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L’Union Russie – Belarus est-elle robuste ?
Russie Sujet Géopolitique

jeudi 9 avril 2015, par Comité Valmy


L’Union Russie – Belarus est-elle robuste ?


L’article ci-dessous a été publié le 02 avril 2015 sur le site du magazine Zavtra. Trois analystes politiques russes donnent leur avis au sujet d’un accord peu connu en Occident, celui qui fut signé le 02 avril 1997 entre la Russie et le Belarus.

Le 2 avril , on a fêté l’anniversaire de la création de l’Union Russie-Biélorussie ; projet politique d’union entre la Fédération de Russie et la République du Belarus en vue de l’intégration progressive d’un espace unifié sur les plans politique, économique, militaire, douanier, monétaire, juridique, humanitaire, et culturel. Trois experts évaluent la situation actuelle de cette Union.


Oleg Rozanov

La contexte réel du Belarus conduit Loukachenko à manœuvrer. Son action est déterminée par la position du Belarus, entre Russie et Union européenne. La composante principale de sa politique est le soutien de la Russie. Et avant tout, le soutien économique. Et Loukachenko est un homme de la campagne. L’essentiel, pour lui, ce sont les intérêts de son domaine, les intérêts du Belarus. Il s’efforce donc d’élaborer des relations de façon telle que la Russie continue à aider le Belarus, et que le marché européen s’ouvre à la production biélorusse. Dès lors, les manœuvres vont se poursuivre. Elle se poursuivront tant que nous n’aurons pas constitué une union eurasienne complète. Ce sera le cas lorsque nous aurons notre propre monnaie, quand sera ouvert un espace économique unique. Alors cesseront toutes ces oscillations de Loukachenko. Nous devons l’intégrer dans notre modèle économique, politique et militaire. Alors, le Belarus sera pour nous un partenaire fiable. Mais tant que nous ne serons pas prêts à entretenir une relation vraiment fraternelle avec le Belarus, au lieu d’embrasser les Biélorusses un jour et les repousser le lendemain, les choses se poursuivront comme ce fut le cas pendant les vingt dernière années. Nous avons été incapables de construire un relation mutuelle avec Minsk. Mais, fondamentalement, Loukachenko est un homme d’État pro-Russie. Nous devons le soutenir et accueillir favorablement son souhait d’être avec la Russie.


Konstantin Zatouline

Le développement de l’Union Eurasienne doit mener au remplacement de l’Union des deux États. Toutefois, au stade actuel, le potentiel de développement de l’Union des deux États me paraît nettement plus profond que le potentiel de développement de l’Union Eurasienne. Car dans le premier cas, il s’agirait en fait de la création d’un État nouveau. Il faut avouer qu’aujourd’hui, Loukachenko, l’un des fondateurs et avocats brillant de l’Union de la Russie et du Belarus, adopte une position quelque peu différente. Si auparavant il parlait de la création de l’Union des deux États en envisageant d’aller jusqu’à une unification intégrale, il renie aujourd’hui ses années ’90, ayant goûté aux tentations et délices de la vie dans un espace indéterminé, où on peut se limiter à la surface des choses sans devoir s’attarder sur leurs racines. Ou encore, en fonction de ses propres intérêts, ne retenir que ce qui est à la racine et négliger les apparences. Loukachenko se comporte à l’égard de l’accord au sujet de l’Union des États comme s’il s’agissait d’un buffet. Disons que les prix du marché intérieur de la Russie, je prends, surtout ceux des ressources énergétiques. Mais la nécessité de constituer un parlement de l’Union, d’adopter un acte constitutionnel, non, je ne prends pas. Jusqu’ici, il n’existe donc pas d’acte constitutionnel de cette Union des États, et on n’a pas encore organisé d’élections pour constituer un Parlement de l’Union. Toutefois, je ne pense pas que la Russie doive dénoncer cet accord. Un document fut signé. Ses termes ne sont pas entièrement mis en œuvre, et le travail est sournoisement sapé. Ce genre de choses arrive souvent. Mais on parvient quand même parfois à en faire quelque chose de valable. Dénoncer l’accord serait contre-productif pour la Russie et pour l’intégration de l’espace post-soviétique.


Alexandre Goussiev

En s’efforçant d’écarter le Belarus de la Russie, les États-Unis compliquent fortement la réalisation de l’idée d’Union économique eurasienne. Ils utiliseront à cet effet toutes les possibilités d’organiser des « révolutions de couleur » dans l’espace post-soviétique. Actuellement, les États-Unis alimentent l’opposition biélorusse, créant les conditions favorables à l’apparition d’éléments susceptibles d’introduire des tensions au sein de la société biélorusse. J’ai l’impression que dans un proche avenir, ils effectueront une série de tentatives destinées à déstabiliser la situation politique au Belarus.

Il est important que depuis 1994, avec l’entrée en fonction d’Alexandre Grigorievitch Loukachenko, l’orientation stratégique de Minsk n’ait pas varié. Le Belarus garde le rythme et participe avec la Russie et le Kazakhstan à la construction de l’Union économique eurasienne.
Globalement, en ce qui concerne la tactique, les aspects techniques des relations mutuelles entre Russie et Belarus contiennent de nombreux éléments fâcheux. Toutefois, dans la vision stratégique, nous ne divergeons pas. C’est pourquoi je reste confiant pour l’avenir. La direction du Belarus conserve une vision sobre des processus politiques et économiques en cours. Prendre Loukachenko sera chose très malaisée pour l’Occident.

Sources :
http://zavtra.ru/content/view/soyuz-2/

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6 avril 2015 Mise en ligne CV : 8 avril 2015


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