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Le Canard Enchaîné dévoile...

La brutalité de l’état-major US saluée à Paris - Par Claude Angéli

dimanche 4 avril 2010, par Comité Valmy


Ses critiques à l’égard des Israéliens approuvées par les militaires français.

A huis clos, le 22 mars, devant la Commission des forces armées du Sénat, le général David Petraeus a confirmé les inquiétudes de l’état-major américain. Patron des troupes engagées au Proche et au Moyen-Orient ainsi qu’en Asie Centrale – excusez du peu -, ce proche de Barack Obama n’a pas fait dans la nuance. Et les attachés militaires français en poste à Washington, toujours aux aguets, ont fait parvenir à Paris, par télégramme, un résumé de ces propos inhabituels. « La poursuite des hostilités entre Israël et certains de ses voisins met en cause notre capacité à défendre nos intérêts » a confié le général aux sénateurs américains, lors de cette audition en principe, secrète. « Le conflit au Proche-Orient alimente un sentiment antiaméricain lié [au] favoritisme des Etats-Unis envers Israël. La colère arabe née de la question palestinienne (…) affaiblit la légitimité des régimes arabes modérés. Al-Qaida[utilise] cette colère afin de mobiliser de nouveaux appuis. »

Avant David Petraeus, mais en termes plus modérés, Robert Gates, chef du Pentagone, avait tenu à dire publiquement : « L’absence de progrès dans le processus de paix (entre Israéliens et Palestiniens) les intérêts américains en matière de sécurité nationale. »

Ces signes de mauvaise humeur américaine à l’égard d’Israël ont, un tant soit peu, libéré la parole au sein de l’état-major français. Mais hors de question de s’exprimer aussi brutalement que le général Petraeus, Robert Gates ou le vice-président Joe Biden. Lequel, on vient de l’apprendre à Paris, a lancé tout à trac aux Israéliens, lors de sa récente visite à Jérusalem « Votre comportement met en cause la sécurité de nos troupes en Irak, en Afghanistan et au Pakistan. »

Prudence de grand chef

Le nouveau patron des armées, l’amiral Edouard Guillaud a, lui, donné pour consigne à ses adjoints et à ses porte-paroles d’éviter tout commentaire intempestif de ce genre sur Israël. Avec cet argument imparable : « Nicolas Sarkozy est hyper-sensible sur le sujet. » C’est donc sous couvert d’anonymat que des généraux confient leurs états d’âme. Tel celui qui, au ministère de la Défense, qualifie de « suprême connerie » les constructions de nouvelles colonies à Jérusalem-Est, et précise que ce n’est pas l’opinion d’Hervé Morin et de son cabinet. Tel cet autre affirmant que de nombreux officiers désapprouvent les positions très conciliantes de Sarkozy sur ce point.

Avenir peu radieux

A l’état-major des armées, un troisième général, ancien attaché militaire à l’ambassade de France de Tel-Aviv, en rajoute « Israël a humilié des responsables français » dit-il, en interdisant à deux reprises l’entrée de Bernard Kouchner à Gaza, en octobre et novembre 2009. Selon cet officier chargé du dossier Proche-Orient, plus le gouvernement Netanyahou poursuivra la colonisation des territoires palestiniens, moins on parviendra à stopper l’Iran dans a volonté de devenir une puissance nucléaire. « Et (en cas d’attaque de ses centres de recherche) l’Iran sera encouragé à accentuer son soutien au terrorisme contre les Etats-Unis et Israël. »

Mieux, si l’Iran en vient à posséder la bombe, cela poussera d’autres Etats à l’imiter. Conclusion de notre général pessimiste « Ce sera une défaite diplomatique majeure pour les Etats-Unis » Seulement diplomatique ? Voilà qui serait rassurant …. Moralité, s’il y en a une, les grands chefs militaires français estiment à l’instar du général David Petraeus, que le dossier israélo-palestinien est la clé pour une future solutions des difficultés que connaissent les Alliés « tout au long de l’axe de crise » qui va de la Méditerranée jusqu’au Pakistan.

L’histoire ne dit pas si Obama a tenté d’en convaincre Sarkozy, l’autre soir, au dîner. Et s’il lui a de nouveau demandé d’envoyer un renfort de 1500 Français en Afghanistan. Mais, jusqu’à ce jour, Sarkozy s’y est refusé. Manque d’effectifs ou manque de confiance en la victoire finale ? Les deux, comme on l’entend dire, parfois, à l’Elysée.

Claude Angeli


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