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Foursov : Un Schisme dans le Monde Russe.
Russie Sujet Géopolitique

Suite à la gorbatchéverie...

mardi 12 mai 2015, par Comité Valmy


"Le Froid vent d’Est du Printemps Russe"

Foursov : Un Schisme dans le Monde Russe.

11 mai 2015

Le texte ci-dessous est traduit des pages 219 à 224 du livre « Le Froid Vent d’Est du Printemps Russe », d’ Andreï Foursov, paru à Moscou au début de l’année 2015, aux éditions Knijnyi Mir.

A l’issue des trente jours qui séparaient la mi-février et la mi-mars [2014]… la Russie et le monde avaient changé. L’époque qui débuta dans les années 1989-1991 avait pris fin. Elle avait commencé avec le voyage entrepris par Gorbatchev à Malte, où il lâcha le camp socialiste et l’Union Soviétique. Pendant plus de deux décennies, l’Occident avança de façon collective vers l’Est, accomplissant, avec l’aide de la cinquième colonne soviétique et ensuite avec la cinquième colonne de Russie, ce à quoi Hitler n’était pas parvenu avec son Drang nach Osten.
Ils arrachèrent au monde russe morceau après morceau, et ces territoires passaient sous le contrôle financier, économique et informationnel des occupants occidentaux. Ceux-ci ne tardèrent pas à recruter des collaborateurs locaux, surtout au sein de ce que l’on nomme « l’élite politique ». Le morceau le plus important et le plus significatif que l’on réussit à arracher à la Russie historique, suite à la gorbatchéverie, fut l’Ukraine. Dès la fin de la perestroïka, on la prépara activement à devenir l’avant-poste principal contre la Russie, destiné à constituer l’instrument qui permettrait d’empêcher la renaissance de la Russie en tant que grande puissance. Cette préparation fut le développement logique, dans les conditions nouvelles de l’époque, d’un processus dont le départ avait été donné par le Vatican, l’Autriche-Hongrie et l’Allemagne.

On nous cite souvent les paroles de Zbigniev Brzezinski selon lesquelles la Russie, une fois séparée de l’Ukraine ne pourrait récupérer son statut de grande puissance. Mais « Zbig le long » fait erreur. La Russie pourra retrouver son statut sans l’Ukraine. Cela prendra juste plus de temps et ce sera un peu plus difficile. Mais ce qui importe ici, c’est que Brzezinski ne fasse pas preuve d’originalité. Il répète en effet les propos du général allemand Paul Rohrbach, qui dès le début du XXe siècle a prédit que pour circonscrire le danger représenté par la Russie pour l’Europe, et surtout pour l’Allemagne, il était nécessaire d’arracher la Russie ukrainienne de la Russie moscovite. Nous observons que pour le général allemand, tant l’Ukraine que la Moscovie sont la Russie. Et il exprime la nécessité de susciter un schisme à l’intérieur de la Russie, un schisme dans le monde russe. De ce point de vue, il développe les idées des politiciens allemands du dernier tiers du XIXe siècle, et en particulier, celles de Bismarck, qui non seulement insista sur la nécessité d’un tel schisme, mais qui proposa la méthode concrète pour le réaliser. (…) Il soulignait particulièrement la nécessité de dresser l’Ukraine et la Russie l’une contre l’autre, d’exciter les peuples l’un contre l’autre. Pour ce faire, il convenait de favoriser l’émergence parmi ces Russes ukrainiens, de gens dont la conscience aurait changé au point de haïr tout ce qui est russe. Ainsi furent conçues des opérations spéciales psycho-historiques , des manipulations psychologiques de l’information, dont l’objet était la création de Slaves-russophobes en tant que type psycho-culturel et force politique ; une sorte « d’orques » au service des « sarumanes » occidentaux. Il leur revenait d’arracher l’Ukraine à la Russie et à opposer à celle-ci une « Rus’ anti-Russie », en tant qu’alternative « libre et démocratique » à « l’empire et au totalitarisme ».

