COMITE VALMY

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La Victoire sans les Oligarques.
Oleg A. Tsariov

lundi 30 mars 2015, par Comité Valmy


la Victoire sans les Oligarques.


En contrepoint au texte mis en ligne ici et argumentant la possibilité de décoder les événement récents en Ukraine comme l’apparition d’une situation nouvelle qui permettrait de considérer Kolomoïski comme un « allié objectif » de la Nouvelle-Russie, voici la position développée à ce propos par Oleg A. Tsariov, Président du Parlement de l’État autoproclamé de Nouvelle-Russie. Il s’agit d’un texte publié le 28 mars 2015 sur le site du journal russe Svobodnaia Pressa.

Certains amis m’ont expliqué que nous devrions soutenir Kolomoïski si nous voulons renverser le régime fasciste en Ukraine. Maintenant, Kolomoïski est affaibli et il s’oppose à Porochenko. Nous devrions donc le soutenir, dans la mesure où cela contribuerait à affaiblir Porochenko. Soutenons donc Kolomoïski et qu’ils se battent entre eux jusqu’à ce qu’ils s’entre-tuent jusqu’au dernier… J’ai toujours considéré que mettre des voleurs, des pillards et des bandits au pouvoir et ensuite espérer qu’ils cessent de ne penser qu’à s’emplir les poches et qu’ils commencent à s’occuper du peuple, c’est stupide.

Grigorichine a régulièrement été confronté à des conflits d’intérêts « commerciaux » avec Kolomoïski. Il dit que s’accorder avec Kolomoïski, c’est la même chose que s’accorder avec le bandit qui a fait intrusion dans ta maison, a violé ta femme, a massacré ta famille et tout détruit, et s’assied ensuite dans un fauteuil, disant avec un large sourire : « trouvons un terrain d’entente ». Kolomoïski, le plus grand raider d’Ukraine, a commis une erreur qui lui sera fatale : il a procédé à la prise de pouvoir dans le Sud-est de l’Ukraine, en particulier dans les oblasts de Dniepropetrovsk, Zaporojié, Kharkov et Odessa, de la même manière que s’il avait mis la main sur des entreprises. Il a agit comme de coutume, avec arrogance et agressivité. Mais ce n’est pas un propriétaire dépossédé de son entreprise qu’il a dû affronter, c’est le peuple. Et seul un peuple peut lutter contre un autre peuple. Ainsi, une guerre civile a éclaté, avec pour conséquence un nombre gigantesque de victimes. L’erreur de Kolomoïski réside en ce qu’il a pensé qu’après avoir pris le contrôle sur le Sud-est, il allait s’asseoir et négocier avec les uns et les autres, marchandant les prébendes. Mais les ultras des clubs de football, les nationalistes radicaux, les soldats, à sa solde, des bataillons territoriaux, tous guidés par lui, perpétrèrent des crimes tellement odieux que s’accorder aujourd’hui avec lui est devenu quelque chose d’impossible pour nous ; ce ne sera pas.

Je ne puis soutenir ni Kolomoïski, ni Porochenko. Je ne veux pas entamer des négociations avec l’un contre l’autre. Cela m’est interdit par la mémoire des personnes brulées vives à la Maison des Syndicats à Odessa, et par celle des enfants du Donbass blessés et tués. Jamais les mères des défunts ne me donneraient le droit de collaborer avec celui qui a organisé le meurtre de leurs enfants. Cela n’a rien à voir avec le fait que Kolomoïski m’a dépouillé de ma propre entreprise. Je l’aurais volontiers offerte à qui que ce fut en échange de la vie d’un seul des enfants tombés sous les balles ou les éclats d’obus. Non, il s’agit d’autre chose.

Sans doute ne suis-je pas un politicien professionnel. Le professionnel réfléchit à la manière d’obtenir des résultats, sans trop se préoccuper de la méthode. Je considère que de mauvaises décisions ne peuvent donner de bons résultats. On ne peut atteindre ce qui est juste par des méthodes inique, la justice par l’injustice. Plus encore, ce qui à l’intérieur de nous-même ne nous autorise pas à prendre une décision injuste a une signification plus élevée que le résultat final. Souvenons-nous de la phrase de la nouvelle de O’ Henry : « Bolivar ne pourra porter deux personnes ». Peu nombreux sont ceux qui se souviennent qu’elle provient d’un récit intitulé « Les Chemins du Destin ». Lorsqu’il faut décider du chemin que l’on va emprunter, que l’on va choisir, l’important ce n’est pas le chemin choisi, mais les raisons qui, en nous, déterminent notre choix. Même lorsqu’on veut se simplifier la vie, déjouer les pièges de celle-ci, se tirer d’affaire, on ne peut jamais fermer les yeux sur quoi que ce soit.

On m’a raconté l’histoire d’un conflit entre des croyants et des escrocs qui avaient l’intention de s’accaparer les terres appartenant à l’Église locale, pour y construire de l’immobilier de luxe. Les escrocs abandonnèrent les premiers. Jusque là, ils étaient toujours parvenus à effrayer fonctionnaires et politiciens. Mais contre des gens qui ont la foi, ils n’ont rien pu faire ; car ils sont plus forts, ils n’ont pas peur et ne doutent pas. Ils sont convaincu qu’il faut rester dans le droit chemin. Ils n’essaient pas d’imaginer ou de deviner comment agir d’une autre façon, qui serait meilleure. Ils connaissent la réponse par avance : on n’agit pas selon son bon vouloir, mais selon ce qui est juste.

Dès lors, pour moi, la réponse est claire. Ruser n’a aucun sens. Nous voulons la paix sur nos terres. Nous voulons que tous ceux qui vivent en Ukraine y vivent bien, indépendamment de la langue qu’ils parlent. Nous ne voulons pas que les gens soient les esclaves des oligarques, mais que les gens déterminent eux-mêmes comment ils souhaitent vivre. Je suis convaincu de ce que nous pourrons vaincre sans collaborer avec des gredins. Sans Kolomoïski et sans Porochenko. Notre cause est juste et vraie. Et tant que cette justice et cette vérité sont nôtres, la victoire ne fait aucun doute.

Je pense que nous devrions moins porter notre regard loin vers le futur, et plutôt regarder à nos pieds, de façon à ne pas créer une situation injuste et fausse, afin de ne pas enchérir sur la vérité, ne pas tromper les gens qui nous accordent leur confiance. C’est beaucoup plus important. Si chaque jour nous prenons une décision juste, le résultat auquel nous arriverons sera juste. Nous devons êtres bons. Et forts. Ce sont les forts qui seuls n’essaient pas de ruser, de tricher, de s’écarter de la juste voie. Dieu se tient aux côtés de ceux qui sont bons ; et ceux-ci obtiendront succès et victoire !

30 mars 2015

Oleg A. Tsariov

Sources :
http://svpressa.ru/politic/article/117049/

Russie Sujet Géopolitique

Crédit illustration/ photo : Andreï Gorchkov/Kommersant.


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