COMITE VALMY

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Une nouvelle Révolution française ? - par Jean Lévy

dimanche 18 avril 2010, par Comité Valmy


Vivons-nous dans la décennie qui verra éclore une nouvelle Révolution française, comme nos aïeux dans les années 1780 ? Certes, la situation est différente à beaucoup d’égards.

Cependant nous assistons à la fin d’un monde. Le capitalisme, dans toute sa logique, semble au bout du rouleau. En France, le pouvoir politique, qui en émane, se fissure en maints endroits. Son audience se réduit comme peau de chagrin. L’opinion publique se détache massivement de ses représentations. Plus de la moitié des électeurs boudent les urnes, de 70 à 80% dans les quartiers populaires. L’ensemble des formations, de la majorité comme de « l’opposition », subit une érosion croissante de leurs soutiens. Le discrédit majeur atteint, en premier, le président de la République, qui personnifie par sa politique et son style, ce que rejette la population.

Malgré cela, le pouvoir, comme s’il avait conscience de ses limites, tente pourtant de profiter du vide idéologique dans lequel s’agitent les partis dits « de gauche », pour charger la barque et « faire passer » le maximum de réformes dans un minimum de temps. C’est ainsi que sont menacés directement de démantèlement ce qui constitue encore les remparts de la République : le cadre administratif issu de la Révolution, tels les municipalités, les départements, les éléments de protection sociale qui subsistent encore dans le système de la sécurité sociale, des retraites, du Code du travail. Sont attaqués de front l’Education nationale, la santé, les services publics.

Cette offensive accélérée du capital peut faire illusion sur sa force supposée. En fait, celle-ci n’est forte que de la démission des partis et syndicats, qui lui font face. Nous ne sommes pas éclairés par les Lumières, comme au XVIIIème siécle, ni par les analyses marxistes du XXéme.

Pourtant, le rejet populaire du système capitaliste n’a jamais été aussi vaste. Jamais, les pseudo élites, qui nous gouvernent, n’ont été si réduites en nombre et isolées dans le pays.

Alors pourquoi ce divorce entre les potentialités de révolte et la passivité apparente des masses ?

Il faut le reconnaître : le capital et ses hommes liges ont su, avec la construction européenne, placer les Nations dans un état de dépendance, qui aliène leur liberté de mouvement, la souveraineté de leurs peuples. Après avoir fait miroiter les fausses espérances d’un avenir radieux dans le cadre de l’Union européenne, et corseté à travers elle, toute velléité d’indépendance, le capital s’est évertué à pilonner l’idée que « l’Europe était un horizon indépassable » et qu’il était impossible de s’en détacher. Or, ces notions sont conjuguées sur tous les temps par l’ensemble de l’arc-en-ciel politique, de la vraie droite à la fausse gauche. Si bien, que cette pseudo fatalité conduit notre peuple sur le chemin de la passivité.

Il faut donc lutter contre le renoncement à la lutte, jugée à tort, inutile ou impossible, en finir avec le renoncement à l’espoir. Mais qui peut songer à des « lendemains qui chantent », lorsqu’on nous dit condamnés à perpétuité à la misère et à l’austérité ? Or, de cette prison, l’Union européenne, il faut s’évader. C’est non seulement nécessaire, mais c’est également possible. Chacun, dans sa cellule, en détient la clef.

Que pourrait faire « l’Europe », Bruxelles et BusinessEurope, si dans un Etat, le nôtre, par exemple, un gouvernement, issu du peuple, décidait souverainement, d’une politique de progrès social et de véritable démocratie, ouvertement contraire à celles d’aujourd’hui, dictées aux nations par l’Union européenne ? Aucune force ne pourrait se mettre en travers d’une volonté populaire ainsi affirmée. Ce serait une nouvelle Révolution française Encore, faut-il en convaincre l’opinion. Et pour cela, commencer le débat.

Jean Levy

2 Messages de forum

  • Une nouvelle Révolution française ? - par Jean Lévy

    21 avril 2010 18:42, par MARAT EL MOKRANI

    Je partage pleinement cette analyse,en effet la situation est mure pour une Révolution ,au heritiers de 1789 de redoubler d’efforts pour en allant vers le peuple et en ecoutant ce qu’il nous dit d’etre prét à monter au creneau et de faire jallir l’etincelle de l’insurection que nous avons le droit et le devoir de mener quand on bafoue la Patrie en dépossédant le peuple de sa souveraineté.Moi ce qui me remonte le moral c’est de penser à ce sans cullote qui se rendait je crois à Valmy et qui n’avait mangé qu’un ognion en 24 heures (c’etait dans un livre d’histoire que j’avais lu lorsque j’etai en troisieme au lycée.

    VIVE LA REPUBLIQUE VIVE LA FRANCE ET L’ALGERIE

  • Une nouvelle Révolution française ? - par Jean Lévy

    26 avril 2010 10:30, par jamais d’accord

    Je ne vais pas vous redire ce que je viens d’écrire (à propos de l’article sur Paul Craigs Roberts) . Je répète simplement : le triomphe du capitalisme, c’est d’avoir colonisé les esprits et les coeurs. Je ne vois nulle part dans votre article la mise en cause d’une société de type capitaliste. Vous souhaitez "un capitalisme productiviste à visage humain". C’est un oxymore.

    Je ne suis pas une bobo, mais une fille de milieu populaire qui a bénéficié - un peu- de l’ascenseur social et qui, du fait de sa "non-conformité" - dixit un copain communiste des glorieuses années 70- et de revers privés, se trouve dans une situation ingérable, même si elle est financièrement plus confortable que celle d’un chômeur en fin de droit dans les Ardennes.


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