Tout cela fut exécuté, en particulier le « projet galicien » auquel travaillèrent très activement les services spéciaux de l’Autriche-Hongrie, l’Allemagne du Kaiser et ensuite le troisième Reich, et, depuis la seconde moitié du XXe siècle jusqu’à nos jours, la CIA et les services spéciaux allemands. Il est très probable que les services spéciaux de ce que l’on nomme le quatrième Reich (l’internationale nazie) y participèrent également. Bien entendu, le Vatican fut et demeure constamment de la partie, avec son projet uniate « grec-catholique » anti-orthodoxe. Et lorsque sonna l’heure h du jour j, le projet galicien et le maquis banderiste se déchaînèrent.

Les raisons pour lesquelles se déchaînement survint précisément à l’hiver 2013-2014 sont diverses.Tout d’abord, l’Ukraine est une entité artificielle, inapte à survivre, et ce, à un point tel que malgré qu’il s’agisse du seul État post-soviétique, hors la Russie et la Biélorussie, doté d’un potentiel économique autorisant un développement, c’est à un total effondrement que l’on assista, sans surprise. La République Socialiste Soviétique d’Ukraine était de même une entité artificielle qui pouvait exister uniquement dans le cadre de l’URSS, et sans encore y jouer les premiers rôles. (…) Hors de l’URSS, l’Ukraine s’avéra incapable de tout développement. La seule chose qui la maintint à flot c’est qu’elle pouvait dévorer l’héritage de l’Ukraine soviétique (…) Mais fin 2013, il ne restait plus rien à manger ; tout avait été englouti (…) Seule la Russie pouvait la sauver. Mais cela, les États-Unis ne le permirent pas (…)

Deuxièmement, après le maïdan, les coucous occidentaux supposèrent que les « oranges » parviendraient à séparer l’Ukraine de la Russie. Toutefois, ils se montrèrent incapables de s’acquitter de cette tâche, et Yanoukovitch arriva au pouvoir. Lui aussi se mit à jouer le jeu des Occidentaux. Son orientation favorable à la Russie fut très, très douteuse, mais il ne fut pas un président anti-Russie. A la fin de 2013, il semblait que le collier d’attelage de l’Union Européenne pendait déjà au cou de Yanoukovitch et de l’Ukraine. Mais l’histoire fit preuve de perfidie envers l’Occident et Yanoukovitch se mit à jouer à « un pas en avant, deux pas en arrière » avec le « partenaire occidental ». L’entrée de l’Ukraine sous le parapluie de la Russie fut insupportable pour l’Occident dans son ensemble. Cela aurait signifié que le labeur de quatre siècles se serait envolé en fumée. A quoi bon alors toutes ces structures anti-russes, non seulement ce maquis peuplé de nazis et de combattants banderistes, mais aussi toutes ces ONG, ces structures de la guerre en réseau contre la Russie et tout ce qui est russe en Ukraine ? Si la Russie parvenait à renforcer substantiellement sa position dans l’espace postsoviétique, les événements de décembre 2013 auraient constitué le troisième casus belli, après Snowden et la Syrie (…)

En décembre 2013, et peut-être quelques mois plus tôt, les dirigeants nord-atlantiques rayèrent des listes tant Yanoukovitch que toute voie pacifique de type « orange » devant mener à la séparation de l’Ukraine et de la Russie, et optèrent pour l’organisation d’un coup d’État par les forces banderistes et les nazis russophobes, produits de leur opération psycho-historique. Celle-ci avait été entamée par le Vatican et l’Autriche-Hongrie. Ensuite les nazis prirent le relais, créant la division SS « Galicie », et à la fin des années ’80, les héritiers du troisième Reich se joignirent à l’œuvre de création d’un ordre nouveau, américain.

11 mai 2015

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