COMITE VALMY

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Démantèlement du Service public SNCF !
La nouvelle Bataille du Rail
par Jacques Maillard

mardi 10 février 2015, par Comité Valmy


Démantèlement du Service public SNCF !...

- La nouvelle Bataille du Rail

- Pourquoi Monsieur Jean-Marc Janaillac
ne devrait surtout pas se sacrifier...

- Pepy PDG de la SNCF : La SNCF va développer des liaisons en autocars.


La nouvelle Bataille du Rail

Le rapport que vient de présenter un député socialiste, le rapport de la cour des comptes, préconisant la fermeture de nombreuses lignes de trains, les déclarations de Messieurs Pepy et Janaillac, PDG de la SNCF et de Transdev, vantant les articles de la loi Macron organisant la destruction de la SNCF au profit de compagnies d’autocar et de trains privés, ainsi que les lois et traités européens obligeant notre pays à démanteler le système de transport public, la création de grandes régions ayant pour but de se voir transférer les systèmes de transport nationaux, sont des éléments d’une nouvelle « bataille du Rail »

Détruire la SNCF, détruire les transports publics de voyageurs et de marchandises, détruire les liaisons ferroviaires, c’est l’objectif de cette guerre contre un service public essentiel, un pilier de notre civilisation moderne. Ce service public s’insère dans, implique, une certaine conception de la vie ensemble, du voyage, de la ville et de l’aménagement du territoire. Il nécessite des travailleurs qualifiés, responsables, organisés. Il permet à la population de s’organiser, et éventuellement de résister contre une tyrannie venant de l’intérieur ou de l’extérieur.

Cette guerre explique cette nouvelle « bataille du Rail » que doivent livrer les citoyens et les travailleurs de notre pays, pour maintenir et développer notre système ferroviaire. Il faut résister contre ces barbares rapaces qui dirigent notre pays, en invoquant d’ailleurs ces traités illégaux que le peuple avait refusé en 2005 et qu’ils ont imposé par la force.

***

Pourquoi Monsieur Jean-Marc Janaillac
ne devrait surtout pas se sacrifier...

Dans un entretien publié dans le Monde du 1er avril 2015, le PDG de Transdev, Monsieur Jean-Marc Janaillac, déclare qu’il se sacrifie en ayant refusé des salaires 3 fois plus élevés que le sien à l’étranger... Vraiment il aurait du accepter, car nous ne pouvons qu’être plus que sceptique sur l’intérêt général de sa fonction et de sa politique de PDG de Transdev, entreprise en partie publique par son capital. Il glorifie la concurrence tout azimut, contre la société nationale SNCF. Il réclame à la fois des trains privés et le remplacement de lignes ferroviaires par les liaisons « low cost » par autocars. Il se vante que, la loi Macron une fois adoptée (vu la nature du parlement cela ne fait en effet guère de doute, le cheval de Caligula y aurait très bien figuré), il mettra 40 villes françaises en relation par autocar, autocars qu’il aurait déjà commandés (où d’ailleurs ?).

Son collègue Pepy, PDG de la SNCF, est d’ailleurs sur la même longueur d’onde : son rêve est de supprimer toutes ces « petites liaisons » transversales (ex : Bordeaux Nantes, …). En effet chaque saison est accompagnée de la fermeture de lignes « non rentables », que l’on fait d’ailleurs préalablement disparaître des cartes dans les trains, des programmes d’ordinateurs, des correspondances avec les « lignes principales » : essayez Caen Nantes, par exemple... Il proclame sa volonté de transformer la SNCF en « multinationale faisant 30 % de son CA à l’étranger ». Il veut fermer les bars/restaurant dans les TGV, ces derniers devant être réservés aux cadres et aux plus aisés, payant un repas à la place comme en première dans les avions. Dans les brochures de la SNCF, bus et covoiturages anti-trains exhibent leurs publicité...

Soulignons que la fermeture de ces lignes « secondaires » permet, dans certains cas, de réserver les lignes aux transports ferroviaires privés de marchandises, qui, par miracle, redeviennent rentables une fois bradés aux « grands opérateurs » (ex : Bolloré). De plus le report de recettes par les péages sur les autoroutes des co-voitures et autocars au détriment des trains de voyageurs permettra de « renflouer » les compagnies d’autoroutes...

Il s’avère que les usines d’Alstom, celles qui n’ont pas encore été bradées aux intérêts étrangers , à savoir celles de construction de TGV, trains et Tramways, voient simultanément leur carnet de commande se réduire, et leur-savoir faire transférés à l’étranger, sous prétexte de « compétitivité » : depuis quelques jours les ateliers d’Alstom à La Rochelle sont en grève (Sud Ouest du 24 avril 2015) car, notamment, « il y en a marre de former ici les personnels qui vont construire les tramways et TGV à l’étranger », selon un syndicaliste...La charge de travail diminue, comme les salaires, les sous-traitants et intérimaires pointent au pôle-emploi.

