COMITE VALMY

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DE BATTRE MA GAUCHE S’EST ARRÊTEE - Jean Lévy

vendredi 19 mars 2010, par Comité Valmy


Les médias (bulletins d’informations, interviews des leaders, commentaires), sont consacrées grandement aux polémiques politiciennes entre responsables de la « majorité » et de « l’opposition ».

Cela permet d’évacuer les problèmes vitaux des Français.

Et pas un mot sur l’Europe

A droite comme à gauche, c’est « l’omerta » sur la question. Alors que dans l’actualité, il n’est question que de l’intervention européenne dans les affaires des Etats, et aussi d’un « nécessaire gouvernement économique », voire d’un « FMI », au niveau de l’Union européenne.

Sur ces problèmes, le silence est d’or. C‘est le cas de le dire !

Pourtant, plus de 80% des lois votées par l’Assemblée, des décrets pris par le pouvoir élyséen, ne sont que la traduction, en français, des directives prises par la Commission de Bruxelles, conformément aux orientations communes du Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernements. Pour ceux qui en douteraient encore, les oukases de l’Union européenne vis-à-vis de la Grèce, la mise sous contrôle des finances de celle-ci, la « purge » infligée à son peuple, montrent qu’il n’existe plus de souveraineté des Etats. Et l’exemple hellène est brandi comme une menace visant d’autres pays, tels le Portugal, l’Espagne, l’Irlande, et pourquoi pas la France…

Cette situation, juste avant le second tour des élections régionales, devrait conduire les dirigeants des différents partis à s’exprimer, face aux citoyens, dont ils sollicitent les suffrages. Cela devrait être l’occasion d’un débat national sur notre appartenance à l’UE, au maintien de l’Euro comme monnaie unique.

Nenni ! Pas un mot dans les médias, pas une phrase dans les professions de foi sur « l’Europe » ! Ni à droite, ni à « gauche », ni dans la bouche du Président, ni dans celles des responsables de l’arc-en-ciel politique.

Pour le voyageur venu d’autres continents, la chose doit paraître étrange.

A croire que pendant le temps de la campagne électorale, la France s’est « mise en congé » de l’Union européenne !

Mais pourquoi une telle attitude ?

La raison est simple : il faudrait que, face aux électeurs, chaque parti annonce la couleur : pour ou contre l’intégration de notre pays dans l’Union européenne, l’abandon ou non de l’indépendance nationale et de la souveraineté populaire.

Or, toutes les formations en lice ont approuvé la construction et l’intégration européennes, ou se sont ralliées à l’idée. Mieux, l’UMP comme le PS et les Verts prônent « un gouvernement économique européen », un FMI au niveau de notre continent, qui dicterait la loi du capital aux vingt-sept peuples de l’Union (comme le fait son grand frère de Washington, à l’échelle mondiale).

Mais tous attendent le lendemain des élections pour réaliser leur rêve. Il serait malséant d’en faire juge les Français avant le scrutin.

Chacun, de Nicolas Sarkozy à Martine Aubry, se souvient du référendum de 2005.

Pas question de renouveler l’expérience : une seule fois suffit.

On comprend leur prudence.

Mais pourquoi le silence également du PCF et du Front de Gauche, comme du NPA ?

S‘ils avaient saisi l’occasion des élections régionales pour crier très fort la responsabilité de l’Union européenne dans les malheurs qui frappent notre peuple, s‘ils avaient appelé les électeurs à dire « NON à l’euro », « NON à l’intégration européenne », à travers leur bulletin de vote, nul doute que le Parti communiste français aurait rencontré un formidable écho dans la population et ouvert de véritables perspectives au désir profond de changement.

Les dirigeants du PCF n’ont pas choisi cette voie.

Au contraire, leur propagande ne fait aucune allusion à « l’Europe ». L’horizon du parti communiste se borne à l’entente avec le Parti socialiste, seule chance, pense-t-il, de garder des élus. Aussi, il ne faut rien dire qui puisse fâcher l’allié de la rue Solferino.

Et même, en Ile-de-France, le Parti communiste doit fermer les yeux pour ne pas lire la profession de foi ultra européenne de Jean-Paul Huchon, le président socialiste de la région :

« Je me sens plus Européen que Français (…) Il m’est facile d’imaginer l’Europe directement branchée sur les régions, et les régions sur des communes regroupées par l’intercommunalité (…) Je n’ai pas d’attachement national (…) Je n’aurais aucune difficulté à vivre dans une patrie qui serait l’Europe avec une patrie secondaire qui serait la région (…) La Nation ? Je ne crois pas en son avenir ».*

Pourtant de tels propos auraient pu animer la campagne. Mieux que les misérables ragots de ruisseau échangés entre supporters, en mal d’arguments.

* « De battre ma gauche s’est arrêtée » Pages 142-143

3 Messages de forum

  • DE BATTRE MA GAUCHE S’EST ARRÊTEE - Jean Lévy

    19 mars 2010 19:50, par Jean Claude GENTY

    je ne suis pas de gauche, je suis Gaulliste. Les propos de M. Huchon cités çi-dessus ont un facheux relent. Comment peut-il, en temps qu’encore élu français tenir de pareils propos.

    Dans combien de temps seront-nous asservis par un pouvoir politico-financier apatride si personne ne hurle sa colère et son dégout devant de tels propos.

    Et le Parti communiste de se taire, pour garder un semblant de représentativité. Il y a bien longtemps, ce parti entrait dans la clandestinité pour que revive la France, et ce avec les Gaullistes. Parti, réveille-toi, ils sont devenus fous.

  • DE BATTRE MA GAUCHE S’EST ARRÊTEE - Jean Lévy

    20 mars 2010 11:54, par alterette

    LA DÉSOBÉISSANCE EUROPÉENNE

    Par Aurélien Bernier, secrétaire national du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP)

    De toutes les questions taboues en politique, la plus taboue est sans doute celle-ci : peut-on encore mener une politique de gauche dans le cadre de l’Union européenne ? Il est évident que le respect des traités européens ne peut conduire qu’à accepter des politiques libérales. Pour une gauche radicale qui prétend gouverner un jour, il n’existe donc que deux options. La première est de renoncer, une fois élue, au programme qu’elle s’était engagée à mettre en œuvre, au motif que le droit européen le lui interdit. La seconde est de désobéir à l’Union pour pouvoir gouverner à gauche. Il n’y a aucune autre alternative. C’est la raison pour laquelle le M’PEP lance le débat autour de cette notion de « désobéissance européenne », qui consiste à refuser le diktat de l’Union européenne pour mener des politiques progressistes. lire : http://www.m-pep.org/spip.php ?article1499

  • De toute évidence, le Socialisme de ces gens là est un Mondialisme de gauche ! Or, nous le savons, la Destruction de la Nation est une arme d’assujetissement de l’Homme au Marché. Il ne s’agit donc pas seulement de justice sociale ou de préserver un quelconque lien avec la Nation ou une certaine idée de la Démocratie ... la question fondamentale est celle de l’Homme. Quel Homme voulons-nous ? Un Homme libre ou un Homme obéissant aux injonctions des forces du Marché ? Il ne peut pas y avoir de négociation, ni d’amendement à ce projet : seul l’affrontement est de mise. Nous voilà donc au pied du mur. Sommes-nous prêts ? Préparons-nous ! Jluc PUJO président des Clubs "Penser la France" Rédac. chef du site Politique-actu.com http://www.politique-actu.com

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