COMITE VALMY

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Quand V. Poutine recadre le Gouvernement
par Karine Bechet-Golovko

jeudi 5 février 2015, par Comité Valmy


A. Dvorkovitch

Quand V. Poutine recadre le Gouvernement

Une épidémie sélective de grippe semble toucher le Gouvernement russe. Ainsi, le Premier ministre D. Medvedev et le sauveur de l’économie russe I. Shuvalov furent déclarés "malades" et donc absents de la réunion du conseil des ministres hier. Le Président V. Poutine a pris la direction des opérations le recadrage, ce qui n’est pas passé inaperçu.

Hier, lors de la réunion de crise du Gouvernement, le Président a mis les points sur les i. L’idée principale est que l’intérêt public ne se marchande pas et le négliger est un manque de professionnalisme.

Le premier à en faire les frais fut le vice Premier ministre A. Dvorkovitch, en charge de la question des transports. Sous sa houlette, plus de 300 lignes de trains régionaux furent fermées dans une vingtaine de régions, car ces régions qui en devaient en reprendre la charge n’ont pas eu le temps ni les moyens de conclure les contrats avec la compagnie des chemins de fers. Sans même parler du problème du transfert de financement. Dans certaines régions, les trains furent remplacés par des bus, dans d’autres par rien. Et les gens se retrouvent bloqués.

Voir la vidéo (en russe) ici :

Cette situation a été considérée comme inacceptable par le Président et les lignes furent rétablies par la compagnie des chemins de fers en attendant le règlement de la question. L’on se retrouve ici face à un autre problème : celui de la limite de l’efficacité de la privatisation. Les chemins de fers, lorsqu’ils sont une compagnie de logique privée, cherchent le bénéfice. Ils ne vont pas maintenir une ligne déficitaire pour la simple raison qu’elle présente un intérêt vital pour la population de certains villages. Seule la logique publique de l’Etat est à même de le faire et de l’imposer. Car le but de l’activité est autre.

L’autre exemple, hier, des conflits inévitables suite à la privatisation, concerne Rosneft. Alors que I. Setchine fait parti du premier cercle des proches de V. Poutine, il a également eu droit à une remise en place devant caméra. Ce qui est suffisamment exceptionnel pour être souligné. Rosneft devait construire en Extrême Orient une usine d’affinage du pétrole. Or, le projet est au point mort. Le président de Rosneft demande à V. Poutine un soutien des structures publiques pour obtenir des subventions et des avantages fiscaux pour réaliser le projet. La réaction en se fait pas attendre : il y a déjà toute une série d’avantages et de subventions prévus, que faut-il de plus ? Rien, les intérêts de l’entreprise ne peuvent porter atteinte à l’intérêt général de l’économie russe. Et Poutine de rappeler que Setchine comprenait cela lorsqu’il travaillait au Gouvernement, alors comment expliquer ce soudain changement.

Bref, le message est passé. Un message fort selon lequel l’intérêt général ne peut être mis de côté, surtout en situation de crise. Le gros business d’Etat, les Chemins de fer, Rosneft, etc, doivent s’adapter. Ils ne peuvent privilégier leurs propres intérêts. Autrement dit, le moment est venu de renvoyer l’ascenseur. Voyons qui, par la suite, cette grippe sélective va écarter au Gouvernement.

Karine Bechet-Golovko
jeudi 5 février 2015

Russie politics


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