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La Russie renforce les sanctions bancaires :
fake ou menace couverte
par Karine Bechet-Golovko

lundi 20 avril 2015, par Comité Valmy


La Russie renforce les sanctions bancaires :
fake ou menace couverte

Ce matin une bombe est tombée sur les milieux d’affaires : la Russie prend des sanction bancaires contre les pays qui ont adopté des sanctions contre elle, plus les pays finançant le terrorisme ou ne remplissant pas leurs obligations en matière de lutte contre le blanchiment. L’explosion fut instantanée ... et pas très clairement démentie. Alors, sanctions ou pas ?

Le on ne peut plus sérieux journal Izvestia lance sa bombe médiatique ce matin : "Le département de contrôle des finances adopte des sanctions bancaires contre 41 pays". Le titre a tout pour plaire aux milieux d’affaire. Selon l’organe de contrôle, les banques russes sont désormais obligées de rendre compte de toutes les opérations des résidants des pays ayant adopté des sanctions contre la Russie, finançant le terrorisme et ne suivant pas la réglementation internationale contre le blanchiment d’argent. Cela concerne tous les pays de l’Union européenne, les Etats Unis, le Canada, l’Australie, la Norvège, mais également des pays comme la Syrie, l’Iran, le Soudan, la Nouvelle Zélande ... En tout, 41 pays seraient visés.

Les banques qui ne rempliraient pas ces obligations se verraient sanctionnées, les sanctions pouvant aller jusqu’au retrait de leur licence. Les opérations bancaires des résidants des pays de cette "liste noire" sont a priori considérées comme douteuses et doivent être spécialement contrôlées et les informations transmises à l’organe de contrôle dans les plus brefs délais. Selon le directeur de la compagnie Investkafe, le critère des pays d’origine est un critère régulièrement utilisé par les servies intérieurs de contrôle des banques européennes et américaines, simplement c’est la composition de la liste qui diffère. Selon un autre expert, c’est un moyen de répondre aux sanctions bancaires touchant les résidants russes voyant le traitement de leurs opérations bancaires en Europe et aux Etats Unis ralentis, parfois pour de simples opérations comme du retrait en liquide. Et il n’existe pas de recours juridique permettant d’accélérer les opérations bancaires.

Alors que l’article de Izvestia est sorti à minuit sur le site du Journal, le célèbre Vedomosti (journal d’affaire en russe entrant dans le groupe du Financial Times et du Wall Street Journal) dès 11 h ce matin affirme qu’il s’agit d’une mauvaise interprétation de la part des journalistes d’Izvestia, pourtant en possession du texte. Il ne peut s’agir de "sanctions bancaires" puisque les banques étrangères n’entrent pas dans la juridiction de l’organe russe de contrôle financier. Pour le reste, ils reprennent le même contenu, tout en précisant qu’il n’existe pas de "liste noire". Il ne s’agit donc pas d’un fake et la menace réelle est passée dans les faits. Et le message est passé.

Ainsi, la différence est liée au vocabulaire employé. La Russie ne peut adopter de sanctions bancaires et dresser une liste noire. Cela ne peut lui être reconnue. Pour le reste, c’est-à-dire sur le fond, il faudra faire avec, non seulement elle ne plie pas, mais ne rompt pas non plus. Et les autorités russes en profitent pour protéger leur économie, ainsi que le secteur financier, ce qui permettra au pays de sortir renforcer de la crise.

Karine Bechet-Golovko
lundi 20 avril 2015

Russie politics


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