique permet d’authentifier la soumission européenne. Un accord sur une zone asie-pacifique de libre échange se prépare, qui contourne la Chine. Mais peut-on sérieusement isoler des pays comme la Chine et la Russie ? La politique américaine va droit dans le mur et entraîne l’UE avec elle. Remarquez, c’est peut être nécessaire. Pour remettre les pendules à l’heure. L’heure d’hiver risque de durer longtemps ...

Karine Bechet-Golovko
lundi 17 novembre 2014

Russie politics


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