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Les sanctions économiques et le secteur bancaire russe : des difficultés mais pas de danger
par Karine Bechet-Golovko

jeudi 4 décembre 2014, par Comité Valmy


Y. Solovev, président du Holding VTB Capital

Les sanctions économiques et le secteur bancaire russe :
des difficultés mais pas de danger

Dans deux journaux russes, Vedomosti et Kommersant, loin d’être affiliés à la presse soutenant le Kremlin, la question du secteur bancaire russe est abordée, à travers l’exemple d’une des grandes banques de dépôts et d’investissement, VTB. Son président estime que, si réellement la Russie est exclue du système SWIFT, cela équivaut à une déclaration de guerre. Dans tous les cas, un système équivalent doit être lancé d’ici mai 2015 et le secteur bancaire russe s’est adapté et réorienté vers d’autres marchés. Dans l’ensemble, les conséquences des sanctions ne sont pas dangereuses pour le système bancaire russe.

La question de l’élargissement des sanctions économiques envers la Russie à travers son exclusion du système SWIFT a été posée par le Parlement européen à la mi-septembre. Pour autant, la compagnie a immédiatement affirmé qu’elle n’agirait pas sous contraintes politiques extérieures. De son côté, la Russie a repris l’idée d’une régulation de ces systèmes afin d’en préciser les droits et obligations sur le territoire de la Fédération de Russie. Dans le même temps, le travail sur le lancement d’un équivalent intérieur a été remis à l’ordre du jour et pourrait voir le jour d’ici mai 2015, d’autant plus que 90% des transactions ont un caractère intérieur.

Cependant, pour A. Kostin, président de la banque VTB, comme le rappelle Vedomosti, si la Russie est mise à l’écart de SWIFT, l’ambassadeur américain doit alors quitter le territoire russe le jour même. L’exemple de l’Iran montre que ce type de décision est plus qu’un acte malveillant.

Il faut rappeler que la banque VTB est tombée sous le coup des sanctions économiques contre la Russie. Ces sanctions vont être contestées devant la Cour de l’Union européenne. Les espoirs de gagner le recours sont réels, les arguments juridiques existent, mais ce qui inquiète les requérants est de savoir à quel point le procès sera juridique ou politique.

D’une manière générale, comme l’affirme Y. Solovev, le président du Holding VTB Capital dans son interview à Kommersant, les sanctions ont posé surtout des problèmes aux banques référentes, qui ont vu augmenter leur volume de travail. En effet, chaque opération internationale de la banque sanctionnée a du être traitée manuellement. Cela a entraîné des retards considérables au départ allant de 2 à 3 semaines. Maintenant, ils ont été réduits à quelques jours. Les banques référentes ont été contraintes, sous l’effet des sanctions, de réaffecter leurs ressources et d’embaucher de nouvelles personnes. Seules quelques banques, au Canada, en Nouvelle Zélande et en Australie, ont décidé d’interrompre leurs activités avec VTB, car le volume de transactions n’était pas rentable au regard des nouvelles contraintes.

Le volume des transactions des actions et obligations russes sur les marchés extérieurs a baissé, depuis l’instauration des sanctions, de 45 à 60% et a obligé les banques à se réorienter. Toutefois, l’intérêt pour l’économie russe dans son ensemble existe toujours. Selon les données de DEALOGIQ, depuis le début de l’années 2014, 11 affaires de plus de 13 milliards de dollars ont été conclues, ce qui permet à la Russie de rester leader dans la catégorie.

La réorientation de l’activité bancaire russe est une conséquence directe des restrictions que les banques ont pu trouver sur les marchés boursiers européens et américain. Il faut souligner cependant que, si l’investissement occidental est en baisse, l’investissement asiatique est en hausse. C’est pourquoi, en ce qui concerne VTB Capital, l’activité d’investissement sur les premiers trois quart de l’année 2014 est en hausse de 14% par rapport à la même période en 2013. En développant son activité à l’international et en la diversifiant, la part des revenus internationaux dans les revenus de l’entreprise, est passée de 8% à 25% en 2014.

En ce qui concerne la diversification géographique, le tournant vers l’Asie (notamment la place financière de Hong Kong) et la Chine pour la coopération bancaire est largement connu. En revanche, les banques russes développent largement leurs activités également en Afrique, sur le marché des obligations, et au Moyen Orient. Elles commencent également à s’implanter en Inde. Au Moyen Orient, il s’agit, en plus de l’activité bancaire, d’investissement directes de différents pays (Qatar et Oman) dans l’économie russe ou par l’intermédiaire de Fonds d’investissement (EAU, Abu Dhabi).

Le marché boursier asiatique n’a pas encore pu compenser les pertes subies par les restrictions sur les marchés européens et américain, mais le président de VTB Capital estime que, en tenant compte de sa capacité fulgurante de développement, il est un élément clé de la stratégie russe. D’ici 5 ans, il devrait arriver à totalement combler les besoins russes en la matière.

Autrement dit, selon cet acteur clé du secteur bancaire russe, il n’y a pas de danger imminent pour le secteur bancaire russe suite aux sanctions économiques, mais de réelles difficultés qui obligent à s’adapter en diversifiant son activité, tant au niveau des prestations rendues, que géographiquement.

Karine Bechet-Golovko
jeudi 4 décembre 2014

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