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source : l’Humanité

Les Français rejettent le capitalisme et l’économie de marché - par Yves Housson

mercredi 14 avril 2010, par Comité Valmy


Face à la crise :

Le capitalisme chute dans les sondages

Sept Français sur dix ont une mauvaise opinion du système capitaliste.

64 % voient dans la situation une incitation à la révolte.

Au regard des multiples efforts déployés pour noyer le poisson, faire de la crise l’affaire de quelques financiers voyous, ou de dysfonctionnements d’un système qui serait intrinsèquement viable, les Français affichent décidément une remarquable lucidité sur les responsabilités du désastre économique et social.

Les résultats de deux sondages récents qui viennent d’être publiés sont significatifs. « Ce sont les fondements de notre modèle économique qui sont décriés, de la part du grand public mais également des dirigeants d’entreprise », constate François Miquet-Marty, directeur de l’institut Viavoice, qui vient d’enquêter, pour les Échos et les chambres de commerce et d’industrie, parmi ces deux catégories de la population.

Résultats :

80 % des Français déclarent avoir une « mauvaise opinion » de la Bourse,

71 % de l’économie de marché,

69 % du capitalisme,

66 % des banques et

61 % des grandes entreprises.

« De manière inattendue dans ces proportions, les dirigeants d’entreprise eux-mêmes apparaissent très critiques », note le responsable de Viavoice :

85 % affichent une « opinion négative » de la Bourse,

71 % des banques,

57 % de l’économie de marché,

56 % des grandes entreprises et

53 % du capitalisme.

Un autre sondage, réalisé par TNS Sofres-Logica pour la presse quotidienne régionale, livre des résultats convergents :

invités à citer les deux catégories « qui portent la plus grande responsabilité dans l’origine de la crise économique et financière mondiale »,

58 % des enquêtés répondent d’abord les banques,

41 % les dirigeants politiques.

Les fonds d’investissement et les actionnaires arrivent en 3e et 4e positions :

29 % et 23 %.

Par ailleurs, près d’un Français sur deux (48 %) estime que, dans la manière dont on parle de la crise, « on cache sa réelle importance ».

Du côté des citoyens, Viavoice nous apprend que

41 % d’entre eux se disent « directement touchés par la crise » (43 % des ouvriers, 27 % des cadres) et mettent surtout en cause la détérioration de leur pouvoir d’achat. Invités à dire « en quoi » ils sont touchés, ils répondent :

à 88 % l’augmentation du prix des dépenses courantes,

à 70 % la hausse du prix de dépenses importantes (voiture, logement, travaux, vacances), à 58 % la perte de valeur de leur « patrimoine »,

à 52 % la baisse des revenus.

D’autre part, 31 % des actifs interrogés confient avoir des « problèmes d’emploi ».

Pour autant, le climat n’est pas précisément au fatalisme.

La mobilisation du 19 mars l’avait montré de façon éclatante, l’enquête de TNS Sofres-Logica le confirme :

64 %, plus de six Français sur dix ont le sentiment que la situation va pousser la population « à se révolter pour manifester violemment son mécontentement »,

contre 31 % qui anticipent plutôt « une résignation et un repli des Français sur leur sphère personnelle ».

Enfin, avis aux chefs d’État qui posent en gouvernants de la planète et s’apprêtent à se réunir dans le cadre du G20, avis en particulier à un Nicolas Sarkozy s’échinant à nous faire croire qu’il voudrait « refonder » le système économique : une majorité de nos concitoyens, 55 %, pensent que le système capitaliste ne sera « réformé qu’en surface » et

31 % jugent même qu’il ne sera « pas réformé » du tout.

Yves Housson


"canempechepasnicolas" se réjouit des résultats de l’enquête effectuée par le quotidien communiste. Mais il pose deux questions :

Pourquoi, avec un tel état d’esprit dans la population, le PCF privilégie l’alliance avec le Parti socialiste, partisan déclaré de l’économie de marché, loi du capital, et règle d’or de l’Union européenne ?

Pourquoi le PCF ne tire-t-il pas de ces sondages la conclusion qu’il lui faut revenir au marxisme, à la lutte de classe et à sa vocation révolutionnaire ?

Le PCF serait alors "en phase" avec les masses populaires et un "boulevard" s’ouvrirait devant lui !

Jean Lévy

sur son blog canempèchepasnicolas

2 Messages de forum

  • Ce PCF là n’a de PCF que le nom et se complait dans la médiocrité rassurante des figurants. Peut-on imaginer ces têtes à la tête du pays si tant est que l’opportunité se présente ? Non ! Tout le PCF est à refonder sans eux et pour reprendre une remarque faite sur un autre article de ce site que je visite pratiquement quotidiennement : le temps des constatations s’achève, le temps de l’action doit arriver.
  • Comment se débarrasser de la politique et des politiciens ? Sans État, tout s’effondre sauf les vivants. Je suis comme tous ces français sondés, je voudrais en fait me débarrasser de ce fatras d’institutions, de systèmes et de structures qui permettent à des personnes d’avoir un statut mais les empêche de réfléchir. 31 % des actifs interrogés disent avoir des problèmes d’emploi. Si nous appliquions à la lettre "tous les humains naissent libres et égaux" sans faire référence "au droit" (puisque nous savons justement que c’est grâce aux droits qu’il y a tant d’injustice) il me semble que nous verrions très vite une autre France se dessiner, plus solidaire, plus coopérative, plus fraternelle.

    Faut pas rêver ? Mais à force de chercher comment faire, peut-être que quelqu’un aura une idée ?


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