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Kiev adopte une loi sur "les territoires occupés" du Donbass
par Karine Bechet-Golovko

mercredi 18 mars 2015, par Comité Valmy


Les dirigeants des "territoires occupés"

Kiev adopte une loi sur "les territoires occupés" du Donbass

Une nouvelle région du monde se voit dotée de "territoires occupés". Mais il faut reconnaître l’originalité constante dont veut faire preuve le pouvoir ukrainien dans les formulations qu’il reprend. Car ici, les territoires sont occupés ... par la population locale. Et en voyant la constance avec laquelle l’armée ukrainienne bombarde les zones habitées, il est incontestable que Kiev veuille mettre un terme à cette "occupation" incommodante.

La Rada vient d’adopter le texte proposé par le Président Poroshenko sur le statut des territoires de Lugansk et Donetsk. N’ayant pu obtenir la majorité suffisante pour le faire voter en l’état, le Président fut obligé de négocier les amendements au texte avec les différentes fractions parlementaires. Ces amendements permettent en tout cas de mettre un terme à la discussion. Je ne parle pas de la discussion à l’Assemblée, je parle de la discussion politique pour une sortie de crise. Sans rentrer dans les détails, voici les trois points importants qui mettent en échec les derniers pourparlers de paix.

Tout d’abord, en ce qui concerne le territoire couvert par l’acte législatif ukrainien, il ne correspond pas au territoire réellement sous contrôle des militaires ukrainiens dont il était alors question, car il nie toutes les avancées des combattants après les premiers accords de Minsk, lorsqu’ils repoussèrent les attaques de l’armée ukrainienne.

Sur la carte ci-dessus, vous voyez en rouge la ligne de démarcation fixée par l’Ukraine par rapport au territoire contrôlé par les combattants représenté en couleur. C’est en fait un bon moyen de gagner sur le plan politique ce que le pouvoir ukrainien est incapable de faire sur le terrain militaire. Car en politique, il sait pouvoir compter sur l’aide aveugle et inconditionnelle des Etats Unis et donc de l’UE. Ce qui est plus facile.

Ensuite, Kiev ne reconnait pas les représentants élus des républiques de Donetsk et Lugansk et exige la tenue de nouvelles élections sous contrôle des organes internationaux. Ces élections furent effectivement tenues dans des circonstances particulières, celles d’une guerre, mais elles ne sont pas moins légitimes que celles de l’Ukraine qui se déroulèrent dans des conditions très contestables. De plus, l’acte exige que les forces armées illégales soient retirées du territoire avant la tenue des élections. Dans la mesure où l’OSCE continue à affirmer ne pas voir d’armée étrangère sur le territoire du Donbass, Kiev envisage-t-il de renvoyer les "consultants" étrangers bien armés qui lui ont été envoyés, ou bien les membres des armées privées n’entrent ils pas dans la catégorie visée, à moins que cette catégorie ne soit pas applicable au pouvoir central ? Ce qui semble beaucoup plus commode, en effet.

Enfin, en parlant de ces territoires, la Rada emploie le terme de "territoires occupés". Par qui, est la question qui vient immédiatement en tête. Dans la mesure où les armes furent prises par la population contre le pouvoir de Kiev, ces territoires semblent être occupés par la population locale. Et lorsque l’on voit la persistance avec laquelle Kiev a bombardé les zones d’habitation, les hôpitaux, les écoles, les églises, les systèmes d’approvisionnement en eau, gaz et électricité, rasé les villages récalcitrants, l’on comprend à quel point le pouvoir semble décidé à se débarrasser des "occupants" qui n’ont pas eu le bon sens de mourir ou de se réfugier dans un autre pays.

C’est pourquoi le porte-parole du Kremlin affirme que Kiev met tout en place pour ne pas appliquer les accords de Minsk, que les derniers actes adoptés par la Rada mettent les pourparlers de paix dans une impasse politique. Comment et avec qui discuter après cela ? Il ne sert à rien, en l’occurrence de poursuivre la discussion, puisque Kiev non seulement n’applique pas les accords, mais les utilise et les détourne à des fins politiques. La méthode est certes grossière, mais le trompé est consentant. L’UE et les Etats Unis font ainsi semblant de voir que Kiev adopte formellement les actes prévus, sans pour autant s’attacher au contenu. La faute va alors retomber sur les républiques indépendantes, qui n’ont d’autres choix que de dénoncer cette farce. Et évidemment, personne ne parlera du fait que dans le même temps l’armée ukrainienne se remette à bombarder, aujourd’hui, la ville de Donetsk à l’artillerie. Celle-là même qui devait être retirée.

Dans un calme olympien, le ministre russe des affaires étrangères, S. Lavrov demande à la France et à l’Allemagne de faire pression sur Kiev pour qu’ils respectent les accords conclus. Mais que peuvent-ils ... et que veulent-ils faire ? Peu de choses. Car demander à Kiev de respecter les accords c’est envisager la possibilité que Kiev ne respecte pas ces accords, donc les viole. Or ils ne sont pas habilités pour cela.

Karine Bechet-Golovko
mercredi 18 mars 2015

Russie politics


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