COMITE VALMY

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HONNEUR ET POUVOIR
Dominique Jamet

dimanche 14 juin 2015, par Comité Valmy


Jean-Pierre Chevènement entouré de Nicolas Dupont-Aignan et Marie-Noëlle Lienemann, dimanche 2 décembre 2007 à la Maison de la Chimie, à Paris

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HONNEUR ET POUVOIR

Dominique Jamet, vice-président de Debout la France depuis 2012 mais également journaliste depuis... toujours tient chaque semaine sur le site de Debout la France une chronique où il commente très librement l’actualité politique.

Le président d’honneur, cet animal hybride, appartiendrait-il à une espèce en voie d’extinction, comme le rhinocéros blanc ou la panthère des neiges ? On laisse aux futurs paléontologues de la vie politique française au XXIe siècle le soin d’étudier la question. Quoi qu’il en soit, par une étrange coïncidence, deux spécimens particulièrement intéressants du genre ne relèvent plus d’une catégorie dont ils sont sortis cette semaine, l’un par le bas, l’autre par le haut, l’un bien malgré lui, l’autre de sa propre volonté.

Le feuilleton politico-familial dont toute la France, médusée, a suivi les épisodes tragi-comiques semble proche de sa conclusion. Déjà « suspendu » d’un parti dont il est le fondateur et fut pendant quarante ans le patron, Jean-Marie Le Pen en est réduit à prier la justice d’intervenir dans le litige qui l’oppose à sa fille. Mais c’est en son absence que le bureau politique du Front national a modifié les statuts du mouvement et demandé aux adhérents d’approuver la suppression d’un titre aussi ronflant que fallacieux. Le vieux chef, qui y avait vu une garantie, avait lâché la proie – le pouvoir – pour l’ombre – l’honneur. Il est désormais dépossédé de l’un comme de l’autre.

C’est de lui-même, en revanche, que Jean-Pierre Chevènement vient de renoncer à la présidence d’honneur du Mouvement républicain et citoyen. « Le MRC », a déclaré le « Che », « a sa logique et moi, j’ai la mienne. Je veux m’exprimer en toute liberté. » Ce ne sont pas des motifs personnels mais des raisons politiques qui ont déterminé cette décision. Fidèle aux idées et aux choix qui étaient à l’origine et à la base de sa candidature présidentielle en 2002, l’ancien sénateur de Belfort n’a pu que constater l’écart grandissant entre lui-même et l’actuelle direction du mouvement qu’il avait fondé. Il en a tiré les conséquences.

Jean-Luc Laurent, président exécutif, et la majorité des cadres du MRC, s’opposent explicitement au rapprochement avec Debout la France que préconise Jean-Pierre Chevènement. Ce rapprochement était pourtant inscrit dans la continuité de son parcours qui fut un temps le leur. C’est bien parce qu’ils refusaient la dérive libérale, europhile, atlantiste du PS et son inféodation à la finance, au FMI, aux Etats-Unis, à la Commission de Bruxelles qu’ils avaient rompu avec la vieille maison de la rue de Solférino et qu’ils avaient suivi le lion de Belfort sur les chemins escarpés de la liberté. Mais ce n’est qu’aux accords électoraux passés par la suite avec le même P.S. qu’ils doivent d’avoir gardé à travers la France une poignée d’élus nationaux et locaux. C’est ce qui les a amenés progressivement à ne plus assumer leur dissidence. Ils ont troqué leur droit de regard contre un plat de lentilles. Ils sont rentrés dans le rang. C’est leur affaire. Jean-Pierre Chevènement reprend aujourd’hui son indépendance. Nous saluons sa logique et son courage.

Rien d’essentiel ne sépare en effet les républicains des deux rives, quelle que soit leur sensibilité propre, quels que soient leurs antécédents politiques. Les uns comme les autres ne croient plus à la pertinence des clivages anciens, ou du moins ne croient pas que c’est sur la base d’étiquettes périmées et mensongères que se reconstruira la France. Le choix n’est plus aujourd’hui entre des Républicains qui ne le sont pas plus que les autres et des socialistes qui ne sont pas moins libéraux que leurs adversaires, entre la fausse droite et la fausse gauche, mais entre ceux qui acceptent ou même qui favorisent, voire qui organisent tous les abandons, tous les reculs, toutes les défaites de la France et ceux qui pensent qu’un seul et même combat doit rassembler tous les patriotes car ce qui est en jeu n’est rien de moins que la souveraineté de l’Etat, l’indépendance de la nation, la liberté, et finalement la survie même de la France. Dans ce combat, demain comme hier, Jean-Pierre Chevènement a toute sa place, au premier rang.

Dimanche 14 juin

Dominique Jamet


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