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Dmytro Iaroch, les néonazis de Pravy Sektor au secours de Porochenko
par Olivier Brayard

dimanche 29 mars 2015, par Comité Valmy


Dmytro Iaroch, les néonazis de Pravy Sektor au secours de Porochenko

Dmytro Iaroch est né en 1971 à Dniepropetrovsk, une ville sur la fracture du Dniepr comportant une très forte proportion de russophones. Il s’engage dès 1989 dans des activités politiques militant dans la frange dure du nationalisme ukrainien à tendance néonazie. Il fait son service militaire dans l’Armée soviétique entre 1989 et 1991 et fonde en 1994, une organisation nationaliste se réclamant de Bandera, le Trident. Il devient l’un des dirigeants dès 1996 pour en prendre la tête jusqu’en 1999. Il reprend des études en 2001, obtenant un diplôme de la Faculté de philologie Ivan Franko à Drogobitch. Il publie un livre La révolution ukrainienne : le XXIe siècle où il expose ses thèses ultras radicales, notamment en exprimant une russophobie et un antisémitisme avéré.

Il entre en scène durant le mouvement de l’Euromaïdan où surfant sur la vague de la Révolution, le Trident est renommé Secteur Droit (Pravy Sektor) au début de 2014. Il indique que l’objectif de l’engagement de son organisation « n’est pas de soutenir la signature d’un traité d’intégration dans l’Union européenne, mais de faire la révolution nationale et de renverser le régime que nous appelons le régime d’occupation interne », en référence avec la supposée occupation de la Russie en Ukraine. Il propose dès cette époque une épuration ethnique de la Russie de gré ou de force de ce qu’il définit comme « la racaille russo-juive ». Durant les manifestations, ces partisans forment des compagnies de défense du Maïdan et se montrent de plus en plus ostentatoires, s’affichant avec des drapeaux de l’UPA de Bandera et Choukhevytch, collaborateurs avec l’Allemagne nazie, le second étant mouillé dans la Shoah par balles en Ukraine et en Biélorussie en 1941 et 1942. Les compagnies du Pravy Sektor fortement organisées en troupes paramilitaires se distinguent dans la lutte armée contre les forces de police sur la place du Maïdan.

Le 22 février 2014, il fait pression sur le gouvernement provisoire et demande l’interdiction du Parti des régions de Ianoukovitch composé de nombreux russophones et du Parti communiste ukrainien. Le 16 mars alors que la Crimée proclame son rattachement à la Fédération de Russie il menace de lancer des groupes de saboteurs pour empêcher la fourniture de pétrole et de gaz de la Russie à l’Union européenne. Le Pravy Sektor est transformé en parti politique et il se présente pour la présidence de l’Ukraine. Il établit un programme qui donne pour priorité la lutte « contre le néo-colonialisme du Kremlin » et « l’agression russe ». Il réclame la mobilisation générale, l’utilisation des ressources du pays pour former une armée puissante, l’interdiction de certains médias jugés anti ukrainiens. Il propose également d’organiser en Crimée une guérilla antirusse en s’appuyant sur les populations tatares et de commanditer l’assassinat des principaux chefs séparatistes russophones. Définissant l’autre parti ultra nationaliste Svoboda comme « trop mou », il déclare toutefois le 22 mai 2014 envisageable la fusion des deux partis.

Aux élections, il ne remporte que 0,7 % des voix et fait une déclaration où il annonce « qu’il soutiendra toutes les actions du président nouvellement élu Petro Porochenko pour unir et préserver l’Ukraine et rétablir l’ordre dans l’Est du pays ». Il avait lancé un appel le 12 avril précédent pour que les membres du parti s’engagent dans des unités paramilitaires pour aller combattre les séparatistes russophones de l’Est de l’Ukraine. Son parti fonde une unité paramilitaire de vétérans fascistes du Maïdan, baptisé « bataillon spécial Donbass ». Il déménage son Quartier général de Kiev à Dniepropetrovsk où ses partisans se livrent à des opérations de terreur en direction des populations russophones. Des expropriations, des enlèvements, des meurtres et des persécutions sont signalées notamment contre le Parti communiste local et contre les habitants réputés opposés au nationalisme ukrainien. Ses miliciens pratiquent le rapt, les réquisitions de force s’apparentant au banditisme. Les exactions commises par le bataillon Donbass prennent une telle ampleur qu’un mandat d’arrêt international est lancé contre lui par Interpol, à la demande de la Russie, le 25 juillet 2014.

Il n’est pas du tout inquiété par le gouvernement ukrainien de Porochenko et même élu à la Rada ukrainienne le 26 octobre 2014. Il part sur le front avec les paramilitaires du Pravy Sektor. Piètre commandant militaire, son unité est étrillée à la suite de ses ordres incohérents le 17 août 2014 dans le secteur de Donetsk (32 tués et un nombre inconnu de blessés). Il participe à la bataille de l’aéroport de Donetsk où ses « cyborgs » sont quasiment anéantis, lui-même est blessé le 21 janvier 2015. Il subit deux interventions chirurgicales, sa vie n’étant pas en danger. Ses positions idéologiques sont héritées du nationalisme de Bandera, à savoir que la Russie est l’ennemi absolu de l’Ukraine qu’il faut détruire par tous les moyens. Il a pris également des positions anticléricales visant particulièrement le christianisme, mais aussi raciales et antisémites, demandant une purification ethnique de l’Ukraine. Il a stigmatisé à plusieurs reprises l’Union européenne et pris des positions homophobes extrêmes. Il déclare également ne pas voir dans l’UE et l’OTAN des alliés et dans les Etats-Unis un autre ennemi de l’Ukraine.

Les membres du Pravy Sektor ont également formé d’autres unités paramilitaires qui ont été jetées contre le Donbass. Le gouvernement de Porochenko à l’exemple du l’Euromaïdan utilise Iaroch comme troupes de choc, avant-garde et garde prétorienne du régime. Malgré la présence avérée de ces drôles de militants démocrates, les médias européens ont fait le silence de leur participation à la Révolution du Maïdan et sur les atrocités commises à l’encontre du peuple du Donbass. Dans une manifestation à Paris pour la mémoire de Boris Nemtsov, des journalistes français qui filmaient ont pris le soin de cacher à l’écran les drapeaux du Pravy Sektor qui flottaient ici et là au milieu des manifestants. La France déclarait la lutte contre l’Antisémitisme comme cause nationale au mois de janvier 2015… allez donc savoir pourquoi de tels drapeaux flottaient impunément dans la capitale française. Pour les médias français, depuis l’hiver 2013-2014, « il n’y a pas de néo-nazis en Ukraine ».

samedi 28 mars 2015

Olivier Brayard
pour Novorossia Vision


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