Parallèlement la Chine a regroupé ses usines de fabrication de matériel ferroviaires en une seule entité publique de capitalisation 50 milliards de dollars, pour proposer à tous les pays du monde de couvrir leurs territoires de trains, rapides ou classiques (agence Xin Hua), comme ils sont en train de le faire chez eux (toutes les capitales régionales devront être à moins de 8 heures en train de Pékin, 130 000 km de lignes viennent d’être construites, dont 13000 de TGV).

Les « élites » anglo-saxones du monde occidental, et leurs marionnettes locales, veulent depuis plus de cinquante ans la fermeture des lignes de trains : un ami brésilien, chef d’entreprise, m’expliquait devant les gares et les voies désaffectées entre Rio et Bel Horizonte, que lors de la dictature (contrôlée par les USA) , les responsables militaires expliquaient à « l’élite entrepreneuriale », dans des « écoles de guerres » du soir, la nécessité , l’intérêt, de fermer les lignes de trains, en premier lieu de voyageurs.

C’est ce système de transport hideux, dangereux, polluants, anti économique , anti civilisationnel, d’autobus et de camions qui détruit paysages, ressources, périphérie urbaine, santé des gens, démocratie (l’énergie utilisée vient pour une très grande partie des pires dictatures féodales) qui a triomphé au Brésil en particulier, et dans le monde occidental en général. C’est ce système que nos dirigeants, en particulier les « Youngs leaders » choisis et formés par ce pays qui selon le Président Mitterand « nous a déclaré une guerre totale », veulent nous imposer. Le choix de système est, pour notre pays, dénué de toute rationalité économique, de tout principe de solidarité territoriale et sociale, de respect de l’environnement. La mise en place de ce système au détriment de la SNCF, mise en place encadrée, soutenue, et imposée par l’UE grâce à la « concurrence non faussée », est un élément essentiel de la destruction de notre pays et de sa civilisation.

Ref : http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/04/01/transdev-va-desservir-une-quarantaine-de-villes-par-autocar_4607357_3234.html

Jacques Maillard,
Comité Valmy
le 25 avril 2015

***

La SNCF va développer des liaisons en autocars.

Selon Guillaume Pepy PDG de la SNCF, la loi Macron amènera celle-ci à remplacer des liaisons ferroviaires par des liaisons routières.


Guillaume Pepy : "La SNCF ne va pas faire du... par FranceInfo

Mise en ligne 25 avril 2015
Actualisation le 3 juin 2015

1 Message

  • Très bon article. Bernays explique dans Propaganda que la "nouvelle concurrence" qui fonde le modèle économique américain ne se limite pas aux entreprises fabriquant un même produit (vendeur de vêtement contre vendeur de vêtement). La nouvelle concurrence oppose aussi des entreprises qui fabriquent des produits différents. Par exemple, telle marque de vêtements s’en prendra à une société de chauffage, parce que les habitants de logements bien chauffés devront porter moins de vêtements. C’est exactement ce qu’il se passe avec le démantèlement du service public de transport en commun. Il ne s’agit ni plus ni moins d’une "conspiration criminelle" menée par un très petit nombre d’individus au détriment de l’intérêt général. L’oligarchie américaine a lancé cette campagne dès les années 20 sur son propre territoire.

    « Le tramway a disparu des grandes villes US dans les années 50. On a délaissé le tramway pour l’automobile. Dans les années 20, General Motors, Firestone, et la Stantard Oil se sont attelés à convaincre l’opinion publique pour une solution polluante, inefficace et extrêmement coûteuse. L’intermédiaire était une entreprise écran, la National City Lines qui acheta et contrôla les compagnies qui possédaient les tramways dans des dizaines de villes (New York, Los Angeles, Philadelphie, Saint Louis etc) ; on procéda ensuite à leur démantèlement progressif au profit d’autobus achetés par un fournisseur appartenant au trio GM, Firestone et Standard Oil, et enfin, on mena une action politique par le National Highway Users Conference afin de promouvoir, avec succès la construction d’autoroutes.

    Le programme durera trois décennies au terme desquelles les tramways des villes furent remplacés par des automobiles et des bus. En 1959, découvertes, les compagnies impliquées seront traduites en justice. Reconnues coupables de conspiration criminelle, elles devront acquitter une amende de 5000 dollars ! »

    (Normand Baillargeon, préface de Propaganda d’Edward Bernhays, aux éditions Zone.


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