Source : cdafal 77
mardi 2 mars 2010, par Comité Valmy
Le rapport de la cour des comptes sur le traitement du surendettement par la Banque de France est sans appel :
"Manque de prévention du phénomène, dysfonctionnement des commissions chargées des dossiers des consommateurs, comportements irresponsables des établissements de crédit.."
Des centaines de milliers de familles touchent le fond pendant que les maisons de crédit continuent à faire leur beurre sur le dos des naufragés de la vie.
Ce n’est pas acceptable !
Plus de 20 000 personnes déposent chaque mois un dossier de surendettement à la Banque de France...
De nombreuses familles continuent à se trouver dans des situations critiques, beaucoup d’entre elles hésitent à faire le pas et à s’adresser à la Banque de France...C’est ainsi que des familles passent de l’endettement passif à un surendettement actif en faisant appel à des crédits révolving.
Ce fameux crédit révolving est présent dans 85% des dossiers.
Dans les permanences que les associations familiales assurent chaque semaine sur la région de Melun, il s’agit souvent de dix ou quinze crédits différents. J’ai même rencontré une famille complètement démunie ayant 70 000 € de dettes sans posséder ni voiture neuve, ni appartement, ni même un équipement ménager exceptionnel.
Les bénévoles qui assurent un accompagnement des familles et qui aident celles-ci à composer des dossiers de surendettement à la Banque de France sont souvent effarés devant la détresse des personnes reçues, détresse de personnes tombées dans les filets des marchands de rêves devenant des cauchemars !
Comment peut-on en arriver jusque là ?
C’est un engrenage infernal, l’endettement arrive, puis le surendettement et la recherche de solutions comme ces offres de crédits alléchants de prime abord.
L’encadrement du crédit et la protection des familles ne sont que des leurres et la politique de Christine Lagarde, ministre de l’économie est implicitement mise en cause dans le rapport de la Cour des comptes.
La consultation de l’actuel Fichier des Incidents de Remboursement des Crédits aux Particuliers (FICP) "n’est pas systématique" et en plus "le même établissement peut accorder plusieurs crédits à des personnes manifestement hors d’état de rembourser, le quatrième crédit, par exemple, servant à rembourser les trois premiers".
Les magistrats pointent les failles du texte gouvernemental et notamment à propos de la fameuse obligation pour les maisons de crédits de consulter le FICP.
Cette consultation, quand elle est effective, s’applique bien souvent au moment de l’octroi du crédit renouvelable, elle prend fin quand le consommateur puise plusieurs fois dans une réserve qui se renouvelle !
Il est nécessaire que des mesures énergiques soient prises :
L’interdiction du crédit révolving, l’interdiction des crédits contractés sur les lieux de vente, notamment les grandes surfaces, et donc l’interdiction des cartes de crédit de ces firmes (d’autant plus que souvent elles ne sont pas assez protégées contre les usages frauduleux), la déclaration d’insolvabilité de toutes dettes bancaires prises alors que les établissements ont pu constater que leurs clients étaient surendettés ; l’interdiction de toute publicité pour des organismes de crédit, et à terme nous demandons que les particuliers ne puissent contracter un crédit que dans une et une seule banque qui tient leur compte, seule à même de connaître les ressources du demandeur, le relèvement des minimas sociaux au-dessus du seuil actuel de pauvreté, le blocage du montant des loyers....
Ces mesures indispensables ne suffisent pas à enrayer le surendettement, elles doivent être accompagnées par une campagne d’information et de prévention, car nous craignons hélas que se développent des officines illégales de détournement des lois.
De nombreuses personnes, jeunes pour la plupart, ne savent pas gérer un budget. Car c’est là que se trouve la source de la plupart des difficultés : nous exécrons et condamnons évidemment les lois et publicités qui font tout pour séduire et tromper les consommateurs, mais si ceux-ci y étaient insensibles, s’ils savaient y résister, le mal serait moindre. C’est une question d’éducation.
Déjà ils doivent apprendre la première des règles d’usage : le remboursement d’un crédit quel qu’il soit coûte nécessairement plus cher que le paiement au comptant, parce que l’emprunteur paie des intérêts en plus du capital, de quelque façon que l’on s’y prenne, même et surtout par remboursements échelonnés, le montant éventuellement faible de chaque mensualité n’est qu’un leurre.
Nous déplorons que ce ne soit plus enseigné à l’école, alors que dans le cours d’arithmétique de la classe de CM2 jadis les calculs d’intérêt, d’épargne et d’emprunts étaient l’objet de la plupart des problèmes, présents massivement pour faire comprendre aux enfants des classes populaires à bien calculer pour défendre leurs intérêts. Les programmes actuels ont supprimé ces sortes de problèmes, et c’est clairement au détriment de l’intelligence des enfants, et au détriment de l’intérêt des familles.
Nous demandons donc, comme association familiale défendant les intérêts des familles et non ceux des banques, que nos enfants reçoivent dès l’école primaire un enseignement correct sur ces questions : il faut améliorer le programme dans ce sens.
Jean-François Chalot et Isabelle Voltaire
Arithmétique nouvelle du Cours moyen, René Jolly, 1960 :
« Votre père veut vous acheter une bicyclette dont le prix marqué est 156 F. Il verse 10 F à la commande et le 1/3 du prix à la livraison. Le reste, majoré de 8 %, sera payé en 6 mensualités. 1° Quel sera le montant de chaque mensualité ? le prix de revient ? 2° Quelle économie le père aurait-il réalisée en payant la bicyclette au comptant, avec une remise de 5 % ? »