COMITE VALMY

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Arrêter de danser autour des accords de Minsk
Alexandre Nagorny

mardi 3 février 2015, par Comité Valmy


Arrêter de danser autour des accords de Minsk

L’article ci-dessous, écrit par Alexandre Nagorny, Secrétaire exécutif du Club d’Izborsk, publiciste spécialisé en relations internationales a été mis en ligne récemment sur le site du Club d’Izborsk. Il s’agit d’une analyse sévère de la position russe vis-à-vis de la crise ukrainienne, conclue par une ouverture sur une voie de sortie de crise conforme à la vision des patriotes russes.

En février dernier, Moscou a laissé filer une situation unique, lorsque Kiev perdit toute légitimité lors du coup d’État. Il eût fallu prendre Yanoukovich par la main, l’amener à la tribune à Karkhov ou Donetsk et le faire parler de la nouvelle Ukraine. De l’Ukraine débarrassée des nazis, et des occidentalistes, du projet oriental, de l’union avec la Russie, et poursuivre tout ce qui avait été démarré de Tchernigov et Karkhov jusqu’à la Transnistrie. Ce schéma eût été légitime. Au lieu de cela, on est revenu avec la Novorossie, qui dans les limites du Donbass ne fonctionne pas, du point de vue idéologique. Il y a 90 ans, tout le monde disait que le Donbass était en Ukraine, et maintenant, il se trouve que c’est la Novorossie. J’admets que cette appellation elle-même remonte à l’époque de la libération de ces territoires du joug turc, mais il faut comprendre que pour de nombreux ukrainiens contemporains, la Novorossie, ce sont des terres ukrainiennes adjointes récemment à la Russie. C’est ainsi qu’ils pensent.

Au lieu de cela, il eût été utile de travailler sur base d’une plate-forme antifasciste réunissant une immense partie de la population d’Ukraine, afin de concevoir une nouvelle Ukraine, un nouvel État, contrepoids aux nazis, banderistes pro-occidentaux. Mais il n’en a pas été ainsi. Du point de vue pratique, nous avons laissé aux ukronazis tout l’avantage de la campagne de propagande. Et ils l’ont exploité très intelligemment en développant une campagne de propagande anti-russe absolument sans précédent.Et il est indispensable de reconnaître aujourd’hui la forte cohésion des Ukrainiens devant la menace russe. Des millions de gens en Ukraine croient pieusement que la Russie a envahi l’Ukraine, s’est accaparée leur territoire et mène la guerre contre elle ! C’est la raison pour laquelle je considère utopique l’attente de certains camarades au Kremlin, selon laquelle Kiev viendrait à s’effondrer gentiment. Il n’y aura pas de retournement pro-russe à Kiev dans la mesure où la-bas, tout est dirigé par l’ambassade des États-Unis, qui contrôle attentivement la situation et est prête à intervenir à tout instant, à n’importe quel niveau. Pour ce qui concerne la vie de tous les jours, l’intervention consiste à inonder le cerveau du peuple avec le purin de la propagande banderiste.

Nous faisons preuve d’une prodigieuse inconsistance. D’une part nous clamons en permanence l’existence d’un génocide de la population russophone du Donbass. D’autre part, nous soulignons sans cesse que nous entretenons des relations de travail permanentes avec Kiev, que nous avons un contact constant avec le nouveau pouvoir à Kiev, et nous appelons Porochenko, le principal assassin de la population russophone du Donbass, notre « partenaire légitime ». Tout cela induit une dissonance cognitive qui en fait provoque l’échec de tout le processus militaro-stratégique. En permanence, la situation est « ni la paix, ni la guerre », l’effusion de sang morose, sans aucune identification de nos objectif.

Combien de temps encore une telle situation peut-elle se prolonger ? Qui craquera le premier ? Soit les troubles s’étendent et un changement de pouvoir survient à Kiev, soit on assistera à l’épuisement intégral du peuple du Donbass, car il est tout à fait impossible de vivre dans de telles conditions. Je considère qu’il est extrêmement erroné de miser sur une telle alternative. Visiblement, Kiev dispose de al faculté de préserver sa capacité de survie sur période beaucoup plus longue que les Républiques de Donetsk et de Lougansk. Cela tient au fait que derrière l’Ukraine se tient notre principal opposant géopolitique, les États-Unis, pour lesquels il est d’une importance critique de soutenir l’actuel régime à Kiev ainsi que le conflit entre celui-ci et la Russie. Cela signifie que le soutien à Porochenko & Co ne manquera pas d’argent, vienne-t-il du protecteur ou encore du FMI pour quelques milliards de dollars. Pour l’instant nos moyens sont restreints. Le budget craque, les prix du pétrole sont à un niveau critiquement bas, et s’y ajoutent les sanctions de l’Occident… Dans de telles circonstances, nous sommes évidemment incapables d’assurer un plein soutien à la Novorossie et à son attractivité en tant que projet économique. Dans le meilleur des cas nous pourrions soutenir, plus que des paramètres socio-économiques modestes, un projet de mobilisation ferme, capable de garantir la consistance militaire de la Novorossie.

Pour cela nous devons arrêter aujourd’hui de danser autour des accords de Minsk et autres négociations portant sur un cesser-le-feu forcément favorable et nécessaire aux généraux ukrainiens défaits. Il faut agir de façon décidée sans aucun sentiment, ni sans rechercher une forme d’assentiment dans le regard de nos partenaires occidentaux. Nous devons comprendre que toute nouvelle exacerbation de la situation militaire aura lieu de façon toujours plus cruelle et sanglante dans la mesure où les forces armées ukrainiennes, bénéficiant du soutien des américains et de l’OTAN, se renforce constamment, acquiert de nouveaux armements et de l’expérience militaire. C’est pourquoi, alors qu’une phase nouvelle de la guerre a démarrer, il est indispensable d’en tirer parti au maximum et de détruire de façon décisive l’armée de la junte à Donetsk, d’ouvrir un corridor de Marioupol jusqu’en Crimée, et de poursuivre jusqu’à Odessa et la Transnistrie. De même, il faut en revenir au projet de nouvelle Ukraine sur les territoires qui seront libérés de la junte de Kiev.

Alexandre Nagorny
2 février 2015

SourceS/

http://www.dynacon.ru/content/articles/4676/

Russie Sujet Géopolitique

2 février 2015



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